MARTIN, ALICE
ALICE, entrant.
Oh! oh ! VOUS êtes bien gai cc soir, monsieur Marlin.
MARTIN. '
Mais oui, mais oui, j'ai tout lieu d'ètre satisfait.
ALICE
Comment me trouvez-vous?
MARTIN
Coquette!... il vous faut encore ks compliments de votre pauvre mari... les exclamations... les adorations des autres ne vous suffisent pas; il me semble pourtant que les murmures flatteurs ne vous ont pas manqué en traversant le petit salon.
ALICE
Dam! il faut bien chercher à vous plaire. Monsieur!... et puisque vous ne jugez du mérite d’une femme que d’après le nombre de ses adorateurs, je fais ce que je peux pour être aimée de vous.
MARTIN **
Et tu y parviens, Alice, tu y parviens, (u tourne autour d’eUe.J Quelle tournure, quelle taille!... quelle... attends, il y a une agrafe qui est défaite!... hein! quelles blanches épaules!... quels cheveux noirs... quel... ton bouquet est de travers!... là maintenant, parfait! (u lui enroie un baiser. — Arec malice.) Est-ce que nous ne verrons pas M. de Sarzanne, ce soir ?
ALICE
Je ne le pense pas... M. de Sarzanne est en voyage depuis près de cinq mois, vous le savez bien!
Ah !... oui... mais il écrit n’est-ce pas?
ALICE
Je n’en sais rien.
MARTIN, à part.
Elle est discrète!... c’est charmant! (Haut.) Ah! tu n’en sais rien!
ALICE
Non!
MARTIN, avec finease.
Ta parole d’honneur.
ALICE
Ma parole d’honneur !
MARTIN
Très-bien !... (u l’embrasse violemment.)
* Martin, Alice.
** Alice, Martin.