CONCLUSIONS
A la fin de ce livre, je veux, avant toutes autres considérations, revenir sur une de celles par quoi je le commençais, désirant, dans la mesure de mes forces, épargner à la psychologie de la lucidité les attaques injustifiées des opinions de toutes sortes qui sont tapies dans la plupart des cerveaux et s'y tiennent toujours prêtes à dresser, devant ce qui les vient heurter, leurs hordes intolérantes et soustraites à la discipline de la raison, bien que se réclamant d'elle.
A voir quels obstacles ont si longtemps tenu à l'écart de la science officielle d'autres phénomènes psychiques d'expérimentation pure également, parmi lesquels l'hypnose qu'une commission de^ l'Académie de Médecine, en 1837, décréta aussi chimérique que la quadrature du cercle et le mouvement perpétuel, je n'envisage pas sans appréhensions le sort prochain réservé aux phénomènes de lucidité. Leur sort éloigné m'inquiète moins ; la vérité finit toujours par s'imposer.
J'ai bien songé, pendant un court moment, à tenter de fixer l'attention du monde savant par l'exposé de faits établis avec toutes les garanties permises par les témoignages. Mais je me suis bientôt détourné de ce projet, envisageant qu'une telle méthode, la seule offerte à des faits isolés et non répétibles, tels que ceux de l'histoire, de la télépathie fortuite, etc., ne saurait ambitionner d'entraîner des convictions définitives.
La lecture de faits appuyés sur mes affirmations personnelles et celles des personnes mêlées aux expériences, aurait peut-être éveillé quelque curiosité et fait dire à certains :« Tiens, voilà des choses bien étranges !... après tout,
elles sont peut-être possibles », mais bien plus souvent, à d'autres : « ...tout cela me semble par trop extraordinaire. Pour croire à de pareilles choses, il faut y avoir assisté soimême )).
Voilà, n'est-il pas vrai, les résultats auxquels auraient abouti mes efforts dans cette voie de démonstration ? Aussi, ai-je voulu éviter ce stérile labeur.
D'ailleurs, pourquoi aurai-je eu recours à cette méthode du témoignage (qui n'est qu'un pis aller), quand il s'agit de phénomènes pouvant être reproduits au gré de la volonté ?
Viendrait-il à l'esprit d'un chimiste, quand il veut divulguer les moyens d'obtenir un corps peu connu, de citer les témoignages des personnes présentes à ses expériences ? Il expose les qualités du corps, indique les règles à suivre pour l'obtenir, les manipulations à faire, et cela suffit pour que dans tous les laboratoires soit contrôlé et confirmé ce qu'il avance.
Or, il est aussi facile de provoquer la production d'un phénomène de lucidité que celle d'une réaction chimique. Mettez un être humain quelconque en conditions de communication psychique avec un sujet lucide et vous obtiendrez aussitôt les manifestations de la lucidité, immédiatement contrôlables et reproductibles à satiété.
L'important est de se plier aux lois psychologiques, de se placer en conditions rationnelles d'expérimentation, et aussi de connaître les qualités du phénomène à obtenir, pour ne pas attendre de l'intuition ce qu'elle ne peut donner.
Cela a été mon but : mettre le lecteur en état d'observer avec fruit. Aussi cet ouvrage, qui contient le suc de plusieurs années d'expériences, a-t-il surtout la prétention d'être une méthode d'expérimentation, un guide pour l'expérimentateur.
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Malgré lo caractère puroment expérimental de cette section de la psychologie, un long temps, sans doute, sera nécessaire avant que soient universellement tenus pour incontestaltles les phénomènes de lucidité.
Comme pour tous faits ne trouvant pas leur place dans les cadres des hypothèses d'une époque, ils se heurteront à des croyances scientifiques tout aussi opposées à la raison que toute autre croyance, parce que, nées des spéculations de rintelligence, elles ont élu domicile dans le subconscient et y restent fortement retranchées.
Il se rencontre deux variétés d'ennemis de la lucidité : ceux qui, sans parti pris, ont eu l'occasion de s'en occuper et s'en sont éloignés après déceptions, et les immortels et séculaires « sceptiques à priori », négateurs déterminés de tout ce qui n'est pas un corollaire des acquisitions officielles de leur époque.
Les premiers comprennent tous ceux qui, sans préjugés, ont été attirés vers la lucidité par l'importance des horizons psychologiques qu'ouvrirait un tel objet d'études. Mais leur amour de la recherche a promptement été déçu, soit parce que, n'ayant aucune notion sérieuse de ce qu'est l'intuition, ils lui ont demandé des phénomènes qu'elle ne peut pas produire, soit parce que, n'ayant eu à leur disposition que des sujets lucides de médiocre valeur, les résultats de leurs expériences se sont nécessairement ressentis de la défectuosité de leurs instruments.
