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Lucien Simon

émouvante Procession dont s'enorgueillit notre Luxembourg, est un Parisien de Paris où 1l est né le 18 juillet 1861.

Sa famille appartenait à cette bourgeoisie aisée et instruite dont sont sortis quelques-uns de nos meilleurs artistes et de nos plus nobles savants.

La maison qu'elle habitait rue Cassette, à l'ombre des tours de Saint- Sulpice, était entourée de jardins; on ny entendait que le chant des cloches auquel se joignait, le printemps venu, le cri des hirondelles.

C'est dans le calme quasi-provincial de ce vieux quartier que s'écoula, quiète et contemplative, son enfance.

Quand :il fut en âge de s’instruire, il entra à l'école Bossuet et de là au lycée Louis-le-Grand. |

Le prince Karageorgewitch, qui fut alors son condisciple, nous dit, en un article ému et charmant, ce qu'était Lucien Simon à cette époque de sa vie. |

« Il était passionné d'art, mais au contraire de nous qui barbouillions nos cahiers et nos livres de classe, il était studieux et sérieux et ne dessinait que le dimanche. »

À dire vrai, 1l était partagé entre le goût de la peinture et celui des lettres et des mathématiques; il avait poussé assez loin l'étude de celles-ci, et pensait bien suivre la carrière scientifique où son frère Eugène Simon s'était déjà fait un nom comme naturaliste. D'autre part, il éprouvait quelques velléités littéraires.

Pourtant, lorsque le volontariat accompli, 1l put enfin songer à vivre sa vie, comme il avait eu TE PORTE-BANNIÈRE LUE

Fhot Em. Crevaux

. la douleur de perdre son père . | et que sa mère, qui l'adorait, lui laissait toute liberté, il résolut de se consacrer exclusivement à la peinture. Déjà le peintre Jules Didier qui fut, en 1857, le dernier des lauréats du Prix de Rome — paysage historique — lui avait donné quelques leçons.

Sa résolution prise, 1l se fit inscrire à | Académie Julian; mais il ne devait pas y rester longtemps.

Il y tira quelque profit de l'enseignement de Tony Robert-F leury, et se lia en outre avec quelquesuns de ceux qui devaient devenir ses amis, et être tres vite ses compagnons de victoire : Georges

Phot. Em. Crevaux

ÉTUDE, POUR 2 LA PROCRSS ON? Desvalhières, Dinet, et surtout

René Ménard, neveu du multiple et gémal Louis Ménard. Lucien Simon conte volontiers comment 1l fit la connaissance de René Ménard.

[l venait d'ébaucher une figure avec plus d'aisance que de coutume, et il déplorait l'obligation où le mettait la conscience scolaire de reprendre et de fatiguer ce morceau, lorsqu'une voix chaude l’arracha à sa préoccupation.

— C'est très bien, disait cette voix, n y touchez pas...

Fhot. Em. Crevaux

HOSPICE DE, VIFILLARDS

Simon se retourna : il vit alors un grand jeune homme brun, barbu, un peu fort, les yeux brillants d'intelligence.

— Je sentis, dit Simon, une amitié qui s'offrait, et jacceptai, bien que timide, l'invitation qu'il me fit de lui rendre visite.

René Ménard habitait tout au bout de la rue de l'Arbalète, une maison basse, précédée d'un jardin, qui fit se lever en Simon des souvenirs de petite enfance.

Pour arriver à son atelier, il fallait traverser un cabinet de travail; là, un fez persan sur la tête, perdu dans une montagne de livres et de paperasses, travaillait M. René Ménard père.

Accueil souriant, gaîté, estime, réconfort, Simon trouva tout cela dans cette maison d'artiste et de savant.

— Ce fut vraiment, ajoute-t-il, une nouvelle famille intellectuelle qui me fit une place à son foyer.

Phot. Em. Crevaux

LE PAVILELON BLEU (Esquisse)

Il se plait également à évoquer le souvenir de l'atelier de son ami Desvallières, aux côtés duquel il fit de laborieux efforts.

En outre, Desvallières, petit-fils de Legouvé, neveu de Paladilhe, l'initia à une vie intellectuelle plus intense et aussi plus moderne que celle de la rue Cassette, et le soutint aux heures douloureuses du découragement. |

Et, dès ce moment il semble bien que se fixe sa vie sentimentale

d'artiste; ses camarades, dont les ambitions sont communes et communes les idées, vont aller dans le monde et unir leur effort pour faire triompher ce qu'ils portent en eux de nouveauté.

Déjà Lucien Simon, dans son petit atelier de l'impasse du Maine, reçoit hebdomadairement quelques amis, et non pas seulement des peintres, mais des poètes, des musiciens, des auteurs dramatiques : Albert Guinon,

Phot. Em. Crevaux

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