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INDIVIDUALITÉS QU'ILS PERÇOIVENT

Telle que je viens de la présenter, la psychométrie n'est donc qu'une condition particulière de la lucidité. C'est un rapport entre le sujet percipient et l'être qu'il perçoit, avec nécessité d'objet ou d'être intermédiaire créée par leur éloignement dans le temps ou dans l'espace.

Pour ne pas compliquer le problème que je veux discuter, je n'envisagerai ici que l'intermédiaire-objet.

Un point semble acquis et indiscutable : c'est que, par notre contact, nous fournissons aux objets quelque chose qui reste inclus en eux et qui permet aux sensitifs dits psychomètres, de traduire notre individualité, comme si nous étions auprès d'eux. Il serait du plus haut intérêt de savoir ce que nous fournissons.

Connaître exactement la nature physico-chimique de la modification des choses sous notre influence, n'est pas ce que je veux discuter ici. Cela est un problème de physique générale qui n'est pas près d'être résolu.

Mais, en restant dans le domaine strictement psychologique, c'est-à-dire dans l'étude des rapports psychiques entre le percipient et le perçu, on pourrait peut-être arriver à juger le rôle de l'intermédiaire psychométrique. C'est ce que je voudrais essayer de faire en m'appuyant sur l'observation des phénomènes de lucidité.

Le problème, ainsi restreint, serait résolu par la solution de chacune des deux questions suivantes :

a) Est-ce que chaque objet touché par nous contient inclus en lui la représentation de notre totale individualité, comme la plaque sensible contient l'image latente de notre corps ; le sujet lucide faisant, dans cette hypothèse, office de révélateur ?

b) Ou bien, est-ce que, par notre contact, nous imprégnons chaque objet de quelque chose qui, spéciahsant la sensibilité du sujet lucide, lui permet d'entrer en communication avec notre psychisme, ou que nous soyons dans l'espace ?

En d'autres termes :

Sommes-nous intégralement représentés dans l'objet ? ou bien, cet objet ne sert-il au sujet qu'à mettre son psychisme récepteur en harmonie avec notre psychisme radiant ?

Ce problème ainsi posé peut-il être résolu par l'examen raisonné des phénomènes de lucidité et plus particulièrement, par ceux obtenus en conditions psychométriques ?

D'abord, il faudrait savoir si Mme M..., qui est psychomètre, est capable de télépsychie ; car, s'il était démontré que son psychisme ne peut pas être impressionné, à distance, par la pensée, le champ de la discussion serait du même coup, singulièrement restreint, la deuxième des questions ci-dessus s'évanouissant.

A l'exemple de M. E. Boirac, à qui j'emprunte le terme, je diviserai la télépsychie (1) en deux formes principales :

1° La télépsychie active, dans laquelle l'esprit de l'être lucide serait le provocateur de la clairvoyance à distance et l'être perçu en serait la matière passive.

(1) Je ne prendrai ici le terme Télépsychie que dans le sens, transmission de pensée à distance, sans m 'inquiéter des actions magnétiques ou autres qui ne peuvent être ici envisagés. ;

2<> La télépsychie passive, dans laquelle, au contraire, l'être lucide serait véritablement le sujet subissant l'influence venue d'un autre être.

En lucidité psychométrique, il y aurait télépsychie active de la part de l'intuitif, s'il ne recevait rien de l'être qu'il traduit, s'il fouillait lui-même spontanément la mentalité éloignée, puisant ainsi activement les matériaux de ses révélations. S'il en était ainsi, l'hypothèse du déplacement de l'esprit du sujet pourrait être émise sans provoquer l'étonnement.

Mais, l'étude de la lucidité et de ses phénomènes, dont tout le début de cet ou^Tage a été l'exposé, ruine aisément une semblable conception.

Tout prouve, au contraire, que le psychisme lucide est passif. Rien ne semble prouver qu'il soit actif. L'intuitif lucide est bien, au sens propre du mot : un sujet, il est assujetti, il subit.

Réfuter l'activité télépsychique du sujet lucide, serait reprendre toutes les démonstrations précédentes et faire ainsi injure à l'intelligence du lecteur.

