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CHAPITRE II

LA MISE EN COMMUNICATION INTER-PSYCHIQUE SUIVANT LES DIVERS SUJETS LUCIDES

l*^ LES MOYENS DE MISE EN COMMUNICATION INTER-PSYCHIQUE

La lucidité peut quelquefois être un phénomène monocérébral, comme dans le cas où un sujet percevrait des connaissances concernant sa propre existence, intuitivement et en des conditions où la réflexion ne saurait le faire. Mais, cela est si rare (j'en reparlerai dans un autre chapitre), qu'on ne doit pas tenir compte de cette exception et que la lucidité peut être, en général, considérée comme un phénomène psychique résultant de l'activité synergique de deux cerveaux.

Cerveau de V expérimentateur émettant sous une forme dynamique, non encore physiquement enregistrée, des idées venues d'un étage supérieur de la pensée.

Cerveau du sujet qui possède une différenciation de sa sensibilité lui permettant d'être impressionné par certaines des radiations psychiques venues de l'autre cerveau et de les transformer en images mentales adéquates à la reconstitution des idées mentalement suggérées.

Sans cerveau rayonnant et suggesteur, il n'y aurait pas de lucidité. Le sujet sensitif ignorerait sa faculté comme on ignorerait la fluorescence du platino-cyanure de baryum, si des rayons ne venaient le frapper.

Pour que puisse fonctionner la faculté de lucidité, il est donc de toute nécessité que soient présentes les conditions dans lesquelles les radiations psychiques d'un cerveau

émetteur sont susceptibles de pouvoir impressionner le sens fluidique d'un sujet.

Dans le chapitre précédent, j'ai exposé eu quelles circonstances physiologiques le cerveau lucide pouvait entrer en possession de son sens spécial et réagir aux excitations psychiques.

Dans ce présent chapitre, je voudrais indiquer les divers moyens par lesquels les sujets intuitifs peuvent être mis en communication inter-cérébrale. Car il est de toute évidence que s'il n'existait pas de moyens de sélectionner parmi les influences psychiques exogènes, le cerveau d'un sujet lucide serait un récepteur vibrant sous toutes les excitations venues de partout. Quand ne s'opère pas l'électivité fluidique, il ne fonctionne pas, en réalité. On dirait que les forces extérieures qui l'assaillent se neutralisant, aucune ne prend d'influence prépondérante et ne peut se manifester. Lorsque la volonté et l'attention consciente ou subconsciente du sujet n'oriente pas sa sensibilité vers une force psychique déterminée, la faculté de lucidité reste au repos.

Il faut que le sujet veuille l'employer dans un but et au profit d'un être pour qu'aussitôt elle devienne active.

Mais les moyens de réaliser la sélection des radiations venues d'un seul être varient suivant les sensibilités diverses des sujets, en des limites très réduites cependant.

Désirant n'exposer, ici, qu'en peu de pages, les manières de se mettre en relation avec la pensée suggestrice, j'envisagerai, dans ce but, les cas où l'individualité à percevoir est auprès du sujet et ceux où elle en est éloignée.

l** L'individualité radiante est auprès du sujet lucide. La faculté intuitive de la plupart des sujets ne peut être influencée et fonctionner que si la personne dont ils doivent parler est auprès d'eux.

Ce n'est pas que ces sujets soient incapables de faire

des révélations concernant des personnes absentes, mais alors ces révélations restent dans le cadre des connaissances conscientes ou subconscientes du consultant. Il n'y a pas perception de l'être lointain comme s'il était présent.

Parmi ces sujets dont la lucidité n'entre en exercice que pour une individualité présente, quelques-uns établissent la communication inter-psychique par contact direct, ils touchent le consultant pendant toute la durée de la séance ou tout au moins dès le début. Ainsi procèdent toutes les chiromanciennes intuitives, le contact des mains leur étant un excellent moyen d'établir et d'entretenir une bonne communication.

Pour quelques autres sujets, le contact immédiat n'est pas nécessaire. Il suffit que le consultant soit non loin d'eux et qu'ils veuillent que l'influence ait lieu, mettant ainsi leur sensibilité en demeure de se laisser impressionner par l'individualité présente. Le lecteur sait qu'au début des séances Mme M... demande parfois qu'on lui tienne la main ; puis elle se passe de ce contact aussitôt l'électivité fluidique obtenue. Et le plus souvent, d'ailleurs, pourvu que le consultant soit non loin d'elle, la communication se fait sans contact.