Et il est vraisemblable que ces conditions ont, le plus souvent, été réunies, les intuitifs propices à l'expérimentation étant rares.
Mais s'ils ont gracieusement attribué à la lucidité Verreur qu'ils apportaient dans son étude, il faut reconnaître à cette catégorie de négateurs qu'ils ont au moins tenté de la connaître avant de l'apprécier.
Il en va autrement des « sceptiques à priori » qui se recrutent un peu dans tous les étages de l'humanité instruite.
A toutes les époques, ceux-là ont pensé que la science qui leur était contemporaine englobait la somme des connaissances générales possibles, et qu'il ne restait plus à découvrir que leurs applications.
Comme s'il n'était pas ridicule de prétendre que l'homme puisse jamais, et dans les temps les plus reculés de l'avenir, être en possession d'une somme considérable de connaissances, par rapport à ce qu'il ignorera de la nature !
Comme si le peu de notions, toutes relatives, qui nous viennent par nos quelques sens avaient le droit d'ambitionner un savoir étendu !
Il existe donc des hommes instruits et doués de réflexion et qui osent, de parti pris et sans examen, nier des faits sous le seul prétexte qu'ils nesont pas explicables par leur raison ? Tant d'orgueil et tant de sottise peuvent donc coexister avec des intelligences cependant avisées par ailleurs ?
L'indice de l'intelligence n'est-ce pas l'humilité profonde devant l'immense mystère ?
Toutes les acquisitions scientifiques, devenues familières à nos esprits modernes, ont été presque toujours niées et combattues tout d'abord.
L'histoire de la science est la même que celle du « sceptique à priori ».
Cette catégorie dédaigne et ne vérifie pas. Elle sait tout. Et dans l'inconnu, gravement, fait le départ entre le possible et l'impossible.
Le « sceptique à priori » juge d'un sourire ; c'est le fat de la science !...
Imaginons que l'un de nous soit transporté dans une
autre planète analogue à la nôtre et où vivraient également des hommes parvenus au même degré de notre évolution et en tous points semblables à nous, mais privés d'un seul de nos sens : la vision, par exemple.
Quel émoi, quelles exclamations chez les hôtes de cet homme émigré de la terre !
Je suis porté à croire que l'un d'eux, particulièrement perplexe, courrait bientôt chez un savant prestigieux et lui tiendrait des propos de ce genre :
«...Maître, on m'a délégué vers vous, pour que vous éclairiez nos esprits étonnés.
Depuis quelque temps est venu dans notre ville un homme prodigieux et qui frappe de stupeur tous ceux qui le connaissent.
Je ne saurais vous rapporter tolit ce qu'il fait d'étonnant.
En voici quelques exemples, entre mille.
A plus de deux cents pas, il me reconnaît, indique le lieu où je suis et m'appelle, sans que je fasse aucun mouvement ou prononce un seul mot; en telles conditions où nous ignorerions absolument la présence d'un homme.
Je m'étais blessé, l'autre jour, en tombant et je regagnais ma demeure. Il me restait au moins encore vingt pas pour en franchir le seuil, que j'entendis cet homme s'écrier : « Mais, vous êtes sérieusement blessé, votre joue est coupée et saigne, votre front est tout meurtri et votre bras droit pend inerte, ne serait-il pas cassé ? »
Or, je vous affirme. Maître, et toute ma famille pourrait en témoigner, que cet homme était au moins distant de moi de vingt pas. Aucun des miens ne soupçonnait encore mon approche, je n'avais rien dit et l'homme prodige ne m'avait naturellement pas touché, non plus d'ailleurs qu'il ne m'a touché après, tant il est sûr de ce qu'il dit !
Il sait d'ailleurs presque tout sans toucher, c'est incompréhensible !
Ainsi, il vous donnera le nom des personnes de nos relations passant au loin dans la rue ; il vous indiquera, mains liées, tout le contenu d'une chambre et avec des détails déconcertants et une rapidité inouïe. J'ai fait souvent cette simple et convaincante expérience : sur une chaise fixée au sol, je lie cet homme, que je fais, de plus, tenir par une personne en qui je puis avoir toute confiance, puis je me place à dix pas de lui et lui demande de me signaler successivement, soit chacun de mes gestes, soit la nature des objets que je tiendrai en main. Cela est pour lui un jeu.
Il sent des choses qui se passent au loin et que nous n'apprenons que beaucoup plus tard.
Il nous prédit même des événements qui doivent s'accomplir bientôt.
Par lui, nous sommes prévenus, à l'avance des orages. Il nous signale même chaque coup de tonnerre un peu de temps avant que ce phénomène se réalise ; il nous dit s'il sera faible ou fort, proche ou lointain.
