LOUISE
« Monsieur,
» Le baron de Malzen a imploré ma protection contre » la famille Barneck , dont vous êtes l'ami et le con- » seil. J'ai dû respecter la justice en refusant mon interven- » tion ... je vois d'ailleurs avec plaisir, dans mes états , les » alliances des familles riches et des familles nobles. . . » J'entends donc que ce mariage, devenu nécessaire» ait » lieu aujourd'hui même, » [S* interrompant.) C'est aussi notre intention , et son altesse sera satisfaite , car, dans ce moment, sans doute, bon gré, malgré, les époux sont bénis. {Continuant) <« Mais je sais que, dans ce cas-là, la loi au- » torise quelquefois une séparation à laquelle Malzen est » décidé à avoir recours. » (S7 interrompant.) Il n'est pas le seul, sa femme aussi. (Continuant.) « Il y a déjà eu trop de » scandale dans cette affaire., .celle séparation en serait un » nouveau que je veux empêcher: et, pour cela , je compte » sur vous.» Sur moi l (Continuant.) « Je suis tellement per- » suadé que votre intervention et vos soins conciliateurs » amèneront cet heureux résultat, que j'ai différé jusque-là » de vous accorder ce.que vous sollicitez. » Ah ! mon Dieu! (Continuant.) « Mais , au premier enfant qui naîtra du ma- » riage contracté aujourd'hui... je vous promets cette grâce, » que vous méritez du reste à tant de titres, etc.,#etc. etc. » Qu'est-ce que je viens de lire !. . . et de quelle mission le prince s'avise t-il de me charger ?
Ai Pc : J'en guette un petit.
Y pense-î-il? quelle folie!
Moi qui dois l'exemple au palais:
Il veut que je les concilie , Et que j'accommode un procès.
« Cet usage n'est pas des nôtres ; Mais il l'exige... par égard , Arrangeons-le... quitte plus lard A se# rattraper sur les autres.
D'ailleurs mes lettres de noblesse en dépendent. . . Mais comment désarmer la tante. .. laplus obstinée desfemmes?. . . et rapprocher des jeunes gens qui s'abhorrent, qui se délestent ? . . Un enfant ! ... Eh innais il y e*n a un . . . (Relisant la lettre.) « Qui naîtra du mariage contracté aujourd'hui; *> C'est clair ? celui qui a précédé ne compte pas. . . Eh ! mais je les entends . . . C'est toute la noce qui vient.