Le contact au début des séances permet cependant à cette catégorie de sujets une mise en communication plus rapide et des perceptions plus faciles, même s'il est ensuite rompu.

Mme Fraya, et M. de Fleurière, surtout, utilisent le contact permanent.

Il est d'autres sujets qui, ayant le consultant devant eux, négligent le contact immédiat et lui préfèrent la mise en communication indirecte. C'est ainsi que Mlle de Berly fait écrire à ses consultants quelques hgnes sur une feuille de papier qu'elle tient ensuite entre ses mains pendant tout le temps que fonctionne sa lucidité, sans s'occuper des phra.ses écrites ni des indications graphologiques.

Mme L... utilise dans le même but un papier quelconque écrit par lo consultant présont. Elle serre convulsivement ce papier en ses mains ou le presse sur son front pour provoquer l'inspiration, préférant ce procédé qui la mettrait à l'abri, prétend-elle, de la suggestion de la pensée consciente.

Il arrive aussi très souvent à Mme Fraya de continuer par le contact d'une lettre une consultation commencée par lecture des mains. Il no faut voir pour elle dans la graphologie comme dans la chiromancie que deux conditions différentes de mise en communication inter-psychique.

D'ailleurs tous les sujets qui, pour un consultant proche, préfèrent le contact d'un objet touché par lui, pourraient aussi bien, s'ils le voulaient, procéder par contact immédiat. S'ils ont recours à un objet intermédiaire, c'est que l'expérience leur a appris qu'en cette condition leur sensibilité est plus efficacement impressionnée.

Ils font ainsi de la psychométrie ou rapproché. Le toucher de l'objet leur fait reconnaître la force fluidique avec laquelle leur sensibilité va communiquer.

Avec certaines personnes, le sens spécial de quelques sujets lucides, si le contact est direct, peut être ébranlé au point de créer une sorte d'inhibition de l'activité intellectuelle subconsciente. Dans ce cas, l'objet intermédiaire est un moyen de favoriser la communication des deux cerveaux sans la continuité des nerfs, à travers un petit espace, et cela atténue, sans doute, la force impressionnante trop violente pour certaines sensibilités.

Cette psychométrie à porlée réduite confirme cette conception : que le rôle de l'objet est de mettre la sensibiUté du sujet sur la piste d'une force psychique déterminée. Car si les objets recelaient, sous des formes dynamiques quelconques, la matière des révélations des sujets lucides, il deviendrait absurde qu'un grand nombre d'intuitifs puissent être lucides pour une personne présente et avec

l'aide d'un objet touché par elle, et ne puissent pas l'être, cette même personne étant éloignée. Il est, en effet, toute une catégorie de sujets qui ne sont psychomètres que pour une individualité proche d'eux (1).

2° U indU'idiialiié radiante est éloignée du sujet lucide. Quand la personne, matière à perceptions, n'est pas auprès du sujet, il ne semble pas que la distance séparant les deux cerveaux soit un élément modifiant d'une manière très appréciable la valeur des perceptions intuitives.

Que l'être à percevoir soit dans la ville même habitée par le sujet ou dans n'importe quel lieu de la terre, la mise en communication est possible.

La lucidité, en condition psychométrique, est donc de la pure télépathie expérimentale, mais une télépathie ayant au départ une qualité très spéciale de pensée. La qualité de cette pensée étant établie, les sujets psychomètres apparaissent comme des instruments psychiques analogues à ceux pouvant être suggestionnés mentalement à distance par la volonté consciente, comme le sujet qui servit, au Havre, aux retentissantes expériences de M. Pierre Janet ; analogues aussi à ceux pouvant être suggestionnés par une idée subconsciente, ou par l'influence d'une obscure force magnétique, comme quelques-uns des sujets qu'observèrent MM. de Rochas, J. Bois, E. Boirac, etc.