Je rappellerai simplement qu'un sujet lucide ne peut manifester sa lucidité que sous l'excitation de la présence d'un être humain ou, au moins, de l'énergie dont il a imprégné un objet.

Je rappellerai que les images mentales, par lesquelles sa lucidité s'exprime, ne correspondent généralement pas aux scènes du moment qui se passent au loin, ne correspondent même jamais à la réalité des choses et qu'elles ne sont que la transformation, sous une forme symbolique, d'une pensée qui tient à se reconstituer et à devenir consciente.

Je rappellerai qu'on peut procurer au sujet toutes les notions les plus précises sur une personne éloignée, lui donner son adresse, son nom, sa situation sociale, son âge, son aspect, etc., il sera incapable d'en dire quelque chose,

sauf, naturellement, dans le cas où cette personne éloignée serait connue du sujet ou ferait partie de l'ambiance de l'expérimentateur. Et, d'autre part, c'est un jeu pour lui de percevoir des êtres dont il ignore tout, pourvu qu'il soit en conditions où son psychisme lucide puisse fonctionner.

Et maintenant, Mme M... est-elle capable detélépsychie passive ?

Avant de répondre à cette question, il me faut exposer (et je vais m'efîorcer de le faire brièvement) ce que devrait être, en ce cas, l'influence lointaine qui viendrait impressionner sa sensibilité et mettre en jeu l'automatisme de sa subconscience.

Pendant un instant, ne considérons que le travail mental du sujet lucide quand l'être à traduire est auprès de lui.

Après ce que j'ai dit précédemment, je ne crois pas qu'il puisse rester un doute au lecteur sur la nature du rapport entre le sujet lucide et son consultant. Il se dégage de l'étude des faits que le sujet lucide constitue un appareil psychique complexe et d'une exceptionnelle sensibilité qui entre en fonction aussitôt qu'on le met en contact avec un être humain. Les individualités consultantes qui se succèdent obtiennent de lui la traduction de ce dont elles sont particulièrement composées, par le jeu d'un mécanisme mental invariable. Chaque psychisme lucide n'est susceptible de fonctionner qu'en certaines conditions physiologiques spéciales, mais il reste inerte s'il n'a pas à réagir aux excitations venues d'un autre psychisme. Le meilleur sujet lucide, sans communication avec une individualité humaine, resterait insoupçonné de lui et des autres.

Le psychisme du sujet étant à peu près invariable dans son fonctionnement, la valeur des perceptions lucides varie cependant, mais c'est en raison de la succession des individualités à traduire.

Le sujet prête son psychisme, élaborateur des forces

émises par les individualités présentes, et les transforme en idées. Il émane de chacun de nous des modalités de l'énergie qui sont les formes matérielles de la pensée et que la sensibilité psychique des sujets recueille et reproduit sous la forme pensée (1).

Pour la lucidité par présence, par contact immédiat, c'est la seule hypothèse qui soit conciliable avec l'examen critique des phénomènes de lucidité.

Mais, il reste à examiner quelle est cette pensée qui impressionne la sensibilité du sujet lucide et met en jeu l'activité de sa subconscience ?

Car, contrairement à ce que l'on pourrait croire, notre pensée n'est pas une.

La psychologie moderne a établi qu'il y a deux sortes de pensées que je vais très brièvement résumer et caractériser :

1° Une pensée consciente, c'est-à-dire celle qui est élaborée sous le contrôle de l'attention, qui se conserve dans la mémoire dite de rappel et peut reparaître, à notre gré ou spontanément, dans notre champ de conscience.

Cette pensée consciente est, en somme, tout le bagage de nos connaissances. C'est tout ce que nous savons du moi et du non-moi. C'est l'acquisition sensorielle élaborée par notre intelligence et pouvant à tout moment se représenter devant notre attention. C'est la pensée née sous le contrôle des facultés dites supérieures et susceptible d'être utilisée par elle.

2° Une pensée subconsciente, résultat de l'activité de l'automatisme des centres intellectuels, qui l'élaborent en dehors du contrôle des facultés supérieures, en utilisant les

(1) Dans un deuxième volume seront étudiés les rôles relatifs des psychismespercipientsetperçus. Le lecteur m'excusera donc d'émettre provisoirement cette hypothèse sans entrer dans le détail de sa démonstration.

matériaux acquis consciemment et enfouis dans la mémoire et aussi toutes les sensations qui jamais n'ont sollicité l'attention consciente.

