ACTE I, SCÈNE VI
DIDIER, lui preuant 1a main.
MARTIN
Ah! par exemple, voilà un trait! Qu’on vienne me dire que vous êtes un fat, un mauvais sujet, un être sans cœur et sans âme.... on verra, on verra ce que je répondrai.
SARZANNE.
Laissez parler le monde , mon cher monsieur Martin... et vous, acceptez, Didier! (Didier fait un mouvement. Lucie qui a pria une broderie dès l'entrée de Sarzanne, relève la tète sans quitter son travail.]
LUCIE
Didier!...
DIDIER
Mon enfant *?
LUCIE
Est-ce que monsieur de Sarzanne ne vous offre pas de vous prêter de l’argent?
DIDIER
Oui, et d’une manière que je n’oublierai jamais.
LUCIE
Eh bien! remerciez-le pour moi aussi, et dites-lui bien que si nous n’acceptons pas... nous ne lui en garderons pas moins une grande reconnaissance.
DIDIER
Ah !... tu crois que...
MARTIN, bas, à Lucie **.
Mais VOUS avez tort!
LUCIE, se levant.
Merci, monsieur de Sarzanne, merci... mon mari et moi, sommes touchés de votre offre... mais vous le concevez, si nous l’acceptions, nous n’aurions fait que changer de créancier, et, tôt ou tard, il nous faudrait toujours disposer de ces quatre cent mille francs. Nous ne parlerons donc plus de cette offre, que pour vous en témoigner notre gratitude, (sarzanne s’incline. Lucie reprend sa broderie. Didier et Martin se regardent im peu embarrassés.)
DIDIER
Eh bien! alors... l’affaire...
MARTIN
- Est arrangée.
DIDIER
Je... je sors... Mais dites-moi, Sarzanne, vous parliez de partir... je ne souffrirai pas que vous vous en alliez sans avoir dîné avec nous.
SARZANNE.
je craindrais d’être...
* Martin, Lucie, Didier, Sarzanne.
** Martin, Lucie, Didier, Sarzanne.
LDCl£ DIDIER.
DIDIER
Allons donc! n’cst-ce pas, chère arriie?
LUCIE
Pourtant, si monsieur de Sarzanne a des affaires...
DIDIER, riant.
Ah çà! mais, ma parole d’honneur... on dirait que tu le mets à la porte.
LUCIE
Moi!... par exemple! (a sananne.) Monsieur de Sarzanne, si vous voulez bien accepter l’invitation... de mon mari?
• S.VRZANNE, à part.
Ail! c’en est trop!... je reste! (Haut.) En vérité. Madame, il me serait impossible de ixisister à tant d’instances...
MARTIN, k part.
Comme J’ai bien fait d’envoyer ma femme mettre sa robe chamois !
DIDIER
Eh bien!... je vous laisse... atout à l’heure, Lucie. (Ba«.) Ma foi, tu as peut-être bien fait... moi... j’allais accepter... (Haut.) A revoir, Sarzanne... Martin va vous tenir compagnie.
SARZANNE, à part.
• Pas longtemps, je l’espère ! (nwier sort.)