Mais, il a, à de certains moments, une façon étrange de parler : «le temps est couvert aujourd'hui, les nuages sont « bas » et j'ai observé qu'alors il pleuvait ou tout au moins que la température fraîchissait de manière très appréciable.
Bien avant que j'entende le bruit des pas ou les paroles des gens qui me viennent voir, il m'en indique le sexe, l'âge approximatif et les particularités de vêtement, que je contrôle ensuite et qui sont toujours exactes, même dans leurs plus petits détails...
Il me faudrait beaucoup d'heures pour vous rapporter la diversité des phénomènes étranges dont cet homme prodigieux est capable.
Nous l'avons beaucoup et minutieusement examiné, mes amis et moi, et nous nous sommes arrêtés à cette seule hvpothèse : qu'il doit, nécessairement, être en communication avec les esprits et que ce ne peut être que d'eux qu'il tient ce qu'il nous dit.
N'est-ce pas voire opinion, illustre Maître ? Peut-être sericz-vous heureux de voir et d'examiner cet homme exceptionnel ? »
« — Je pense que vous êtes la dupe d'un mystificateur habile et que votre imagination brode sur de l'absurde.
Si j'en croyais vos paroles, une âme désincarnée pourrait seule, en effet, accomplir ces prodiges. Mais, notre science a fait la démonstration définitive que tout est venu en notre cerveau par acquisitions sensorielles et que l'âme, en tant qu'enlilé spirituelle, est une conception erronnée édifiée sur cette méprise : avoir fait un principe distinct de certaines manifestations de l'activité physico-chimiques du cerveau : la pensée.
Ce que vous me racontez de votre homme est une insulte à la raison. On ne connaît et on ne peut connaître que ce qui tombe directement ou indirectement sous nos sens.
Et je conclus comme j"ai commencé : votre prodige est un farceur que vous habillez de vos croyances. Je ne comprends pas, vraiment, comment des personnes de certaine instruction peuvent s'occuper de pareilles sottises.
Voilà ma pensée, en toute brutalité et franchise ! »
« — Cependant, cher Maître, les faits sont des faits. Plus d'un ont déjà tenu votre langage, puis se sont ensuite rendus à l'évidence. Pourquoi ne feriez-vous pas quelques expériences ? »
« — Soit, j'y consens, pour ne pas être taxé de parti pris. Je ferai une expérience, rien qu'une et bien simple, tellement simple même qu'au cas où le résultat ne sera pas positif, ce sera l'effondrement de votre fameux sujet. Elle consistera à enfermer au préalable douze objets dans douze boîtes et si le sujet indique la nature de chaque objet contenu en chaque boîte, mains liées, j'avoue que votre homme commencera à m'intéresser. »
« — Pardon, cher Maître, mais j'ai essayé plusieurs fois ce. genre d'expériences et cela sans succès, mais si vous vouliez bien... »
« — Hein ? Vous dites ?... Est-ce une conversation sérieuse que nous faisons? Si c'est une plaisanterie, cessons-là!
Vous venez me parler d'un homme qui perçoit des choses in\Taisemblables à travers l'espace et le temps et sans le secours des sens. Et s'il est question d'éprouver sa merveilleuse faculté à toute petite distance, alors elle n'existe plus ?... Vous voyez bien qu'il n'y a rien de sérieux là-dessous et que la moindre expérience précise et simple suffit à dégonfler cette boursoufîlure.
Allons, bonjour, et occupons-nbus à de meilleurs travaux ! ))
Et l'illustre maître d'une autre planète, en reconduisant son interlocuteur, aurait quelque peine à réprimer un gros éclat de rire.
L'aveugle ignore la lumière, mais il peut en rire. Cela lui vaut, du moins, une supériorité toute subjective.
Le rire du « sceptique à priori » a retenti dans toute l'histoire de la science. C'est la caricature sonore de l'intelHgence.
C'est aussi le signal auquel obéit servilement la foule, pour qui le prestige est une impérative suggestion...
L'homme de science qui, à priori, nie la lucidité parce qu'elle suppose un sens d'exception, fait preuve du même raisonnement que ferait un aveugle niant la possibilité des sensations visuelles, parce que, manquant du sens de la vue, il n'a pas la moindre notion de ce qu'elles peuvent
être !
Il faut bien avouer, et je n'ai perdu aucune occasion de le dire et redire, que le scepticisme du monde scientifi-
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que envers la lucidité n'est pas absolument sans motifs.
Il s'explique, en partie, par la pullulation de devins de toutes apparences et qui, vaguement fournis d'intuition et souvent pas, ne soutiennent leur réputation usurpée que par supercheries et aussi grâce à la crédulité de ceux qui les fréquentent.
Mais, est-on en droit, pour cela, de nier la possibilité psychologique de la lucidité ?
La contrefaçon doit-elle faire nier ce qu'elle simule ?
