‹ Lucie comedie en un acteChapitre 3 sur 37 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

rien dire de plus... Je m'emporterais au delà de toute limite.

DàMEL.

Et moi, faut'il m'en aller aussi? fU pose son fusil prés de la porte tfitrée.i Si je VOUS gène?

STÉPHENS.

Vous, monsieur Daniel ! Vous à qui Adrien garde un si tendre souvenir, et qui lui avez prouvé tant d'affection 1

DANIEL

Souvenir... affection., ça dépend! Et Lucie?

STÉPHENS.

Qui, Lucie? Ah ! oui, la fille illégitime du vieillard et de la gouvernante? Celle pour qui Adrien se voit dépouillé de son héritage! Où est-elle?

DANIEL

Elle est sortie... Elle va rentrer... Et quand elle saura que sa mère...

STÉPHENS.

Tenez, voici Adrien qui arrive et qui en décidera. Restez: il est impatient de vous voir. (Danifl a fuit le monTement de se retirer. Il reste en s'eflaçanl, cl cache une a<eei vive émotion.)

DANIEL, à part, pendant (|ue Stéphens va à la rencontre d'Adrien.

Chasser Lucie!

III l.lICIIv

scèm: it

AIIUIKN. UAMKL an lon.l, ST K I* Il K \ S.

adiuen, à Slépliens. Il Ml on uniforme d’enseipno de marine. Il jMise «a valise, son manteau et son diapcaii sur la laide, .sans faire altenlion à Daniel, il est entré par la droite.

Eh bien, est-elle partie?

STÉI> IIENS.

(l’est fait.

ADRIEN

Ah! tant mieux! Merci, mon cher Stéphens. La vue de cette femme m’eût fait un mal affreux, llentrer dans cette maison après quinze ans d'exil, et avoir sous les yeux ce vivant reproche à la mémoire de mon pauvre père...

DAiMEI..

Elle est en mauvais état, la maison; mais ce n’est pas moi qui étais chargé...

SCÈNK IJ.

ADlilK.N.

Ail! Daniel!... Oui, je \ous reconnais! di rcmliiassf i-i ti»!M;tu'i •NI sa-nc aviH: lui. Stcplieiis leiiionte, puis descend à gauche ) Je me suis loujoiii-s souvenu de votre attachement, Daniel! C'est dans \os yeuv que j’ai vu les seules larmes que mon départ ait fait couler ici. J'étais un enfant, on m’envoyait au collège, et je pressentais que je ne reverrais jamais mon père. Vous seul sernbliez me regretter... ou me plaindre. Et depuis... Oh! je sais tout, Daniel ! Je sais que les petites sommes que je recevais chaque année, c’était la moitié de vos gages que vous mettiez de côté pour me l’envoyer. (Daniel paraii coniraric ci einbarraMé.) Ne VOUS en défendez pas : mon père n’avait pas même un faible souvenir pour moi, et ce que vous m’avez avancé, c’était pour vous un sacrifice immense.

DAIUEL, vivement*.

(Jui VOUS a dit?.,. J'aurais voulu, j'aurais dû faire davantage. (A part, attendri et mécontent.) Diable!... diable'... diable!... (ja me gène..

ST Él’ Il EN s, il Adrien.

Voyons, mon ami, n’oubliez pus... <A Duuiel en passant devant Adrien ^.) Daniel, répondez ! Vous devez savoir bien des choses. Dites sans crainte la vérité à votre maître. Qu'est devenu l’argent?

' Slépiiciu, Adrien, Daniel.

’ .tdrien, Stéphens, Daniel.

LUCIE

OAXIF.L, comme étourdi du coup.

L'argent!... diable!... l'argent!...

ADRIEN

Eh ! mon Dieu ! â quoi bon l'interroger'/ Il sait bien, comme tout le monde, qu'un capital réalisé en argent est destiné â disparaître, et que la fortune de mon père a dû passer dans les mains de Charlotte, (il s'asucd & gauche de la table. Daniel a rciiionlé et reste au foiid.l

STÉPHENS.

N'y renoncez pas si vite. On peut être très-délicat et trèspositif. Si votre père vous a librement frustré pour enrichir une tille illégitime, je comprends que vous refusiez d’engager une lutte inutile peut-être, et scandaleuse à coup sûr; mais, si son intention n’était pas de vous déshériter, et qu’on ait dérobé la somme... tll $c met à cheval sur une chaise, à droite et .i quelque dUmnee de la table. I

ADRIE.V, à Daniel.

Vous, Daniel, qui connaissez Charlotte, la savez-vous capable d’une pareille action?

DANIEL, s'approchant*.

Capable... oui! Mais on est capable de bien des choses

‘ Adrien, Daniel, Stéphens.

SCEISK II.

qu'on ne fait pas... et on en fait qu’on n'était guère capable de faire.

STÉPHENS.

Esl-il probable que M. Desvignes, après un si long attachement pour cette lille, se soit contenté de lui léguer une pension de cinq cents francs, qui n'est même pas réversible sur la tête de Lucie?

DANIEL

Non, mais... Charlotte a bien cherché; elle a fait démonter tous les meubles, lever les boiseries, les parquets... Elle n'a rien trouvé, pas moins. Elle pleure, elle jure qu’elle n'a que sa pension, qu’elle est dans la gène... et c'est possible.

AUHIEN.

Voilà qui est étrange! Cette somme importante aurait donc été enfouie quelque part?

DANIEL

Ou remise en dépôt à quelqu'un. IJi>i i^it? H faut attendre... il faut voir. Ou vous a cru mort aux colonies. Peutêtre aurait-on souhaité que vous ne revinssiez pas... Mais, puisque vous voilà revenu'... Quand on ne s’attend pas... il y a comme ça des surprises .. des embarras d’esprit... Il n’j a pas deux minutes que vous êtes là...

STÉPHENS.

Vous ne soupçonnez pas quelle peut être la personne...

ti

MCI K.

HA.NIKI. , à Ailhfti.

-Non... Li vous, iiKinsieur?

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