Dans l'état actuel de nos connaissances, cette conception de la psychométrie peut paraître audacieuse. Et cependant les radiations de la pensée sont la seule explication des faits de suggestion mentale au rapproché comme à distance et de quelque nature que soit la suggestion. Notre raison peut s'étonner du formidable enchevêtrement de lignes de forces que supposerait le nombre incalculable

(1) La cartomancie est, selon toute vraisemblance, l'application inconsciente de cette psychométrie au rapproché.

des radiations cérébrales sillonnant en permanence l'espace. Mais c'est notre interprétation par trop simpliste de la physique qui nous vaut cet étonnement ; nous simplifions la Nature pour la mettre à la portée de notre intelligence. Jusqu'en ces tout derniers temps, n'étions-nous pas dans l'ignorance absolue de ce réseau inextricable de forces rayonnantes qui émanent de toutes les formes de la matière, reconnues radio-actives ? Les ondes hertziennes ne font-elles pas la démonstration expérimentale de la possibilité de forces latentes parcourant l'espace sans perdre leurs caractères dynamiques ? Toutes ces radiations, dont l'existence nous est maintenant connue par leurs efîets, sont quelques modalités de l'énergie parmi toutes les modalités de l'énergie qui nous échappent.

Un jour viendra certainement où les radiations cérébrales et particulièrement les radiations psychiques seront connues et enregistrées comme le sont aujourd'hui celles émanées des sels de radium. Mais que ce moment soit proche ou éloigné de nous, il n'en est pas moins indiscutable que, l'effet permettant d'aiïirmer Vexistence de sa cause simple ou complexe, l'observation des réactions des sensitifs lucides prouve Texistence du rayonnement de la pensée.

Et si le cerveau humain projette ses idées, je ne vois pas qu'il y ait lieu de s'étonner que l'espace soit sillonné par le dynamisme de la pensée émanant de chaque homme et qu'un objet quelconque, imprégné des forces dégagées par une individualité déterminée, puisse permettre au sujet sensitif de reconnaître la quahté caractéristique de la permée par laquelle il veut être impressionné et de la sélectionner parmi les autres ?

Quoiqu'il en soit, l'observation pure montre que le sujet lucide communique, mentalement, avec une personne éloignée dans les conditions psychologiques qui ont été exposées au chapitre spécial sur la psychométrie.

Il semble cependant parfois que, pour un être lointain, la perception lucide ait lieu hors de toute condition psychométrique. Quand, par exemple, le sujet fait des révélations concernant une personne absente et indique des faits qui n'entrent pas dans le cycle de l'existence du consultant. Mais, en réalité, le consultant remplit alors le même office qu'un objet, permettant l'électivité fluidique et la mise en communication à distance, soit par le simple contact de son corps, soit par la représentation mentale qu'il se fait, consciemment ou subconsciemment, de la personne éloignée. Les cartomanciennes ont coutume de « faire le jeu » d'une personne absente pourvu que la personne présente y pense et j'ai parlé dans un autre chapitre des variations de l'apphcation de leur intuition parallèles à celles des représentations mentales du consultant.

Ceux qui voudront observer, par l'expérience, cette qualité psychométrique du corps ou de la pensée humaine, trouveront en M. R. de Fleurière un remarquable sujet d'étude.

Dès que ce sensitif touche la main de son consultant inconnu, il distingue aussitôt, d'entre ses émanations fluidiques personnelles, celles d'autres personnes qu'il a pu toucher antérieurement et il les reconnaît et les nomme, si elles sont connues de lui. Et cela étonne toujours profondément d'entendre dire : «... je sens en vous le fluide de quelqu'un qui est déjà venu chez moi... c'est M. X... »

A un de mes amis qui l'abordait un jour pour la première fois il dit, sans aucune conversation préalable «... je reconnais dans votre main le fluide du Dr. Osty, c'est de sa part que vous venez...»

Le premier jour où je le vis et sans qu'il lui fût possible de savoir qui j'étais, j'eus quelque surprise de l'entendre me dire au moment où je me retirais «... pendant que je vous parlais, tout à l'heure, j'ai oublié de vous signaler que je sentais en vous le fluide d'une personne que j'ai

reconnue ainsi, c'est un homme de 30 ans environ, brun, grand... ingénieur et s'occupant d'industrie dans le nord de la France... usine de produit liquide... c'est M. G... ei de plus, je vois qu'il est aujourd'hui de passage à Paris et qu'en sortant d'ici vous allez le rejoindre. »

Cette reconnaissance des émanations dynamiques des corps humains est aussi facile à ce sujet qu'à nous la distinction et la reconnaissance de l'odeur d'un parfum parmi beaucoup d'autres.

