‹ Lucrèce BorgiaChapitre 111 sur 227 · L.V REI.NE · texte numérisé non relu

L.V REI.NE

Mais c'est l'heure où le conseil étroit va s'assembler. 11 n'y a eu ici jusqu'à cette heure que la femme, il faut laisser entrer la reine.

FABIAM

Je veux, luoi. que la fenune fasse attendre la reine à la porte.

LA REINE

Vous voulez, vous! vous voulez, vous! Regardez-moi, mylord. Tu as une jeune et charmante tète, Fabianol

C'est vous qui êtes belle, madame 1 Vous n'auriez besoin que de votre beauté pour être toute-puissante. Il y a sur votre tète quelque chose qui dit que vous êtes la reine,

lolRNÉE II. — LA HEL.NE. 17,-

mais cela est encore Ijien mieux écrit sur votre front q\iv sur votre couronne.

Vous me flattez I

Je t'aime.

FADIAM

Tu m'aimes, nesl-ce pas? Tu n'aimes que moi".' lledis-lemoi encore comme cela, avec ces yeux-là. Hélas 1 nous autres pauvres femmes, nous ne savons jamais au juste ce qui se passe dans le cœur d'un homme. Nous sonnnes oblifrées d'en croire vos yeux, et les plus beaux, Fabiano, sont quelquefois les plus menteurs. Mais dans les tiens, mylord, il y a tant de loyauté, tant de candeur, tant de bonne foi, ({u'ils ne peuvent mentir, ceux-là, n'est-ce pas? Oui, ton regard est naïf et sincère, mon beau page. Oh! prendre des yeux célestes pour tromper, ce serait infernal. Ou tes yeux sont les yeux d'un ange, ou ils sont ceux d'un di'mnn.

FVBIVM

Ni démon ni ange. Un homme ([ui vous aime.

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