I.V r.KFM
(lui, mxlord. — • Cerlainemenl, je n'ai pensé qu'à vous, l'ellement que j'ai songé à vous ménager une surprise agréable à votre retour.
FABIAM
Conmient ! quelle surprise'/
r.v va:im:
Une reiicoiiU'o qui vous fera plaisir.
F.VDFAM
La rcnconlrc de qui V
Devinez. — • Vous lie devinez pas?
r\r.iA.\r .Non, madame,
i,\ iiF.i-\r; Tournez-vous.
li ^;' l'i'Iounii' l'I ;i|ii'iviiit .1,1111' -^ui' 11' -.l'uii ili- l.i |ii'lili' piirlr l'iilr uuvi'iii-. FAUI.VM, ;\ |uil.
Jane :
JAM', ii pari.
Cesl luil
I,A r.KFXE, loujuiirs avi'r un souiiii . Mvlord, eounaissez-vous celle jeune lilli ?
.Non, madame !
lA i;ki.m-; Jeuni' lille, eoirnaissez-\ous mylord '.'
,ïAM-; |ja vérih' avani la vie. Oui, madame.
l.A r.F.IXE
Ainsi, mylord, vous no connaissez pas celle femme V
FABIAM
.Madame, on veul me perdre. Je suis enloun' d'emieniis.
Cettt' t'emiiie est liguée avec eux sans doute. Je ne la coiniais pas, madame ! je ne sais pas qui elle est, madame !
I,\ PiEIXE, se levant iH lui Irappanl le visage de son gant.
Ah 1 lu es un lâche I — • Ah I lu traliis l'une et tu renies l'autre ! Ali ! tu ne sais pas qui elle est ! Veux-lu que je te le dise, moi ? Cette femme est Jane Talbot, tille de Jean Talhoi, le bon seigneur catholique mort sur l'échafaud pour ma mère. Cette femme est Jane Talbot, ma cousine ; Jane Talbol, comtesse de Shresvsbury, comtesse de Wexford, com- Irsse de Waterford, pairesse d'Angleterre ! Voilà ce que c'est (|iie celle femme ! — l.ord Paget, vous êtes commissaire du sceau privé, vous tiendrez compte de nos paroles. La reine d'Angleterre reconnaît solennellement la jeune femme ici jtrésente pour Jane, fdle et unique hérilièrc du dernier comte de Waterford. iMoniiant les papiers.) — Voici les lilrcs et les jireuves, que vous ferez sceller du grand sceau. C'est noire plaisir, /a Falnani.) — Oui, comtessc de Waterford î et cela est prouvé ! et tu rendras les biens, misérable ! — Ah ! lu ne connais pas celle femme I Ah I tu ne sais pas qui est celle fenniie ! Kh bien, je le l'apprends, moi ! c'est Jane Talbol !
el l'aul-il l'eu dire plus encore '.'... (Le regardant en lace, à voix ha^sn,
.niii' le. ii.'Mi-.. — Lâche 1 c'est la maîtresse '
Madan
Voilà ce qu'elle est. Maintenant, voici ce que tu es, toi. — Tu es un homme sans àme, un homme .sans creur, un homme sans esprit ! lu es un fourbe el un misérable ! tu es...
— l'ardieu, messieurs, vous n'avez pas besoin de vous éloigner. Cela m'est bien égal que vous entendiez ce que je vais dire à cel homme ! Je ne baisse pas la voix, il me semble.