Cette véritable rumination mentale, par le jeu des associations d'idées ou par son activité d'habitude, automatiquement et sans arrêt confectionne des idées qui resteront sous le seuil de la conscience, enfouies dans les cryptes de la mémoire. Parfois, cependant, à l'occasion d'un état de désagrégation mentale (rêve, distraction, intoxication alcoolique, délire fébrile, etc.) elles empruntent la forme d'une image de forte représentation mentale et jaillissent devant la conscience.

La valeur de cette pensée subconsciente est des plus variables. Le plus souvent, elle ne vaut à peu près rien, comme dans les délires, le rêve, les dissociations pathologiques (démences, hystérie, etc.). Ce sont alors des constructions fantaisistes de l'imagination, des associations d'idées livrées au hasard et à l'anarchie de l'automatisme psychique.

Quelquefois, cependant, ce peut être de la pensée excellente, comme celle qui surgit de la subconscience dans les états dits d'inspiration.

Mais, dans ce dernier cas, la meilleure pensée subliminale ne dépasse jamais les possibilité des acquisitions sensorielles élaborées par la raison. Cette pensée n'a d'autre supériorité que la force de son expression. Dans &a plus grande valeur la pensée subconsciente n'a donc d'autre caractéristique que d'avoir été organisée hors de l'attention consciente.

Cette distinction entre l'idée consciente et l'idée subconsciente a pour base l'organisation de l'idée. Mais, ordinairement, quand, en psychologie, sans plus spécifier, on parle d'une idée consciente ou d'une idée subconsciente, on n'envisage pas toujours l'étage mental où elle est née, on la considère seulement dans sa situation du moment.

Est appelée idée consciente, celle qui est dans le champ de conscience, qui est objet de l'attention actuelle. Est appelée idée subconsciente, celle qui est hors de l'attention, qu'elle ait été consciente ou non, mais qui existe enregistrée dans la mémoire.

Et, si maintenant, en envisageant ces classiques états de la pensée, on me demande de nouveau : « Mme M... estelle capable de télépsychie ? Je répondrai : non, elle n'est pas capable de télépsychie, que la pensée soit consciente ou subconsciente, selon les définitions ci-dessus.

Car, très fréquemment, j'ai expérimenté avec elle la transmission consciente et subconsciente de pensée et cela toujours en vain.

Soit en lui demandant de m'indiquer les images ou idées que je me représentais mentalement, avec force. Soit en lui demandant de révéler une scène mimée dans une pièce voisine, par une personne qui désirait lui suggérer mentalement l'idée des actes qu'elle accomplissait.

Soit en lui demandant de me traduire le contenu d'une lettre lue par moi au préalable.

Soit en la mettant en communication, par intermédiaire psychométrique, avec une personne éloignée et prévenue de l'heure de la séance et en lui enjoignant de me décrire les actes spécialement choisis et les pensées de cette personne.

Soit en étant moi-même, à distance, le suggérant ou l'être perçu, notant mes actions et mes pensées pendant tout le temps où le sujet, dirigé par une autre personne, était tenu en communication avec moi et s'occupait uniquement de me percevoir.

Actes accomplis dans le seul but d'être transmis à la perception du sujet, pensées choisies et notées, etc., rien de tout cela n'est jamais parvenu à émouvoir la subconscience de Mme M... et à mettre en jeu son imagination,

quelqu'ait été la distance séparant l'être à percevoir ; qu'il ait été très éloigné ou auprès d'elle.

Pensée consciente et pensée subconsciente, dans le sens classique de ces mots, n'ont aucune action sur la sensibilité psychique de ce sujet.

Mais, par contre, en toutes les circonstances de ces expériences où Mme M... a été mise en communication télépsychique avec une personne déterminée, soit par l'appui mental de l'expérimentateur, soit par le contact d'un objet intermédiaire, alors, si rien de la pensée classiquement divisée en consciente et subconsciente ne lui parvenait, il n'en était pas de même de cette pensée, d'un autre étage, que la lucidité met bien en évidence.

