SCÈNE X
DIDIER, bris.nit le racliet froidenient.
Cette lettre est de M. de Sar/.aiine. (ll lit à haute roi»; Lucie, absorbée, ne l’entend pas.) « Madame, ne VOUS indignez pas de cé <|ue « vous allez lire : jamais paroles semblables ne sont sorties d’un a cœur plus désole. Devant le sui t t(ue votre mari vous réserve,
« vous éprouverez bientôt le besoin de .souffrir en liberté. Ce « droit de douleur, laissez-mui vous l’assurer. Pendant toute la « soirée, une chaise de poste vous attendra derrière le mur du « parc.!. Qu’avez-vous à redouter de moi mainti’iiant?... Je ne « veux plus que vous conduire chez une de mes parentes dont « le caractère et la position vous assurent un asile inviolable « et respecté. Là du moins, Lutàe, il vous sera permis de pleu- « rer... Que le volet de votre chambre, fermé à moitié, m’ap-
Lucie, »MtM tur U canapé t Didier, debout, à droite.
« prenne (juc vous êtes seule et que v.jUR consentez à partir : je
« viendrai, sinon... n (uidiar s'interrompt; il s’aperçoit que Inicie, absorbée dans sa douleur, ne l’a pas écouté: alors il va Termer à moitié le volet de la fenêtre, et revient; puis, il froisse la lettre entre ses mains et regarde Lucie. Il est delwut derrière elle et, comme par inspiration, fait un geste qui veut dire : Tu vas parier!... Et il continue, comme s’il lisait, en substituant sa propre idée au teste de la lettre qu’il ne regarde pas.) a SillOII, Luclc... (Élevant la t'nit pour attirer l’attention de Lucie.) il l'hcurC OÙ VOUS TCCCVrCZ CCttC
lettre, je serai déjà loin. Demain, je m'embarque : pour où, iiul ' ne le saura... Après-demain, j’aurai disparu de votre vie pour toujours ! »
LUCIE, bondissant.
11 est parti !...
DIDIER, froidement.
Vous l'entendez.
LUCIE
11 est parti, pour toujours? on ne sait où... Tu vas tout savoir, Didier... Oh! mahitenant, je te le jure... lu vas tout savoir 1
DIDIER
Enfin I...
LUCIE
Je vais parler avant de mourir, et vous léguer des remords éternels... mais je veuK qu’Alice, que Martin .soient présents... Je veux qu’ils entendent ma confession, car ce sont des amis, eux, et ils seraient là plus tard pour apprendre à mu fille a respecter ma mémoire... Dépéchez-vous, Didier... je n’ai plus beaucoup de temps... (aUcc et Martin entrent, appelés par Didier.)