‹ Lucrèce BorgiaChapitre 161 sur 227 · I.A IIKI.NE · texte numérisé non relu

I.A IIKI.NE

(Juoi? que dis-tu? i'erds-tn la raison? Esl-ce (juo lu nie trompais aussi, toi? Ah! c'est ce Gilbert que lu aimes! Eli liien, que m'importe?

.lOURNÉE III. — LEQUEL DES DEUX/ -iH

JAMC. lii'isée, aux pieils Je la reine, saiiglotaiit. ^r lr;iÎM;iiil sur If s genoux, les mains jointes,

l.:i ;;rH--f cliidii' (iiilo |ion(l:inl lonti"" ci'Ko sri'Mi',

Machiiiic, |);ii' \n[U'\ iiiadanic, au iioiu du ciul! juailauic, |)ar voln- cnuroiiiii', par voire iiirre, par les ang(?s! (iilltcri ! (iilltcri ! cela nie rend folle! Madame, sauvez Gilherl 1 Ce! Iioiiiiiie, c'est ma vie; cet homme, c'est mon mari; (•(•! Iionnne... j(! viens de vous dire qu'il a lout fait pour moi. ([ii'il m'a élevée, qu'il m'a. adoptée, qu'il a renqilacé près de mon berceau mon père qui est mort pour voire mère Madame, vous voyez liien que je ne suis qu'une pauvre misérable et qu'il ne faut pas être sévère pour moi. (le que vous venez de me dire m'a donné un coup si lerrible, que je ne sais vraiment pas comment j'ai la force de vous |)arler. Je dis ce que je ])eux, voyez-vous. Mais il faut que vous fassiez sus|)endre lexécution. Toul de suite. Suspendre l'civéculion. Iiemeltre la cbosi- à demain. Le temps de se reconnaître, voilà lout. Ce [leuple peut bien attendre à demain. Ntuis verrons ce que nous ferons. Non, ne secouez pas la tète. Pas de danger poin- votre Fabiano. C'est moi • |ue vous mettrez à la place. Sous le voile noir. La nuit. Qui le saura? Mais sauvez Gilbert! Ou'est-ce que cela vous fait, lui ou moi? Enlin! puisque je veux bien mourir, moi! — l)b! mon Dieu! cette cloche, cette aiïreuse cloche! (ihacun des coups de cette cloche est un pas vers l'irhafaud. Chacun des coiq)s de cette cloche l'ra])pe sur mon cœur. — Faites cela, madame, ayez pitié! Pas de danger [)our votre Fabiaiui. Laissez-moi baiser vos mains. Je vous aime, madame. Je ne vous l'ai pas encore dit, mais je vous aime bien. Vous êtes une grande reine. Voyez comme je baise vos belles mains. (Ih! un ordre pour suspendre l'exécution! Il est encore temps. Je vous assure que c'est très possible. Ils vont lentement. Il y a loin de la Tour au Vieux-Marché. L'homme du balcon a dit qu'on passerait par Charing-Cross. Il v a un chemin plus court. Lu hoinine à cheval arriverait encore à temps. An nom du ciel, mailame, ayez piti(''l Enfin, mettezvous à ma place, supposez que je sois la reine et vous la pauvre fille, vous pleureriez comme moi, et je ferais grâce. Laites grâce, madame! Oh! voilà ce que je craignais, cpie les larmes ne m'empêchassent de parler. Oh! tout de suite. Suspendre l'exécution. Cela n'a pas d'inconvénient, madame.

2« MARIE TIinOR.

l'as do danger pour Fal)ian(), je vous jure. Esl-oo que vrain\cn\ vous ne Irouve/. ]»as qu'il Faut faire ce que je dis, uiadaïueV

LA ItriM-:. ;iIlr'iMlrii' i-l l;i i-eln\oul.

Je le voudrais, malheureuse. Ali! tu pleures, oui, comme je pleurais, ee que tu éprouves je viens de l'éprouver, me.s anjioisses me l'ont oompalir aux tiennes. Tiens, tu vois que je jdeure aussi. (l'est bien malheureux, pauvre enfant ! Sans doute, il senihle lùen qu'on aurait pu en prendre un autre. Tvreunnel, par exemple; mais il est trop connu, il fallait un homme oliscur. On n'avait que celui-là sous la main. Je t'explique cela pour que tu comprennes, vois-tu. Oh! mon hieu! il v a de ces fatalités-là. On se trouve pris. On u'v iieiil rien.

Oui. je vous ('conte hien, madame. l'.\-^\ cdinme moi. j'aurais encore |diisieurs choses à vous dire. Mais je voudrais i|ue l'ordre de suspendre l'exécution fui signé cl l'homme jtarli. Ce sera une chose faite, voyez-vous. Nous parlerons mieux après. Oh! cette clochel toujours celle cloche!

lA ISKIM-:

(le cpie lu veu\ esl inq)Ossihle, lady Jane.

.Si. c'esl possiide. LU homme à che\al. 11 ) a nu chemin lits court, l'ar le quai. J'irais, moi. (l'est possihie. (l'esi f;i(ili'. Vous \()\('7. ipie je parle avec d(»ucem'.

lA hfim;

Mais le peuj)le ne voudrait pas. Mais il reviendrait loul massacrer dans la Tour. Et Fahiano y esl encore. Mais comprends donc. Tu trembles, pauvre enfant! moi, je suis comme toi. je Iremhle aussi. Mets-toi à ma place à ton tour. Enfin, je pourrais hieu ne pas prendre la peine de l'expliquer loul cela. Tu vois que je fais ce V[ue j(^ ])eux. Ne songe jihis à ce Gilherl, Janél C'est fini. Résigne-toi!

lOrP.NKE III. — I.FQL'EL DES DEUX

Fini! Non, ce n'est pas fini! non! tant que tx-tte horrililc cloche sonnera, ce ne sera pas fini! Me résigner à la mort de (lillK-rl! Est-<'e que vous croyez que je laisserai mourir (iilherl ainsi? Non, madame. Ah! je perds mes peines! Ah! vous ne mWoutez pas! Eh bien, si la reine ne m'entend pas, le peuple m'entendra! Ah! ils sont hons, ceux-là, vove/vous! Le peuple est encore dans celte cour. Vous ferez de moi ensuite ce que vous voudrez. Je vais lui crier qu'on le lromi)e, et que c'est Gilherl, un ouvrier comme eux, et que ce n'est pas Fahiani.

Arrête, misérahle enlant ! lEIle lui saisil le bras ot la ref:ar.le

ii\.iiu'iii d'un air i.niiiiiiahio.i — Ah! tu le prcuds aiusi ! Ah! je >nis bonne et douce, et je pleure avec toi, et voilà que lu deviens l'olle et furieuse! Ah! mon amour est aus.si j^raiid i[ue le tien, et ma main est plus forte qu<' la tienne. Tu ne l)Ouj.feras pas. Ah! ton amant! Que m'importe Ion amant V Ksl-<e que toutes les lilles d'Angleterre vont venir me demander compte de leurs amants, maintenant ? l'ardieu ! je >auve le mien comme je peux et aux dépens de qui se trouve là. Veillez sur les vôtres!

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Laissez-moi! — (ili! ie vous maudis, méchante femme!

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