Des faux devins, des équivoques intuitifs, des sujets lucides médiocres, j'en ai rencontré autant qu'on en peut rencontrer ; mais jamais je ne me suis cru permis de juger une faculté sur ceux qui la possèdent à peine et même en sont dépourvus. Est-ce chez un rudimentaire Boschiman ou chez le regretté mathématicien H. Poincaré, qu'il convient d'apprécier les possibilités de l'intelligence humaine ?
Toute acquisition scientifique a connu deux périodes : celle de rétablissement des faits et celle de leur interprétation.
Il serait à souhaiter qu'une docte assemblée nommât une commission dans le but de vérifier la réalité des phénomènes de lucidité, sans autre parti pris que celui d'aller vers la vérité. Car, une fois les faits tenus pour réels, les curiosités et les recherches s'orienteraient passionnément dans une voie à l'extrémité de laquelle s'élève l'énigme de l'esprit humain.
La lucidité", en effet, éclaire d'un jour tout nouveau les profondeurs de l'esprit de l'homme, en décelant une puissance de pensée insoupçonnée et latente, au-delà du peu que nous en connaissions.
Ce n'est pas la simple curiosité de leurs révélations qui m'a attiré vers les sujets intuitifs, et mon but n'est pas de vulgariser les moyens de satisfaire le désir de savoir un peu de ce que la vie nous réserve, ou les mobiles cachés des événements que nous subissons.
Anatole France fait ainsi parler le citoyen-gentilhomme M. de Brotteaux, disciple, sans doute, de l'abbé Jérôme Coignard et aïeul moral de M. Bergeret :
« ...// est rare que ceux qui font métier de prédire Vavenir s' enrichissent. On s'aperçoit trop cite de leurs supercheries. Leur imposture les rend haïssables. Mais il faudrait les détester bien davantage s'ils annonçaient vraiment Vavenir. Car la vie d'un homme serait intolérable, s'il savait ce qui doit lui arriver. Il découvrirait des maux futurs, dont il souffrirait par avance, et il ne jouirait plus des biens présents, dont il verrait la fin. L' ignorance est la condition nécessaire ■ du bonheur des hommes, et il faut reconnaître que, le plus souvent, ils la remplissent bien. Nous ignorons de nous presque tout, d' autrui, tout. L' ignorance fait notre tranquillité, le mensonge, notre félicité (1). »
M. de Brotteaux était un logicien subtil. Je souscris pleinement à sa logique, tout en n'acceptant pas la généralisation des prémisses dont elle part ici.
L'intérêt de la lucidité n'est pas dans la satisfaction de la curiosité. Il est plus haut, il réside dans la connaissance d'une valeur de l'esprit humain plus grande que celle que nous lui attribuions.
Ad majorent hominis gloriam inscrivait Jules Bois, en exergue de son « Miracle moderne ». Cette phrase résume l'avenir qui s'ouvre à la psychologie.
Conscience et subconscience, ainsi avons-nous divisé
(1) Les Dieux ont soif.
noire esprit. Mais ([iic ivj.iésputont exactement ces deux mots ?
Il a fallu les artifices de la psychologie expérimentale pour qu'au delà du champ de la conscience, hors de son influence et de ses perceptions, il soit démontré que l'esprit s'étend encore et que Tintelligence fonctionne toujours.
Or, l'étude de l'intuition rend évident que cette division de l'esprit est une scission inégale, avec d'un côté la raison, exercice de l'activité consciente de l'esprit, et de l'autre côté, tout ce que l'esprit est réellement et que nous ignorons.
Conscients, nous sommes des hommes tels que nous nous connaissons et dont l'intelUgenr»^ <^>^t limitée à l'élaboration des données de nos sens.
Subconscients, il est manifeste que notre pensée dépasse en rectitude et en étendue la raison et qu'elle possède d'autres moyens d'information. Et le sujet lucide, en reflétant la /;e/?5ee surrationuelle aussi bien de l'homme inculte que du plus instruit, ne fait-il pas la preuve que si la valeur de la pensée consciente diffère en chaque individu, en raison d'aptitudes cérébrales et de l'instruction, la pensée latente et supérieure ne connaît pas les différences de cette nature ?
...Assisterons-nous au spectacle de l'homme découvrant les magnificences insoupçonnées de son esprit, à travers les cerveaux lucides, et s'efforçant, par des moyens encore ignorés, d'utiliser, indirectement d'abord et peutêtre directement plus tard, l'extension des connaissances de sa pensée ?... Verrons-nous l'ingénieuse, mais infirme
intelligence consciente, faire Tassant de la grande pensée latente ?...
Savoir qu'nne pensée existe en nous, et dont les sens ne sont pas les seuls moyens de connaître, n'est-ce pas un peu d'espoir qui luit à l'horizon de nos aspirations, comme une toute petite lumière au fond de la nuit hostile ?...