‹ Lucie Didier piece en trois actesChapitre 10 sur 48 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les mêi^s, SARZANNE *.

SARZANNE, entrant eu riant.

Ah ! ah ! ah ! charmant!... adorable !... le ravissant domestique !

DIDIER

Qu’avez-vous donc ?

' sarzanne **.

Ah ! laissez-moi d’abord vous serrer la main, mon cher ami,., il y a bien longtemps que je n’ai eu ce plaisir, (a Lucie.) Madame, pcrmettez-moi de vous présenter mes salutations.

LUCIE, froidement.

Monsieur !...

DIDIER

Mon cher Sarzanne, je suis bien enchanté de vous revoir. Pourquoi donc être reste si longtemps sans venir.

* Alice, Martin, Lucie, Sarzanne, Didier.

** Lucie, Alice, Martin, Sarzanne, Didier. ,

Ll'CIE DIDIER.

SARZANNE, rcpanlanl Lucie.

Jo subissais un anùt... bion rigoureux... (a part.) mais non pas sans appel.

DIDIER

Que voulez-vous dire?

MARTIN. Alice au foud, à gauche.

Va donc raettre Ui robe chamois.

SARZANNR, apercevant Martin qui descend.

Eh! c'esl ce cher monsieur Marlin!... Vous i^tes donc revenu de Chandernagor, mon cher monsieur Martin ?

MARTIN

Depuis hier. (ll fait des signes à sa femme, qui sort.)

SARZANNË.

Êtes-vous content de votre voyage ?

MARTIN

Ma foi... franchement, je n'ai pas à m’en louer.

SARZANNË, à part.

Allons, tant mieux !

MARTIN

Quant à vous, Didier me disait à l’instant même... que...

SARZANNË.

Ne parlons pas de moi... je suis riche... très-riche... Et votre charmante femme ? vous nous l’avez ramenée .sans doute, plus séduisante que jamais? Les bals étaient tristes sans elle, la reine du bon goût.

MARTIN, flatté.

Trop aimable!

DIDIER*

Vous me permettez de vous quitter quelques instants, n’est-ce pas? Dans aix minutes je reviens.

SARZANNË.

Non ]tas... dans dix minutes je serai parti et je n’ai qu’un mot à vous dire.

DIDIER

Parlez**.

SARZANNË.

Vous m'avez envoyé ce matin l'ordre de payer vos créanciers, avec l’argent que vous m’aviez charçé de placer sur la tête de votre fille. Je viens franchement à vous, mon cher Didier, vous dire que cet ordre m’a vivement ému , je dirais presque, m’a serré le cœur... si ie ne possédais la réputation de ne pas en avoir. — J’ai au moins de la mémoire... et je me souviens que c'est à mon instigation que vous vous êtes tancé dans cette déplorable entreprise... si ce n’était l’amitié, ce serait donc le devoir qui m’imposerait l’obligation de vous dire : Reprenez cet ordre, Didier, et puisez dans ma caisse- comme si c’était la vôtre.

* Lucie, Didier, Martin, Sananne.

** Lucie, Martin, Sarzaune, Didier. jti

Page 1