Mais si le corps humain peut jouer un rôle psychométrique, le procédé le plus utihsé, dans la pratique, pour obtenir la mise en communication entre cerveaux distants, c'est le fait pour les sujets de toucher un objet possédé par l'être à percevoir, ou tout au moins ayant eu contact avec Jui. Les sujets capables de lucidité à distance, en cette condition, constituent la variété des Psychomètres, la psychométrie étant la possibilité de l'exercice de la lucidité sur être absent, avec, comme appui de sélection fluidique, cette force inconnue dont le contact de chaque personne imprègne les choses.

Les psychomètres et surtout les bons psychomètres ne sont qu'une toute petite partie du nombre des sujets lucides, tous ne possédant pas un sens des fluides assez affiné pour être impressionné à distance par le rayonnement dynamique de la pensée.

L'acuité de ce sens spécial varie d'ailleurs fortement de valeur, parmi les sujets psychomètres.

Certains ne peuvent utiliser, efficacement, que des accessoires du corps humain : les cheveux, par exemple.

D'autres exigent des objets ayant été longuement en contact avec une personne et très récemment.

D'autres encore, ne peuvent se servir, avec résultats, que d'objets n'ayant pas subi de contacts avec d'autres personnes hors celle pour qui doit fonctionner leur intuition.

Quelques-uns, seulement, comme Mme M..., sont impressionnés par n'importe quels objets, touchés n'importe quand et par un certain nombre d'individus, pourvu, cependant, que l'expérimentateur soit au courant des lois de rexercice de son psychisme lucide en cette condition et sache guider sa sensibilité.

Il est aussi à mentionner que si quelques sujets peuvent rejeter l'objet, une fois la communication inter-psychique obtenue, et ne plus jamais l'employer en des séances ultérieures consacrées à la même personne, d'autres ont besoin de le tenir constamment dans leurs mains, de le serrer même convulsivement comme pour mieux y puiser ce qu'il recèle et quelquefois de l'appliquer sur leur front, toute lucidité cessant dès qu'ils s'en désaisissent.

N'est-il donc pas évident que chaque sujet a recours au moyen qui convient le mieux à sa particulière sensibilité ? Si quelques-uns, rares, ont un flair fluidique si développé qu'une fois en arrêt sur un dynamisme psychique déterminé, ils peuvent le distinguer ensuite, comme l'œil exercé d'un peintre distingue une nuance entre mille, d'autres sont dans la nécessité, pour maintenir la communication inter-cérébrale, de garder en leurs mains, pendant tout le temps que fonctionne leur lucidité, l'objet qui est pour leur sens des fluides, le même repère qu'est un diapason pour l'oreille.

2° SENSATION ET DUREE DE LA MISE EN COMMUNICATION MENTALE. INFLUENCE DE LA QUALITÉ DE LA PENSÉE SUGGES- TRICE.

Quelques sujets sentent qu'ils sont en communication inter-psychique avec leur consultant, avant qu'aucune image mentale se soit produite. La façon dont ils en pren-

nent conscience varie suivant les réactions particulières de chaque sensibilité.

Mme M..., ai-je dit dans la première partie de cet ouvrage, dès que s'établit le rapport entre le cerveau d'une personne présente et le sien, a l'impression d'une sorte de luminosité intérieure qu'elle compare à la sensation qu'une lumière brusque peut donner en jaillissant en pleine obscurité, les yeux étant fermés. Si la communication doit se faire avec une personne éloignée, à la sensation de luminosité vient s'ajouter l'hallucination de la forme corporelle de la personne. Et c'est alors qu'elle dit, comme disent d'ailleurs beaucoup de sujets : « ...là, maintenant, je suis bien avec vous... (ou : je suis bien avec la personne)... vous pouvez m'interroger... que faut-il voir ?... »

Certains sujets sont avertis de la mise en communication par des soubresauts musculaires dans la main touchant le consultant ou par de légères convulsions des paupières ou même par une sorte de tressaillement de tout le corps, qui sont des réponses réflexes à la force excitatrice.

