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soleil frappe sur nos pauvres têtes et le chemin que nous parcourons, tout poussiéreux, impraticable pour tout autre que les péons habitués à voguer dans des flots de poussiere des grandes routes inexicaines, alourdit notre pas, nous éreinte.
Cependant nous ne disons mot ; aucun doute que nos pensées sont les mêmes, inutile de se les communiquer.
Ma foi, maintenant que le temps a un peu adouci ces souvenirs et me permet de les exprimer franchement, l’idée qui me tenait le plus au cœur, c'était d'avoir été mêlé dans une affaire qui ne me regardait pas, d’avoir été dans l'obligation d'y jouer un rôle que je n'avais pas sollicité, d’avoir encouru une responsabilité aussi bien civile, légale et criminelle que morale pour une cause aussi futile et ridicule,
Que nrimportaient en somme les purs-
tours de Barcelonette et l’insulte réelle ou imaginaire faite à leurs mânes par ce monsieur que je ne connaissais pas et dont je n'avais aucune envie de faire la connais-
sance,
Enfin, sur les deux heures nous arrivames chez notre ami Lessance, qui nous offrit
largement l'hospitalité.
J'avouerai prosaïquement que toutes ces émotions m'avaient atrocement creusé, et que Je mourais de faim. Mon premier coup de dent fut pour un beefsteak, que j'absorbai avec une effrayante vélocité et autant de voracité : puis il fallut s'occuper des pré-
paratifs du départ,
Je désirais quitter la ville au plus vite, car les nouvelles qui nous parvenaient par le téléphone étaient peu rassurantes : la po-
lice était sur pied à notre recherche et d’un
moment à l’autre pouvait découvrir notre retraite.
Pourtant, il nous était impossible de fuir sans avoir revu les deux autres témoins du duel et rédigé un procès-verbal qui constatât officiellement les évènements de la rencontre et régularisât notre position au point de vue du Droit Commun. Le chfficile était de les retrouver, car ils devaient comme nous se tenir à l'abri des indiscrétion de la police municipale et, bien qu'ils fussent certainement aussi anxieux que nous d'en finir, ce n'est que vers quatre heures qu'ils se présentèrent chez Lessance., On conçoit que l’entrevue ne fut pas des plus gaies ; nous ne nous étions pas revus depuis le terrible évènement du matin et nous ignorions encore comment avaient pu tourner les blessures de leur ami. TIs nous ras-
surèrent de suite en nous disant qu'il était
re
au lit avec un peu de fièvre, mais que la justice avait immédiatement fait une descente à son domicile et l'avait placé sous la surveillance des autorités.
La rédaction du procès-verbal fut aussi concise que possible ; d’ailleurs le dénouement avait été si rapide et si foudroyant qu'il n’y avait eu place pour aucun incident. Une fois qu'il fut signé, nous nous séparâmes. Comme nous, les témoins de de G*** s’'écartaient pour quelque temps de Mexico, mais eux se dirigeaient au nord, à Celaya, où l’un d'eux possédait une hacienda.
Avant de nous quitter, il fut convenu de part et d'autre que l'on ferait jouer toutes les influences nécessaires pour apaiser l'affaire et atténuer les désagréments judiciaires qu'elle ne pouvait manquer de nous amener et que nous nous tiendrions mutu-
element au courant des progres des démar-
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