‹ Lucrèce BorgiaChapitre 185 sur 227 · C\T\RIN.V · texte numérisé non relu

C\T\RIN.V

CAT.Vni.W

Madame...

Caché !

Vous vous trompez !

Ah! tenez, ne niez pas. Il était là! Vos places sont encore marquées par vos fauteuils. Vous auriez dû les dérang(!r au moins. Et que vous disiez-vous? Mille choses tendres, n'est-ce pas? mille choses charmantes, n'est-ce pas'.' Je t'aime! je t'adore! je suis à toi!... — Ah! ne me touchez pas, madame!

Je ne puis comprendre...

L\ TISBE

Et vous ne valez pas mieux que nous, mesdames! Ce que nous disons tout haut à un homme en plein jour, vous le lui balbutiez honteusement la nuit. Il n'y a que les heures de changées ! Nous vous prenons vos maris, vous nous prenez nos amants. C'est une lutte. Fort bien. Luttons! Ah! fard, hypocrisie, trahisons, vertus singées, fausses femmes que vous êtes! Non, pardieu! vous ne nous valez pas! Nous ne trompons personne, nous ! Vous, vous trompez le monde, vous trompez vos familles, vous trompez vos maris, vous tromperiez le bon Dieu, si vous pouviez! Oh! les vertueuses femmes qui passent voilées dans les rues! Elles vont à

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l'i-gliso, ranp'Z-vous donrl inclinez-vous donr! prostcrnrzvous donc! Non, no vous rangez pas, ne vous inclinez pas. ne vous prosternez pas, allez droit à elles, arrachez le voile, derrière le voile il y a un masque, arrachez le masque, derrière le masque il y a une bouche qui ment ! — -Oh ! cela m'est égal, je suis la maîtresse du podesta, et vous êtes sa femme, et je veux vous perdre !

CATAUINA

(irand Dieu 1 madame.

Où est-il?

Oui ?

Lui

Je suis seule ici. Vraiment seule. Toute seule. .le ne comprends rien à ce que vous me demandez. Je ne vous connais pas, mais vos paroles me glacent d'épouvante, madame! Je ne sais pas ce que jai fait contre vous. Je ne puis croire (|ur vous avez un intérêt dans tout ceci...

Si j'ai un intérêt dans ceci! Je le crois bien, que j'en ai un! Vous en doutez, vous! Ces femmes vertueuses sont incroyables î Est-ce que je vous parlerais comme je viens de vous parler, si je n'avais pas la rage au cœur! Qu'est-ce que cela me fait, à moi, tout ce que je vous ai dit? Qu'est-ce que cela me fait que vous soyez une grande dame et que je sois une comédienne? Cela m'est bien égal, je suis aussi belle que vous! J'ai la haine dans le cœur, te dis-je, et je t'insulte comme je peux! Où est cet homme? Le nom de cet homme? Je veux voir cet homme! Oh! quand je pense qu'elle faisait semblant de dormir! Véritablement, c'est infâme!

JOUP.NKE II. — LE CRUCII'IX.

CATAHINA

lliou! mon Dieu! ([iiV'sl-ce ([ue je vais devenir'.' Au nom du liel, madame! si vous saviez...

I,\ TISBK

Je sais f[u'il y a là une poiie! je suis sure qu'il est là!

CVTAItlW

C esl mon oratoire, madame. lUen autre chose. Il n'y a personne, je vous le jure. Si vous saviez! on .vous a trompée sur mon compte. Je vis retirée, isolée, cachée à tous les yeux...

LA TISnK

Le voile!

CATAUIINA

(]'csl mon oratoire, je vous assure. Il n'y a là que mon prie-Dieu et mon livre d'heures...

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