M. de Fleurière sent tactilement les fluides qui le pénètrent à la façon d'un doux courant électrique remontant de sa main, posée sur une des mains du consultant, jusque vers son cerveau...

La plupart des sujets lucides, surtout ceux qui le sont éveillés, n'éprouvent aucune manifestation sensitivo-motrice pouvant leur donner conscience de la mise en communication. Ils n'en sont informés que par la mise en activité de leur intuition. La main des sujets à écriture automatique entre brusquement en mouvement, des visions hallucinent les voyants, etc.. et chez beaucoup de sujets des sensations synthétiques de tristesse, d'inquiétude, de sympathie, d'antipathie, etc., résument, par anticipation, ce que des images mentales variées viendront expliquer dans le détail.

Que les sujets en aient conscience ou non, la mise en communication mentale varie en durée de quelques secondes à quelques minutes, suivant les sensibilités et aussi suivant la qualité du dynamisme de la pensée suggestrice.

Car la sensibilité d'un sujet est très inégalement impressionnée par la pensée de divers consultants. Et c'est là un fait de très grande importance et dont devront tenir le plus grand compte les physiciens qui étudieront les radiations cérébrales.

Je n'ai jamais vu qu'uji excellent sujet lucide fut dans l'impossibilité de percevoir intuitivement certaines personnes, mais cependant l'acuité de leur intuition est très inégale pour différents consultants. Ce fait d'observation courante est traduit par la clientèle des augures sous la forme de jugements de ce genre :

« ...Mme X... est vraiment extraordinaire... rien de mon existence ne lui est caché... elle lit dans ma vie comme en un livre ouvert... je suis étonnée toujours de la précision des révélations qu'elle me fait... »

Une autre dira :

« ...Il est curieux que ce sujet que vous jugez excellent et qu'estiment, d'ailleurs, beaucoup quelques personnes de mes connaissances qui le fréquentent, soit médiocre pour moi... ce que me dit Mme X... montre bien chez elle une intuition incontestable... mais elle me dit bien peu de choses et c'est généralement assez vague..., on voit que cela ne vient pas... »

En réahté, il arrive assez souvent que pour certaines personnes les meilleurs sujets se fatiguent beaucoup à interpréter des images mentales mal objectivées, lentes à se former, fugitives, se présentant mal de\;^nt l'intelligence consciente qui hésite à les traduire.

Cela prouve qu'il existe des différences soit dans Vintensité, soit dans la qualité de la force rayonnante de la

pensée de chacun do nous et que chaque pensée n'impressionne pas aussi bien le sens des intuitifs. Je serais cependant porté à croire que c'est surtout dans la qualité de cette force que réside sa valeur suggestrice, bien plutôt que dans son intensité, car on peut observer à satiété qu'un consultant difficile à percevoir pour un sujet, ne l'est pas nécessairement pour tous et peut même être très facile à traduire pour d'autres sujets.

Le phénomène do lucidité s'accomplit donc le mieux quand ces deux conditions sont réunies : sens du fluide mental très développé chez le sujet et dynamisme de la pensée suggestrice en harmonie avec cette sensibilité. Il y a là un rapport physico-chimique dont il est légitime de supputer l'existence.

Aussi voit-on, dans la pratique des expériences, que si los excellents intuitifs ayant une sensibilité très affinée sont toujours lucides, à degré cependant variable, pour toute individualité, il n'en est plus de même pour la très grosse majorité des sujets de sensibilité moins développée. Ceux-ci présentent, on effet, une inégalité déconcertante suivant les expérimentateurs et aussi suivant les jours, pour une même personne.

Je connais de ces sujets qui, en présence d'une personne, ont tout d'un coup l'impression de ne pouvoir communiquer avec elle et cette impression les trompe rarement, bien qu'ils en ignorent le motif et la nature.

Il m'est arrivé d'être totalement déçu avec des sujets appréciés cependant d'expérimentateurs compétents . Malgré que ces sujets puissent pour quelques personnes manifester une convenable lucidité, ce fléchissement total de leur faculté, et aussi ses caprices, prouvent chez eux une sensibilité incomplètement développée et limitée dans ses impressions comme le serait l'organe de la vision qui ne serait sensible qu'à une partie du spectre solaire et ne réagirait qu'à quelques-unes des vibrations lumineuses.

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