Car le psychisme des sujets lucides révèle qu'il y a en nous une pensée d'un degré plus élevé que celle dont les états sont scientifiquement connus et elle ne saurait être qualifiée de consciente ou de subconsciente suivant les actuelles conceptions psychologiques. Si elle est inconsciente d'origine, elle ne relève pas de l'activité des centres psychiques automatiques.

C'est une pensée qui, à tout moment de notre vie, embrasse toute notre individualité dans son extension et sa durée, qui voit du même œil notre passé et notre avenir, qui préside toujours à la succession des phénomènes constituant la trame mobile de notre vie.

Cette pensée, tout en étant hors du champ de consciencene peut être simplementqualifiée subconsciente, parce qu'elle n'a rien de commun avec la fantaisie de la pensée connue sous ce nom, et, d'autre part, elle se confond avec la pensée consciente en ce que celle-ci a de vrai.

Car, à moins de nier totalement la lucidité, il faut bien admettre que cette pensée extra-consciente et supra-rationnelle est la connaissance du vrai de notre existence, hors de l'espace et du temps et que ses moyens de renseigne-

ment ne sont pas exclusivement les sens, puisqu'elle redresse leurs erreurs.

Ceux qui, dans l'avenir, admettront la lucidité, devront en même temps accepter l'existence indiscutable de cette pensée latente en chaque être hum.ain, incomparablement plus étendue que celle que nous appelons : la raison.

Or, toutes les fois que j'ai tenté de faire avec Mme M... des expériences de transmission de la pensée classique, à grandes distances, c'est la pensée supra-rationnelle qui a été traduite. Je n'ai obtenu que des phénomènes de perception lucide, c'est-à-dire la traduction de fragments d'individualités, comme si les êtres traduits étaient présents.

Le sujet qui devait me révéler les faits et pensées conscientes de la personne lointaine, participant volontairement ou non à l'expérience, me décrivait la tranche de vie actuelle de cette personne qui dépassait de beaucoup les menus faits du moment

Et quand le sujet semblait voir réellement les actions de la personne ou la matière de sa pensée, elle me dépeignait un état d'âme ou une scène faisant partie de la vie présente de cette personne, mais souvent placée dans le temps à un autre moment que celui de l'expérience.

Et il en fut toujours de même quand je chargeais quelqu'un, à jours et heures fixés, de braquer sur moi la sensibilité psychique du sujet.

La pensée qui, en tous ces cas, agissait sur cette sensibilité et mettait en action l'automatisme élaborateur fut, invariablement, cette pensée qui sait tout de nous : ce que nous savons d'exact et ce que nous ne savons pas, et pour laquelle la notion de temps n'est pas une nécessité logique.

Mme M..., dirai-je maintenant, est capable de télépsychie, mais dans ce seul cas où la pensée transmise est la même que celle qui excite son psychisme lucide lorsqu'on est auprès d'elle.

L'hypothèse de cette télépsychie ramène d'ailleurs les phénomènes de lucidité à Vunité, puisque le rapport entre l'être à percevoir et le sujet est le même quelle que soit la distance. Cest, pour le lointain, ce qui est possible pour le rapproché.

Et cette conception se confirme étrangement dès qu'on l'examine à la lumière des faits.

Elle fait comprendre pourquoi la psychologie du psychisme lucide est la même, que l'être à percevoir soit proche ou distant, qu'il touche le sujet ou que le contact soit indirectement fourni par un objet touché par lui.

Elle fait comprendre que le sujet lucide, psychiquement passif, puisse donner des indications sur des êtres et des choses qui sont de l'ambiance de la personne psychométriquement perçue.

Elle fait comprendre que toutes les individualités dont un objet permet l'évocation mentale ne fusionnent pas leurs composantes, que chacune puisse être particulièrement choisie comme matière de perceptions et que, les psychismes percipients et à percevoir étant mis en communication, l'objet qui a permis cette mise en harmonie puisse être retiré des mains du sujet et détruit, sans que pour cela s'arrête la perception lucide.

Elle fait comprendre que chaque individualité peut, dans la condition psychométrique, être perçue en toute sa durée, quelle qu'ait été l'époque où elle a touché l'objet.

