‹ Lucie Didier drame en trois actesChapitre 3 sur 3 · MIMER · texte numérisé non relu

MIMER

Eh bien! ce bracelet de grenats, ce... efctle...

i.trcii:.

Oh ! sois tranquille, mon ami, j’ài renvoyé cette pahirê... didilr . *t«nn«.

Tu las renvoyée... mais quand je te l'ai apportée, lu paraissait si heureuse qiîc tes yeux, tes h« aux yeux se sont remplis de

larnK'S. (Il l«nbr*.M!.-

LUClfe.

Tai été heureuse de l'intention, voilà tout.

did:lr.

L'intention... l'iiitcnlion... c’cït très-joli ; mais ça ne »e porte pas en collier ni en Itoueles d'oreilles... l'intention, et je n’enti iids pas, M.idame. que vous vous enterriez plus longtemps au Cowlray... Je veux que nous retournions à Paris... nous sommes riches, tife-riclies... il faudra que je te donne bne Voiture, et puis, tu ne sais pas? dans quelque temps, j’acbi Ur:ii un hôtel, «mire cour et jardin, aux Uiamps-ÊIjKrs, en bon air, rw>tir notre Pauline... notre chère petile fille. (F-<mi;bu« »m fat.) L'i st drôle, quand je prononce ce ned -l;1 : pbtite Ode... et qye je penvr que ru veut dire une créature toute frêle, loute bhhclie et rose: avec* des petits pieds, des petites mains, une voix argentine qui dit : r.u*v! maman ! et que c’est à moi, que c’est mon bien, mon trésor.... je suis bête; mais q»iand je prononce ce mot-là, je ne peux pas m’empêcher d’avoir une larme dans les yeux.

LUCIE

Didier! oh ! tenez, Didier, vous êtes l’homme le meilleur, le plus «ligne que je connaisse. Didier, je vous aime !

ni pi En.

Parbleu ! Je !»• sais bien ! (11 rrabnu*.)

LUCIE

Et pourtant Je vous en veux !

DIDIER

Tu m’en veux.

LUCIE

Oh ! beaucoup !

DIDIER, M IftAuL

Et pourquoi donc, bon Dion ?

LUCIE

Je vous en veux d’être si riche!...

DIDIbR, riant.

Ah! par exemple! voilà un drille de reproche.

LUCIE

Et «le ne m’avoir jamais dit quel était au juste le cbifiiv de cette grande fortune.

UIDIER, mbirnilé.

Dam !... ma f«*i... je ne le sais pas moi-même ; les grands négociants comme moi, lancés cbuis des spéculations. , gigantesques...

LUCIE, doueewrnt.

Se ruinent quelquefois, Didier, et alors pour cacher à leur femme l'état embarrasse de leurs affaires, ils affectent une fortune qu'ils n\mt plus et liassent leurs nuits au travail, nfin de soutenir un rang au-dessus do leurs ressources...

DIDIER, troublé.

Ah ! ah ! par cxrmph 1 ! je ne comprends pas. Il faut être fièrement imbécile pour. .

LUCIE

Non ! il faut avoir un grand cœur comme le vôtre, Paul !...

DIDIER

Quoi! tu sais...

LUCIE

Tout, mon ami...

DIDIER

Oli ! Lucie! Lucie! pardonne-moi!... (il « »'**i*oir au bureau »

droite.!

LUCIE, lui prenant la tète dan» ta bru.

Quoi donc? de n’avoir pas eu confiante m moi? de n’avoir pas osé médire : Lucie, nous n’avons pins de fortune!... Estce ta faute?

• Didier, Lucie.

** Lucie, Dtdlrr,

DIDIER

01» ! mm!

utie.

Eh bien! maintenant. Pmi, lusse-moi t’interroger, afin que je puisse te soutenir, te défendit au besoin. Veux-tu compter avec moi, dis?

nmiEit.

la* compte ne sera pas long, Lucie... nous n’avons plus non !

LUCIE, après an «ilence.

Os quatre cent mille francs héritage de M. de Villeneuve, Id parrain de noire fille, cet argent auquel tu n'avais jamais vi uiu ionclier, le regardant comme ta dot de Pauline...

* DIDIER

■Mon Dieu ! veux-tu le savoir, Lucie?

t.rciE.

Je veux tout savoir.

DIDIER

Cet argent est le seul qui puisse nous sauver aujourd'hui. Celte usine, entreprise sous la raison Didier et Martin, et «lé truite il y a un an, par l'inondation du Fit rens. qui a été le signal de ma ruine et «le celle d«‘ mon pauvre a-mcié; celle ii-ine nous coûte à l'heure qu’il est, un million trois «enl rinquantc mille francs!... Martin et moi, nous avons payé un million en dcinnndiinl nu au pour compléter le paiement. Martin nous a quittés, s'est exilé, en me disant : Je pars pour 1<$ Indes, fai là-b.>s de noiiibn ux auiis, et avec mon c«iurage,m«»u a iivite, mon iutrlligi m n, «I ins un an je rapporterai un fortune »u le «fiable m’emportërd. L'aie néé s’est «foulée, M irtin n’a plus reparu... c’est qufe Martin n’a pa« aàigent... et moi...

LUCIE

Tbl, tu o’as pltis que la dot de ta fille?

• DIDIER

Oui.

Ltac.

Et les créanciers n’attendront pas davantage?...

DIDIER

Non.

LUCIE, aprèt mi ôtaïc*.

Ne faut-il |wts ma signature pour tobeher cet argent?...

DIDIER

Oui.

LUCIE, tira»! un papier de ta robe.

La voici.

DIDIER

Loin ment !

LUCIE

Je savais tes affaires aussi bien que foi, Didier, il faut p ver.

DIDIER

Mais, Pauline...

LUCIE, vciuriaot.

Lorsqu’elle sera grande, Didier, nous lui aurons rendu «a dot... et si nous ne le pouvions pas... je dirais alors à ma fi Le ; H «'agissait du nom, de l’honneur de l<*n jière, e‘« st-à-dire de tau nom, «b: t«»n honneur à toi-même .. Celte dot- là était plus rvêcieuse que l’autre, c’est pourquoi nous n’avons pas he-ilé a !u la conserver au prix d’une fortune.

DIDIER, U «errant dan» »r» braa.

Oh! merci! merci! ctr tu ne sais pas quelles tortures «:n éprouve à se «lire : J’ai été honnête homme tout»- ma vie, et demain... demain, je serai deshonoré!... Merci, Lucie, merci... tu es tin ange, voiR-tu!

LUCIE, aonnaut.

Il faut envoyer immédiatement l’ordre do payer, de tout paver intégralement, sans réserves aucun» s...

DIDIER, Mine tr papier. !r mrt «ont enveloppe, et le remet b la dMMi.iqiie qui entre.

Faites porter cette lettre sur-le-champ à M. de Sar/.n r.C, mot) banquier. (La dusirMiquc *irt.)

LUCIE, vivrfnenL

Sitr/annt?... il est...

DIDIER

Mon banquier depuis six mois. Allons, à partir de ce jmtr, Lucie, devant Dieu, je dois quatre cent mille francs û ma II ' •, et res «-réancH-rs-là, ça ne s’oublie pas. .

LUCIE, à part.

Sarzanne!... (Bruit de toi* au dchonu)

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