‹ Lucienne dramevaudeville en deux actesChapitre 23 sur 57 · CAMPREDON, LÉON · texte numérisé non relu

CAMPREDON, LÉON

léom, seul.

Oui, l'affection de cet ange, le souvenir de cette journée me consoleront de ne plus revoir Amélie.

Air : Renaud de Mmtatéan.

Quand tu trahis tes serments et ma foi,

Tu voulus, ingrate Amélie,

Mettre un abîme entre ta vie et moi.

Mais ce jour, malgré toi, nous lie;

Tu refusas le cœur de ton amant,

Mais le salut, c'est lut qui te l’envoie,

Ce sera ma dernière joie,

Ma vengeance et Ion châtiment,

Du moins, subis ce châtiment.

campredon, entrant.

Me voici !...

LÉON

Déjà... monsieur... il n’est pas quatre heures.

CAMPREDON

C’est qu’il est des circonstances où il faut que l’exactitude soit en avance.

Douteriez-vous de moi, monsieur?...

CAMPREDON

Aucunement... on peut se laisser entraîner par de généreux penchants envers les femmes, et faire honneur à ses engagements de commerce... %

LÉON

Que voulez-vous dire ?

CAMPREDON

J’étais tout A l’heure chez un joaillier... un de vos domesti-

3 ues arrive pour rembourser un billet qui avait servi à payer es diamants à M 1U Fœdora...

LÉON

Ce n’était pas pour moi, monsieur, c’était pour Ovide.

CAMPREDON

Diable !... un commis à douze cents francs se permet de pareils cadeaux... Dans une maison où les subalternes vont de ce train-lâ, que doivent donc faire les maîtres?

LÉON

Mais, monsieur, quand je vous répète...

CAMPREDON

Au reste cela ne me regarde pas... et quand vous auriez admiré au même prix tout le corps de ballet de Marseille...

LÉON

Finissons, monsieur... Voici en payement de ce que je vous dois des valeurs excellentes, du papier Andiol.

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