‹ Louise ou La réparation, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 16 sur 30 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LOUISE , en néglige du malin > assise auprès de la toilette , et la tête appuyée sur sa main ; SALSBACH , entr' ouvrant la porte à gauche,

SALSBACH.

Peut- on entrer chez la mariée? {Louise ne V entend pas , il entre , et venant auprès d'elle , il répète encore :) Peut-on entrer chez la mariée?

LOUISE , se levant.

Ah!... c'est vous, M. Salsbach?

SALSBACH *.

Pardon de me présenter ainsi.. . vous n'avez paru ni au déjeuner, ni au dîner; et j'étais impatient de savoir des nouvelles de Mme la baronne. . . car vous voilà baronne maintenant. . . et la chère tante a beau dire, c'est un titre assez agréable*

LOUISE

Que Ton ne me donnera plus dès ce soir. . . je l'espère.

SALSBACH.

Pourquoi donc?... c'est indélébile , impérissable... quand on a été baronne , ne fût-ce qu'un quart d'heure , il n'y a plus de raison pour que ça finisse.

LOUISE

Peu m'importe, je n'y tiens pas. . . pourvu que la séparation soit prononcée aujourd'hui même.

* Salsbach , Louise.

SALSBACH, h part.

Nous y voilà.. .

Air d'une Heure de mariage.

A se rapprocher tous les deux Gomment pourrai- je les contraindre?

LOUISE , V observant.

Mais vous paraissez soucieux....

Avons-nous quelque obstacle à craindre ?

SALSBACH.

Non, non, madame, {à part) aucun encore (Haut.) Vous êtes, sans qu'on vous y force, Tous deux parfaitement d'accord...

C'est ce qu'il faut pour un divorce.

Vous ne l'avez pas vu depuis hier soir?. . .

LOUISE

Non ,. sans doute.

SALSBACH, à part.

Ni moi non plus. . . (Haitt. ) Je viens de le rencontrer tout à l'heure.. . il paraît qu'il voudrait vous parler.

LOUISE, effrayée.

A moi !

SALSBACH.

Oui.. . il m'a chargé.. . de vous demander un moment d'entretien.. . [A part.) Il se pendra-it plutôt que d'y songer.

LOUISE

Que me dites-vous là ?... Ah! mon Dieu ! cette idée me rend toute tremblante.

SALSBACH.

Eh bien , eh bien , pourquoi donc? est-ce que je ne suis pas là? certainement.. . je ne vous conseillerai jamais d'aimer votre mari , le ciel m'en préserve. . . mais cela n'empêche pas de l'écouter. . . si ce n'est pas pour vous. . . c'est peut-êtrfc pour" d'autres. . . pour le monde, pour l'honneur de la famille.

LOUISE , avec calme et résolution.

M. Salsba'ch, je n'ai pas votre expérience: je connais peu ce monde dont vous me parlez , et qui m'a punie autrefois de la faute d'un autre.. . On m'a dit que, pour le satisfaire ^ il fallait un mariage, une réparation ; et quoi-

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que j'eusse de la peine à comprendre qu'il fut au pouvoir de quelqu'un que je n'eslime pas , de me rendre l'honneur, quand c'était lui qui s'était déshonoré... j'ai obéi , j1ai consenti à ce mariage, à condition qu'il serait rompu sur-lechamp. . . et maintenant , c'est moi qui crois de ma dignité, de mon honneur, de réclamer cette séparation.. . Ma tanle m'a fait demander pour ce sujet.. . M. Salsbach, souffrez que je passe chez elle. {Elle salue et sort.)

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