ACTE II, SCÈNE VII
San9 doute, madame... {A part, regardant Campredon.) Ah! mon Dieu, si on allait croire... Je n’y songeais pas... (Haut.) C’est mon frère.
Jl mc de cAixay.
Votre frère!...
campredon, s’arrêtant. *
Son frère !...
M me de cernay, bas à Campredon.
Je croyais que c’était l’heure de la Bourse...
CAMPREDON
A! vous avez un frère?
Oui, monsieur...
CAMPREDON
Qui habite avec vous?...
Sans doute...
CAMPREDON
Ah! c’est bien!... C’est très-bien.
Comment, c’est bien que j’aie un frère ?...
CAMPREDON
Pardon, mon enfant... C’est que voyez -vous, je vous avais méconnue...
Vous voulez dire, peut-être, que vous ne me reconnaissiez pas?
' campredon, à M me de Cernay.
Madame, il y a longtemps que j’ai envie d’envoyer des tableaux aux Etats-Unis.
M me DE CERNAY.
Vous vous entendez donc en peinture... à présent?
CAMPREDON
Pas beaucoup... mais si on avait une personne de confiance... mademoiselle, par exemple...
Ah oui! monsieur, donnez-moi à travailler...
, CAMPREDON
Je voudrais des levers de soleil...
Oh oui ! c’est joli à faire...
CAMPREDON
Trois douzaines de levers de soleil !...
Je ne pourrai pas varier...
* de G., C., Lu.
CAMPREDON
Toujours le même... Je vendrai en masse... Puisdes effets de neige... •
Oh oui!... delà neige !...
CAMPREDON
Une grosse d’effets de neige.
Une grosse!...
CAMPREDON
Douze douzaines...
M m ® DE CERNAV.
Il a raison, il ne s’y connaît pas beaucoup...
Voilà pour plusieurs années de travail... Mon frère! mon bon frère!...
M me DE CERNAY.
Eh bien ! mon cher monsieur Campredon !...
• Lucienne, à part.
>l me DE CERNAY.
Vos souvenirs auront, désormais leur ange comme ils ont leur fléau.
Lucienne, à part.
C’est donc cela que je retrouvais dans sa figure!...
M me DE CERNAY.
Qu’avez-vous, mon enfant, vous paraissez troublée?
C’est que vous sembliez parler à monsieur d’un malheur qui lui serait arrivé... Et cela m’aurait bienfait de la peine...
CAMPREDON
Oh ! rien... une chose que vous n’étes pas faite pour comprendre et pour connaître... Un homme à qui je ne donnerai jamais devant tous que le nom de mon fléau !... Je ne voulais
E as d’autre ami que lui, d’autre famille que la sienne!... Eh ien! il a trompé la confiance que je lui apportais; et dans sa caisse, il s'est trouvé manquer des fonds dont il n’a pu justifier l’emploi, car ils étaient dépensés pour une passion coupable... Enfin ce que j’appelle, en affaire, un véritable vol !...
Un vol!... Mon Dieu! que dites-vous là?...
CAMPREDON
Grâce à lui, mes plus chères espérances, mes plus douces illusions... faillite complète... Oublions tout ceci, mon enfant, et songez à mes couchers de soleil...
Un instant , monsieur Campredon... j’ai encore quelques anciennes miniatures de famille que je veux faire restaurer et monter en bijoux, car aujourd’hui c’est la mode , on porte sa grand’mère en broche, et son oncle en épingle. Et mainte--