Elle fait comprendre que le sujet, par le contact de l'objet, puisse percevoir et traduire le moment actuel de la vie d'une personne, ce qui serait inexplicable en dehors du rapport télépsychique. Car, comment un objet qui tiendrait enregistrés tous les phénomènes d'une individualité, pourrait-il, de plus, indiquer à chaque instant, la tranche de vie du moment ? Il faudrait donc admettre que la force dont l'objet est imprégné évolue parallèlement à l'individualité qu'elle représente ?... Les choses contiendraient

donc notre présence réelle, la doublure de notre existence, avec évolution synchrone ?...

Elle fait comprendre que les êtres de l'ambiance des personnes ayant touché l'objet, puissent également être perçus en la totalité de leurs existences et indépendamment des connaissances, souvent restreintes, qu'en peuvent avoir l'expérimentateur ou les personnes de contact.

Elle fait comprendre qu'une fois mis en rapport avec une individualité humaine, par l'intermédiaire d'objet, le psychisme du sujet lucide n'ait plus besoin de cet appui, devenu superflu en des séances ultérieures, etc., etc.

Toute l'expérimentation confirme donc la nature télépsychique de la lucidité psychométrique et montre que l'objet n'a d'autre rôle que de permettre à la sensibilité du sujet de distinguer une force déterminée parmi les innombrables forces qui la sollicitent.

Mais, comment concilier cette hypothèse avec la psychométrie rétrospective, si elle est possible ?

Quand l'être dont parle le sujet lucide est éloigné dans le temps, quand toute son évolution est depuis longtemps terminée, quand l'objet évoque une personne morte depuis beaucoup d'années, peut-il être question de communication inter-psychique entre l'être perçu anéanti (1) et le sujet intuitif ?

Lorsqu'un sujet lucide, avec l'aide d'un objet, reconstitue la vie d'une personne défunte ; lorsqu'avec un objet touché, par exemple, par cette personne vers l'âge de 40 ans, il fait des révélations exactes sur sa vie antérieure à cet âge, ne donnerait-il pas, ce faisant, la preuve irréfutable que l'objet a enregistré et garde de façon latente toute l'individualité disparue ?...

En psychométrie rétrospective, il y a deux sortes d'ex-

(1 ) Humainement anéanti.

périences : celles où le contrôle est impossible ou douteux, et qui n'ont d'expérimental que l'étiquette dont elles s'affublent par contrebande; il y a aussi celles dont le contrôle est possible.

Les révélations faites en cette dernière sorte d'expériences peuvent se partager en deux groupes :

a) Les révélations de faits de l'intimité de l'être défunt et qui échapperont à tout contrôle.

b) Les révélations de faits connus par les personnes auprès desquelles se fera le contrôle.

Ce ne sera donc que sur la valeur des révélations de ce dernier groupe que l'expérience sera jugée négative ou positive.

Mais si l'on considère que, presque toujours, les objets d'êtres défunts qu'on utilise en psychométrie ont été touchés par la personne à laquelle devra échoir le contrôle ou du moins par une autre personne, peut-être, mais qui aura connu en totalité ou en partie les révélations contrôlables, il arrive que l'on se trouve dans les conditions de perception par l'intermédiaire de la pensée d'un vivant et l'être défunt est perçu à travers une représentation mentale. L'expérience, de ce fait, n'a aucune valeur probative pour la réalité de la psychométrie rétrospective et par conséquent pour le rôle enregistreur de l'objet.

La seule catégorie d'expériences qui vaudrait à ce point de vue, serait celle où le contrôle viendrait, ultérieurement, de documents dont la teneur aurait été inconnue de toute personne vivante jusqu'après la séance de lucidité. Alors, il pourrait être prouvé que l'objet peut enregistrer de façon latente les individualités humaines qui l'ont touché et qu'à lui seul il suffit à en permettre la reconstitution mentale par le truchement d'un sujet lucide et psychomètre.

Il m'a été impossible de me placer en ces conditions d'expériences.

C'est pourquoi je laisse sans réponse définitive cette question du rôle de l'objet, tout en ayant acquis la conviction provisoire que ce rôle consiste à permettre la communication inter-psychigue. La lucidité psychométrique ne différant de la lucidité par contact du sujet qu'en raison de l'espace qui sépare, en ces conditions différentes, les deux cerveaux.

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