RUE RACINE
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En accordant une place dans notre Collection des CONTEURS DU xviii^ SIÈCLE aji roman devenu introuvable que nous présentons aux amateurs de littérature légère, nous n'avons pas la prétention de tirer de V oubli un modèle de compositio)i, de style et de goût.
Noîis ne partageons pas Vopinion des snobs de lettres qui professent pour Restif de la Bretonne, une admiration que ne jxistifie pas la valeur littéraire des nombreux ouvrages sortis de sa plume.
Les romans de cet auteur de troisième ordre sont généralement d'une pauvreté d'invention déconcertante, et écrits dans un style tantôt Irivial et tantôt prétentieux, mais toujours incorrect. Ils sont, cependant , pleins de mouvement et de couleur, et nous donnent, sur les mœurs de la seconde moitié du X VHP Siècle et, en particulier, de V époque de la Révolution, de précieux renseignements de détails .
Restif de la Bretonne, né en iy^4 à Sacy, près de Vermenton, dans V Yonne, est mort à Paris, en 1802. Fils d'un simple laboureur, il entra de bonne heure, comme apprenti compositeur, che:^ un imprimeur d'Auxerre, puis vint à Paris, oii il fut employé comme ouvrier à VImprimerie royale. Doué d'une imagination ardente, et dominé par des préoccupations continuelles de libertinage, il se mit à étudier les mœurs populaires, et à les décrire avec un réalisme souvent cynique.
Ses ouvrages ctirciit auprès de ses contemporains lin réel succès de cnriosité, dû principalement aux scènes licencieuses qu'il se plaisait à décrire avec un luxe de détails scandaleux, et avec une franchise parfois trop peu déguisée.
D'une fécondité surprenante, Restif écrivit un nombre incalculable de romans, dans la plupart desquels il se peint lui-même, ou raconte des aventures dont il a été le héros, soit qu'il se mette personnellement en scène, soit qu'il déguise sa personnalité sous le nom des héros de ses récits.
Ses œuvres les plus célèbres sont : L'Histoire de M. Nicolas, Le Paysan perverti, La Paysanne pervertie, Les Contemporaines, etc.
Lucile, que nous publions aujourd'hui, a eu les honneurs de plusieurs éditions successives. Elle parut pour la première fois en iy68. Restif, étant venu rendre visite à sa famille, à Sacy, en rapporta le sujet, que lui avait fourni son frère, l'abbé Thomas, nous dit M. Assénât dans la savante préface qu'il a consacrée à une récente édition des Contemporaines. A son retour à Paris, il écrivit ce petit roman dans l'espace de cinq jours, et ne le vendit que cinq louis.
Nous avons complété le présent volume par deux nouvelles asse^ vivement traitées, que nous empruntons jî/jf Contemporaines.
Les nombreux lecteurs qui ont accueilli notre Collection avec tant de faveur , pourront se faire une idée, d'après l'ensemble de ce livre, du genre qui a valu à Restif de la Bretonne une réputation que la plupart des délicats de lettres jugent véritablement surfaite.
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