‹ Lucrèce BorgiaChapitre 184 sur 227 · SCÈNE V C.\TAR1>A, LA TISBE · texte numérisé non relu

SCÈNE V C.\TAR1>A, LA TISBE

Entre la Tisbe, i>àle, une lampe à la main. Elle avance à pas lents, regardant autour d'elle. Arrivée à la table, elle examine le llambeau qu'on vient d'éteindre.

LX TISBE Le flambeau fume encore. (Elle se touine, apon-oit le lit, y couit et

tiio le rideau.) — Elle est sculc. Elle fait semblant de dormir.

lElle se met à l'aire le tour de la clianibro. examinant les portes et le mur.)

■ — Ceci est la porte du mari, i Heurtant du revers de la main sur la poitc

de l'oratoire qui est luasquée dans la tenture. » — Il y a ICI Une porte.

Calarina s'est dressée sur son séant et la regarde faire avec slujieur.

CAT.VRI.N.V

(Qu'est-ce que c'est ^[ne ceci?

Ceci? ce que c'est? Tenez, je vais vous le dire. C'est la maîtresse du podesta (jui tient dans ses mains la fennnc du podesta.

CATAKl.NA

Ciel!

Ce que c'est que ceci, madame? C'est une comédienne, une fille de théâtre, une baladine, comme vous nous appelez, qui tient dans ses mains, je viens de vous le dire, une grande dame, une femme mariée, une femme respectée, une vertu ! qui la lient dans ses mains, dans ses ongles, dans ses

dents! (iiii jicut on faire re qu'elle voudra, de cette grande dame, de celle bonne renommée dorée, et qui va la déchirer, la mettre en pièces, la mettre en lam])eaux, la mettre en morceaux! Ah! mesdames les grandes dames, je ne sais pas ce qui va arriver, mais ce qui est sur, c'est que j'en ai une là sous mes pieds, une de vous autres! et que je ne la lâcherai pas! et qu'elle peut être tranquille! et qu'il aurait mieux valu pour elle la foudre sur sa tète que mon visage devant le sien! Dites donc, madame, je vous trouve hardie d'oser lever les yeux sur moi quand vous avez un amant chez vous!

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