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Mistussu avait disparu : fasse le Ciel que je ne le rencontre jamais !
Le séjour dans le camp m'était devenu intolérable ; je me rendis à Fort Carleton, où je dis adieu les larmes aux yeux aux deux Indiens qui m'avaient accompagnés et que je regardais comme des frères. Un attelage de chien me conduisit à toute vitesse par la route bien connue du Portage Laprairie à Fort Garry où j'arrivai épuisé et brisé au moral comme au physique.
Ce n’est pourtant qu'au printemps, lorsque la prairie eut retrouvé sra vert manteau, et lorsque les lacs se furent couverts entore une fois de leur gibier sauvage que je continuai ma route vers l'Est.
J'étais décidé à me replonger dans l’ancienne vie et mes amis de Toronto me recurent comme si je venais de les quitter. Il
me semblait pourtant que bien des années
s'étaient écoulées depuis mon départ,
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Bien du temps s’est passé jusqu’au jour où le sort m’appela à quitter encore une fois mes occupations et la Cité Reine.
Mais un jour vint où toutes les tristesses que j'ai racontées me revinrent cruellement
à la mémoire.
L'insurrection des Métis du Nord-Ouest venait d'éclater, Riel qui avait déjà créé des difficultés en 1871, suscitait une nouvelle rébellion. Il avait, cette fois, changé ses quartiers, et s'était établi dans une contrée qüe je ne connaissais que trop bien,
Ses compatriotes, les Métis s'étaient mis dans la tête que “les Anglais” voulaient porter atteinte à leurs propriétés, dévisées suivant la vieille méthode française du Canada en longues bandes de terres ap-
puyées à la Saskatchewan,
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Les Anglais, pensaient-ils, voulaient diviser leurs terres en carrés et intervenir dans leurs titres de possession.
C'était une idée fausse qu'il eût été facile de faire disparaître, mais on ne voulut pas les rassurer à temps. Ils avaient des armes, ils s'en procurèrent de nouvelles, avec des munitions. Riel sur leur invitation quitta les Etats-Unis et vint les rejoindre.
Il y avait alors de la poudre dans l'air et les Indiens avaient déjà rejoint leurs frères métis.
Depuis quelque temps, j'étais membre actif d’un des beaux régiments de milice de Toronto. Nous avions reçu l’ordre de marcher aux avant-postes. Mais quelle différence entre ce voyage et celui que J'avais déjà fait au Nord-Ouest! Nous voyagions maintenant régulièrement dans
les splendides trains du Pacifique qui, sans
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grands dérangements, nous conduisirent de Winnipeg, devenu une grande ville, bien différente de l'humble village dont j'avais conservé le souvenir, jusqu'au premières lignes.
Les troupes se comportèrent avec courage.
Ilexistait alors dans la voie ferrée ,au norddu La: Supérieur quelques intervalles inachevés, et nous eûmes le désagrément d’avoir à traverser d'assez grands espaces couverts de neige fondue et de glace délayée, conséquence de l'approche du printemps. Mais rien ne pouvait décourager nos hommes.
On en eut la preuve lorsque nous quittâmes les voies ferréis pour commencer la longue et monotone traversée de la prairie sur cette route que J'avais suivie autrefois au milieu de l'hiver, avec mon attelage de chiens. La nourriture était quelquefois in-
suffisante, les souffrances du froid et de
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