‹ Louisiane, Mexique, Canada [microforme]Chapitre 12 sur 53 · STE · texte numérisé non relu

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Devant, des soldats en uniforme sombre, aux visages bronzés enfouis à moitié sous des Képis blancs, font l'exercice en soulevaut une poussière fine dont on perçoit chaque grain à travers l'atmosphère limpide.

Le jour où vous passez devant le palais, vous avez quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent d'entendre tout à coup les canons qui sont sur la place déchirer l'air d’explosions étourdissantes tandis qu'une épaisse fumée vous aveugle,

Etonné, vous demandez la cause de cette

démonstration.

—Ce n'est rien, vous répondra sans doute un passant, [ei,1l ne se passe guère de jours où l’on ne brûle de la poudre. Cela n’a pas plus de sigmflcation qu'une volée de celoches. Quelque fête religieuse ou quelque

date politique à commémorer sans doute !

Du reste, vous voyez, personne n'y fait at-

s tention.

a Vous vous mettez alors en route pour w rentrer à l'hôtel et vous dépassez un porteur d’eau, cruche devant et cruche derrière, : supendues toutes deux par des courroies #2 " fixées au front. La femme—une robuste i gaillarde—le suit de près. A travers les plis L de la large écharpe bleue qui recouvre son ” buste, émerge une tête d'enfant et, dans ses 5, elle porte une énorme charge de {ortillus, ces crêpes de maïs dont le peuple te À ; mexicain raffole, h Quelle variété de chapeaux ! Il n'y en a te hi F pas deux qui se ressemblent ! Des pains de rs 5 L # . sucre, avec d'énormes bords, des feutres à la 18 * ‘ x F d'Artagnan, des casques en paille, des cônes )= k& . . a + de cinquante centimètres, des coiffures en 16 À ?

k cuir, comme on en voit aux porteurs de plà- » | F n / / $ tre en France... tous sont agrémentés de É

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torsudes, de glands, de bandelettes, de dentelles en argent massif. De rares couvrechefs en soie, beaucoup de petits melons :

oncques ne vit pareille collection de chapeaux.

Après cela, ce qui frappe le plus, c’est de ne pas apercevoir une femme du monde sur la place ou dans les rues, soit à pied soit en voiture.

À quoi attribuer cette timidité de la femme mexicaine, timidité qui fait le désespoir de l'étranger et dont j'ai vu tant de nouveaux débarqués se plaindre amèrement.

Je crois qu'il faut voir dans cette retenue une simple intention de se faire désirer, car telle que je l'ai entrevue, la femme mexicaine mérite l'enthousiasme du critique le plus revêche.

La mexicaine est généralement brune, de

stature moyenne, plutôt petite que grande,

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sa taille est flexible et mince eomme un roseau, ses yeux de feux sont ombragés par des cils superbes, ses cheveux sont noirs comme l’'ébène et ses lèvres rouges comme le corail.

Le peintre qui désirerait représenter la personnification de l'Amérique tropicale ne pourrait mieux choisir qu'une mexicaine.

Où trouverait-il mieux l'idéal de sa langueur voluptueuse, de son soleil de feu, de sa nature exhubérante et délicate en même temps ?

Qui pourrait mieux personnifier le désir, la passion, la fantaisie, l'abandon, toutes les qualités de ce beau pays, qu'une de ces belles filles qui le soir au Paseo reçoivent comme des déesses les hommages de leurs cavaliers servants.

La mexicaine, disais-je, sort peu et la rai-

son en est, que les maisons sont délicreuse-

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ment disposées pour le repos et la farniente cher aux filles des tropiques

Voyez leurs palais, vestiges d'une autre époque. Maloré leur simplicité d'apparence, motivée dans le principe par la crainte des lrenblores, ils remplissent parfaitement leur destination de servir de bureaux et aussi d'habitations. Ce système, d'un rez-dechaussée, encadrant une vaste cour à galeries n'empêche ni l'ornementation des fenêtres et des frises, ni le luxe de l’ameublement, et il se prête à un genre de beauté très approprié au climat, celui des bassins entourés de Jasmins, de magnolas et d’orangers qui rappellent les résidences mauresques, Aussi les rues ne manquent-elles ni d'élégance ni de confort, On sent qu'il y a là une population riche de vieille date, habituée à la vie complète, également soucieuse de

plaisirs et d'affaires, et accessible à toutes

les préoccupations intellectuelles, bien que vouée en général au commerce, Peu de villes comptent un aussi erand nombre de voitures particulières. On les aperçoit remisées sous la porte cochère, et leur possession ne suppose que l’aisance.

Le cheval d'ailleurs est le complément indispensable du mexieain.

Il n'est pas un ecballero, un gentleman et notez qu'à Mexico tout le monde est eabul-

lero depuis le commissionnaire du coin jus-

qu'au président de la République qui maille

le matin faire à cheval son tour de Bois.

Le Bois à Mexico est le pare de Chapultepec.

On s'y dirige par une magnifique chaussée macadamisée, large de 300 pieds environ et bordée de magnifiques eucaiyptus qui conduit jusqu'à la grille du parc.

Ce parc est une promenade absolument

unique au monde, on y trouve les plus beaux arbres peut-être qui existent et qui peuvent lutter avec les grands arbres de Californie.

Ce sont en général de magnifiques cyprès dont quelques-uns ont des troncs énormes que dix hommes ne pourraient embrasser.

Leurs branches immenses sont recouvertes d’une mousse blanche qui ajoute à leur air vénérable et donne un cachet étrange à cette belle promenade.

Au centre du pare, s'élève sur une hauteur le château, ancienne résidence du Maxmilien, aujourd'hui, demeure d'été du président de la République et dont les annexes renferment l'Ecole militaire.

C’est là que se fait le persil du matin.

Des centaines de cavaliers galopent en tous sens dans les belles allées.

Tous montent le cheval du pays, belle

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