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déchiré en morceaux par tous ces rivaux s'empare du malheureux passager qui presque toujours se décide, pour avoir la tranquillité, à aller visiter la ville,
Aussitôt débarqué, la première préoccupation est invariablement de trouver à se rafraichir, et, comme les cafés ne manquent pas, il n’y à que l'embarras du choix. C’est là d’ailleurs le lieu de réunicn ; c’est là d’ailleurs que riche et pauvre, négociant et soldat, matelot et bourgeois, viennent chercher le peu d'air respirable nécessaire à l’existence.
Dans d'immenses salles puissamment ventilées, une foule sans nombre est assise de-
‘ant des tables surchargées de tout ce que l'imagination humaine à pu trouver en fait de boissons rafraichissantes : des monceaux de glaces, de limonades s'empilent sur les
tables et chacun, les jambes étendues, se
balance sur les berceuses en jetant au vent les bouffées de la cigarette et en se pâmant comme des carpes à chaque légère brise qui trop rarement vient de la baïe apporter, en même temps que les émanations salines, les émanations plus dangereuse cette fois de la fièvre jaune, le Général Fièvre comme l’appelaient les Cubains pendant la guerre de l'insurrection, où il faisait parmi les Espagnols plus de viciimes que les escopettes des guerilleros.
La Havane est la ville sociable par excellence. Dans aucun endroit vous ne trouvez plus d’affabilité, un peu trop démonstrative peut-être, mais enfin bien agréable pour l'étranger qui trouve là les prévenances, l'amitié dont la race anglo-saxonne est souvent trop chiche.
La ville semble d'ailleurs être d’un autre
âges ; les troupes qui la traversent rappel-
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