ACTE SCÈNE II
courant de ma vie, et je n’y ai rien trouvé de blâmable ! Lucie n’a donc rien à me reprocher ! et d’ailleurs je suis fou !... Pau- ^ line, notre petite fille... jusqu’à elle qu’on semble moins aimer! jusqu’à elle qui pleure aussi .en voyant qu’on la repousse! Oh! non... non... je saurai d’où vient la froideur de Lucie pour tout ce qui a fait jusqu’ici sa joie et son bonheur!
MARTIN, s'échauffant.
Eh bien, moi... je te le répète, tu es ridicule... insensé, méchant, cruel... c’est toi qui es cause des ennuis de ta femme !
DIDIER *
Moi !
MARTIN, colère.
Oui, toi... toi seul, qui es devenu fanlasque... ténébreux... ombrageux... Lucie fait-elle un pas? crac! lu es derrière ses talons. Lucie rcflcchit-elle? crac! lu veux sonder jusqu’où va cette pensée, qui souvent erre sur les plus petites choses... ces
f iclites choses aevicnnent des montagnes à tes yeux... à force de a harceler, tu lui agaces les nerfs... Les femmes, vois-tu, sont les oiseaux de la liberté ! tu mets une ficelle à la patte du tien, et tu veux qu’il vole au soleil... Tu es un niais, Didier; suis mon exemple, regarde Alice! quand je l’ai épousée, elle maigrissait dans sa famille, qui était bien la famille la plus ennuyeuse de la terre! En l’épousant, je lui ai ouvert la cage! elle chante et elle engraisse!... [tous deux s’appuient sur ta cheiuinée. ) Je te le répète I c’est toi qui seul es cause du changement de Lucie... »
DIDIER, heureux.
Vrai!... tu crois!... ah! merci, Martin... merci!... Ah! ça me fait du bien, ce que tu viens de me dire là... Oui, tu as raison... je veux que Lucie soit heureuse !... Nous avons un bal ce soir...
MARTIN
Dans une heure, les invités seront ici... tu n’es pas habillé!... mais va donc...
DIDIER , è lui-même.
Oui... oui... c’est cela!... merci, Martin... Ah ! tu m’as fait
du bien !... (U sort en courant.)