‹ Lucie Didier piece en trois actesChapitre 15 sur 48 · ACTE I, SCÈ>E VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈ>E VIII

SARZANKE.

S’il n’avait pu en disposer qu’en violant un dépôt sacré?...

LUCIE^ après un silence et se dirigeant vers la porte à gauche

En vérité, je ne sais pourquoi je vous réponds.

SARZANISE.

Cet argent. Madame, faisait partie de la fortune de M. de Villeneuve.

LUCIE, revenant.

C’est vrai. M. de Villeneuve, partant pour un voyage, confia . un jour à mon mari une somme de quatre cent mille francs, et Didier lui remit en échange un billet portant ces mots : « Je re- « connais avoir reçu de M. de Villeneuve quatre cent mille francs « en dépôt.» Mais quand ma fille vint au monde,M. de Villeneuve, son parrain, alors à son lit de mort, appela mou mari et lui dit: Paul j’anéantis ton reçu... ces quatre cent mille francs sont à toi... Voilà, Monsieur, comment cet argent appartenait à mon mari; voilà comment ce reçu a cessé d'exister.

SARZANNE, tirant de sa poche un papier.

Ce reçu. Madame, le voici !

LUCIE

Le voici!

SARZANNE.

Ce que vous venez de me raconter, m’explique à présent pourquoi M. de Villeneuve dit un jour à un sien neveu, assez mauvais sujet, du reste, qui était venu recevoir ses derniers soupirs, de chercher parmi ses papiers pour lui remettre celui-ci. 11 voulait apparemment le déchirer, comme il l’avait promis à ce pauvre Didier; mais... impossible de remettre la main sur ce maudit reçu: impossible aussi d’écrire quoi que ce soit pour reconnaître qu^on ne lui devait plus rien, car la mort ne lui en laissa pas le temps. Mais vous. Madame, vous vous expliquerez peut-être pourquoi ce papier précieux ne put se retrouver, quand vous saurez que ce neveu... c’était moi!

LUCIE

Vous! en effet!... je comprends tout... vous étiez l’héritier de M. de Villeneuve, et, ce reçu existant, vous y gagniez 400,000 fr. Vous vouliez être le créancier de mon mari.... et maintenant, muni de cette preuve, vous allez réclamer...

■ Non, Madame. Si l’avidité m’eut poussé, je n’aurais pas attendu pour réclamer que votre mari fût ruiné...

LUCIE

Ouc voulez-vous donc alors? (silence de Sanaime.) Voyons, monsieur de Sarzanne... C’est un jeu, n’est-ce pas?... Vous voulez me faire peur... (silence de Sarzanne.) J’ai été fière, hautaine avec vous; j’aurais dû prendre vos paroles comme un enfantillage... vous voulez m’en punir! Mais enfin, vous savez bien que Didier

* Lucie, Sarzanne.

LUCUC LIDIBK.

est lo plus honilfto homilio de lu terre j (süeuce tic Sarzanue.)

Oh ! vous allez me rendre ce reçu... en disant à Didier : Ah! j’ai bien ri tout à l’heure!... j’ai fait peur à votre femme... Je lui ai parlé de cours d’assises... de... mais répondez-moi donc, Monsieur; repondez-moi donc!...

SAJIZÀNNE, impassible.

Que voulez-vous que je vous réponde?... Tout cela est sérieux. Depuis un an, j’attends impatiemment cet ordre que Didier m’a envoyé ce matin. Depuis ce malin on paie les créanciers; ce soir il ne restera plus rien des 400,000 francs... et dans huit jours, on saura que cet argent n’appartenait pas à Paul Didier. -Vous commencez à comprendre, n’est-ce pas, Madame, qu’il ne s’agit plus d’une dette, ni d’une faillite, mais d’un vol.

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