SCÈNE VT
SARZANNE, DIDIER.
• DIDIER, lâgèrement.
Vous aurez eu des affaires, sans doute, qui vous auront retenu... n’est-ce pas, mon cher Sarzanne? Car je ne puis supposer qu’une nouvelle passion...
SARZANNE.
Monsieur... (a part.) Que veut-il dire?
DIDIER
Je suis indiscret?... Allons, pardon... n'en parlons plus... Je pensais qu’entre nous, nous pouvions tout nous dire... car je suis un frère aîné pour vous... presque un père, si j’en avais l’âge... j'ai tant connu le vôtre!... un brave et dignè homme, qui m'aimait bien !... il est vrai que j'avais été assez heureux pour lui rendre quelquefois d’importants services...
Vous, Didier!... '
DIDIER, d’un ton léger. '''
Moi-mème !
SARZANNE , accablé, axec élan.
Ah!... si j'avais su!...
DIDIER
Eh bien?... si vous aviez su ?...
ACTB m, scÉiri n.
SASZANNE^ »ec embdrrai.
Mats... ma reconnaissance...
DIDIER
Je n'en voulais pas!... La recoiinaissanoi gâte l'aniitié, et vous étiez mon meilleur ami. Allez, je ne suis ms ing^t. CroyeZ'Vous oue j'aie oublié avec quel généreuz dévouement vous m'avez onert votre bourse il y a six mois...
SARZANNE , embamué.
Quoi! vous pensez encore...
DIDIER
C'est ma femme qui n'a pas voulu... Les femmes mit par fois de bizarres délicatesses. J’aurais accepté, moi, tout franchement, comme vous offriez... d'autant plus que ce n'était qu'un prête pour un rendu...
Comment?... ’
DIDIER, redescendant.
Ah! çà... vous n'avez donc pas su ce jour où votre père vint chez moi, pâle, défait, en me disant : Mon fils m'a ruiné, Didier... ( car votre fortune présente vous vient de M. de Villeneuve, votre oncle) . Mon fils m'a ruiné, et, non content de m'aVoir ruiné, il me deshonore...
SARZANNE.
Monsieur!...
DIDIER, timplement.
Je VOUS rapporte les paroles de votre père. — Demain, ajoutat-il en pleurant, demain peut-être il sera en prison!... ^11 s'agissait de je ne sais plus quelles dettes, contractées pour je ne sais plus quelle danseuse... et vous non plus, n'est-ce pas?...) Mais vous étiez si jeune!... neanmoins la dette pouvait être mal interprétée... on parlait de tribunaux... Bref, je payai... Ah !*vous ne saviez pas ça?...
SARZANNE.
Vous!... vous, Didier!...
DIDIER
Et quand je vous disais que la dette pouvait être mal interprétée, elle le fut en effet.
SARZANNE.
Comment?
DIDIER
C'est vrai, vous étiez alors en Angleterre. Un fat, un rival sans doute, osa vous accuser ; votre était trop âgé pour relever l'insulte., vous, vous étiez trop loin...
Eh bien ?
DIDIER
Eh bien! je payai encore; tenez, voici l'acquit, (ii lat looiitra RM biAMure au ffÀfoA. ) Vous voyez que ce n'est pu d'bkr que nous tommes liés ensemble,,, et que je puis, sans indiscrétion, vous
parler de vos amours... Allons, Toyonsî... avouez... avouez qirunc nouvelle intrigue a été pour quelque chose dans voire froideur à notre égard...
■ ; SARZANNE, sVfTorçanl de suurire. . ii
Eh bien !... oui, c’est vrai... je l’avoue...
DiniER. P
.\li! bah?... Déjà!... ‘ ï ->(w/
SARZANNE , gio<.
Mais pourquoi donc... déjà? ,
DIDIER, kiinplement.
Tiens!... au fait!... c’est vrai... je ne sais pas au juste combien il y a de temps que vous êtes Tamant de ma femme...
SARZANNE, te leTant.
Monsieur!... i . . ;
DIDIER
Quoi donc? ’
SARZA^^e.
Cette plaisanterie... je ne sais ce que vous voulez dire...
DIDIER. hI'>
Ne mentez donc pas... o
i SARZANNE. . • U .
Mais...
' DIDIER
Tenez, ma femme serait plus franche que vous... elle ne nierait pas, elle... je le parle...
SARZANNE.
11 suffit. Monsieur, vous pouviez prendre moins de détours., < et puisque vous savez tout... je suis à votre disposition...
DIDIER
Pourquoi faire?
SARZANNE.
Mais... pour vous donner toutes les réparations que vous e.xigerez...
DIDIER
Mon cher ami, est-ce que j’ai l’air de vous demander des réparations? est-ce que j'ai Tair de vous chercher querelle?... Vous avez envie de vous battre avec moi !.... vous êtes donc bien sùr de votre balle?
SARZANNE.
Quoi? VOUS supposez...
DIDIER
Ça vous offense?... Eh bien! non... Pardon..! Admettons un instant que vous ayoz un peu de cœur, que vous sentiez que vous ne pouvez prendre encore la vie à iin homme à qui vous avez déjà pris tout le reste; admettons enfin que vous ne vous défendriez pas!,., je vous tuerais ?... La belle affaire!... Et puis après?. J Je suis bien pUw vengé, si vous avez on reste de sentiment d’honneur, en pensant que quehpie part que vous alliez, en quelque moment qw c# soit de volrc vic> vous ôtes |»onrs»W
ACTS m, SCtNB YII. 49
par cetle pensée : f se lerant.) Un honnête homme me méprise comme le dernier des misérables!...
SABZANNE.
Monsieur!...
DIDIER J tranquillement.
Asseyez-vous donc... Tenez, voici ma femme.