— Fabiano, lu es un misérable, un traître envers moi, un lâche envers elle, un valet menteur, le plus vil des lionnnes, le dernier di'S honmies ! Cela est pourlanl vrai, je t'ai fait eotiile de Claiibrassil, baron de Dinasmoiiddy, quoi encore'.' baron de l)arlmoulh en Devonshire. Lli bieii.c'esl tpu; j'étais bille 1 Je vous demande pardon de v(»ns avoir l'ail coudoyer par cel boinme-là. mvlords. Toi, chevalier ! loi, genlil-
liDiunic! lui, scigiiour ! Mais compare-toi donc un peu à ceux {pii sont cela, niiséra])Ie ! mais regarde, en voilà autour de toi, des genlilsliommcs ! Voilà Bridges, baron Chandos ; voilà Seymour, duc de Somerset ; voilà les Stanley, qui sont comtes de Derby depuis l'an quatorze cent quatrevingf-cinq ! voilà les (ïlinton, qui sont barons Clinton depuis douze cent ({uatrevingt-dix-huit ! Est-ce que tu tiniagines que tu ressembles à ces gcns-là, toi ? Tu te dis allie à la famille espagnole de Peiialver, mais ce n'est pas vrai, tu n'es qu'un mauvais italien, rien, moins que rien! lils d'un chaussetier du village de Larino 1 — Oui, messieurs, (ils d'un cliaussetier 1 Je le savais, et \o ne le disais j)as, et je le cacbais, et je faisais semblant de croire cet homme quand il parlait de sa noblesse. Car voilà comme nous sommes, nous autres femmes. 0 mon Dieu ! je voudrais qu'il y eût des fennnes ici, ce serait une leçon pour toutes. Ce misérable ! ce misérable ! il trompe une femme et renie l'autre ! Infâme ! certainement tu es bi(^n infâme ! Comment ! depuis que je parle il n'est pas encore à genou.v ! A genoux, Fabiani ! Mvlords, mettez cel iionune de force à uenoux !
Votre majesté.
Ce misérable, t(ue j'ai comblé de bienfaits! ce laquais napolitain, que j'ai fait chevalier doré et comte libre d'vVngieterre ! Ah ! je devais m'ai tendre à ce qui arrive ! On m'avait liien dit que cela (inirait ainsi. Mais je suis toujours comme cela, je m'obstine, et je vois ensuite (pie j'ai eu tort. C'est ma faute. Italien, cela veut dire fourbe ! Napolitain, cela veut dire lâche! Toutes les fois que mon père s'est servi d'un italien, il s'en est repenti. Ce Fabiani! Tu vois, lady Jane, à quel homme tu t'es livrée, malheureuse enfant! — ^ Je te vengerai, va! — Oh! je devais le savoir d'avance, on ne peut tirer autre chose de la poche d'un italien qu'un slylet, et de l'àme d'un italien que la trahison !
Madame, je vous jure...
1!IG MARIE TUDOU.
11 va se parjurer, à présent ! il sera vil jusqu'à la lin ; il nous fera rouiiir jusqu'au bout devant ees hommes, nous autres faillies l'emmes qui l'avons aimé! il ne relèvera seulement pas la tête !
Si, madame! je la relèverai. Je suis perdu, je le vois bien. Ma morl est décidt'e. Vous emploierez tous les moyens, le poignard, le poison...
I.\ l'iKI.NE, lui juviiant les iiiaiiis rt l'aUii'anl vivement sur lo ilevant ilu lliéàlii-.
Le poison! le poignard! ijue dis-tu Là, italien? la vengeanee traître, la vengeance honteuse, la vengeance par derrière, la vengeance comme dans ton pays! Non, signor Fahiani, ni poignard, ni poison. Est-ce que j'ai à me cacher, moi? à chercher le coin des rues la nuit, et à me l'aire petite ijuand je me venge? Non, pardicu! je veux le grand jour, rnlcnds-tu, niylord? le plein midi, le beau soleil, la place publiiiuc. la hache et le billot, la foule dans la rue, la foule aux fenêtres, la foule sur les toits, cent mille témoins! Je veux qu'on ait peur, entends-tu, mylord! ({u'on trouve cela splendide, elîroyable et magnilique, et qu'on dise : C'est une femme qui a été outrager, mais c'est une reine qui se venge! Ce favori si envié, ce beau jeune homme insolent que j'ai couvert de velours et de satin, je veux le voir plié en deux, effaré et tremblant, à genoux sur un drap noir, pieds nus. mains liées, hué par le penpL-, manié par le bourreau. Ce cou blanc où j'avais mis un collier d'or, j'y veux mettre une corde. J'ai vu (|uel elîet ce Fahiani faisait vur un Irônc. \r veux voir nue! cn'cl il fera sur un l'chafaud.
Madame...