SCÈNE VIII
LUCIE, SARZANNE.
SAHZANNE, qui u’abandonne jamais poudant cette scène le ton de la raillerie *.
Savez-vous bien, Madame, que vous êtes impitoyable pour moi?
LUCIE, voulant se lever.
Monsieur...
SARZANNE.
Vous avez vraiment tort de ne pas vouloir m’enlendiv. Madame.
LUCIE
Je vous avais dit, Monsieur, qu’il me serait pénible de vous recevoir à l’avenir, et je m’étonne que vous ayez oublié...
SARZANNE.
Je n’ai rien oublié, Madame.
LUCIE
Pourquoi donc revenir , alors ? Ne suis-je pas exempte de tout reproche? Ai-je rien fait pour mériter vos outrages?
SARZANNE.
Quoi! vous appelez outrage, l’expression de l’amour le plus vrai, le plus sincère...
LUCIE “
Encore... mais si cela était, en voyant le chagrin que me causent vos paroles, au premier mot vous auriez gardé le silenœ. Si vous m’aimiez, vous chercheriez à être estimé de moi, et vous n’oublieriez jamais que mou mari est celui que vous appelez votre ami.
* Lucie, Sarznnne.
’* Sarzanne, Lucie. '
LCCIE DIDI».
SAnZANNE.
Lui! mon ami!... vous oubliez donc vous-mèmc que je vous aimais avant qu’il vous connut! Si j’ai été dédaigné par vous, c’est pour lui... si depuis sept années vous m’écrasez de votre mépris, c’est encore pour lui, toujours pour lui... Prenez garde, Lucie, prenez garde!... Tenez, il y a des moments où mon amour se change en lurenr, où il me s.emble que je vous bais aussi., mais je m’égare!... parlons froidement.
LUCIE
Non, non... j’aime mieux vous voir ainsi, tel que vous êtes... un de ces hommes à bonnes fortunes, honteux d’avoir rencontré par hasard une femme qu’ils n’aient pu mépriser comme les autres. J’aime mieux voir votre orgueil se révolter contre mon dédain... cela me rxinfiræe dans mon opinion : monsieur de Sarzanne, vous n’avez pas de cœur!... 11 y a un an, vous avez voulu me compromettre... heureusement que j’ai eu le courage de vous dire en face que je vous connaissais... Ah ! vous ne me l’avez pas pardonné!... Et tout à l’heure encore, si j’ai refusé vos offres de services, c’est que j’en comprenais la portée... Mon mari, votre débiteur!... Ah! Monsieur, pour un homme d’esprit, le tour est maladroit, et je m’étonnerais qu’il vint de vous, s’il n’était aussi bas !
SAIIZANNE.
Assez... Ce n’est pourtant pas ainsi que j’aurais voulu vous voir, Lucie... car, en vérité, si un seul mot d’espoir m’avait été donné, votre mari aurait encore une chance d’échapper au déshonneur.
MJCIE.
Que voulez-vous dire?
SARZANJiE.
Du moins, vous me rendrez cette justice d’avouer que j’ai fait tout ce qui dépendait de moi pour le sauver.
Expliquez-vous, Monsieur... Le déshonneur de mon mari ! par exemple!... Savez-vous que vous parlez de Paul Didier, le puis honnête homme qui soit au monde.
SAItZ.VNNE, s'asseyaut.
Madame, Paul Didier sera demain, si je le veux, sur les bancs de la cour d’assises.
LUCIE, haussant les épaules.
Ah ! VOUS Ôtes insenst- !... si vous croyez m 'dira ver !... Cet argent dont il vient de dépouiller jusqu’à son enfant, prouve asst.‘z que Paul Didier lient avant tout à cet honneur dont vous semblés faire si bon marché !
SARZAMNE.
Et si cet argent ne lui appartenait pas'
LUCIE
Que dites-vous?
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