‹ Lucrèce BorgiaChapitre 187 sur 227 · I.A TISBE · texte numérisé non relu

I.A TISBE

Ah! c'est votre mari qui l'a! — Monseigneur Anpelo.

Anselo ! An^elo! .Elle veut courir à la porle ilu fond, C.itariiia se jette ilevanl el la retient. ■

CATARI-XA

Non! vous n'irez pas à cette porte! Non. vous n'irez pas! Je ne vous ai rien fait. Je ne vois pas du tout ce que vous avez contre moi. Vous ne me perdrez pas, madame. Vous aurez pitit^ de moi. Arrêtez un instant.

JOUP.NtE II. — LE CUUCIFI)^. Ô05

Vous allez voir. Je vais vous expliquer. Un instant, seulement. Depuis que vous êtes là, je suis tout étourdie, tout effrayée, et puis vos paroles, tout ce que vous m'avez dit, je suis vraiment troublée, je n'ai pas tout compris, vous m'avez dit que vous étiez une comédienne, que jetais une irrande dame, je ne sais plus. Je vous jure qu'il n'y a personne là. Vous ne m'avez pas parlé de ce sbire, je suis sûre cependant que c'est lui qui est cause de tout. C'est un liomme affreux, qui vous trompe. Un espion! On ne croit pas un espion! Oh! écoulez-moi un instant. Entre femmes, on ne se refuse pas un instant. In homme que je prierais ne serait i)as si bon. Mais vous, ayez pitié. Vous êtes trop belbjiour être méchante. Je vous disais donc que c'est ce misér;d)le honnne, cet espion, ce si)ire. 11 suïlit de s'entendre, vous auriez repret ensuite d'avoir causé ma mort. Réveillez |)as mon mari. Il me ferait mourir. Si vous saviez ma position, \ous nie plaindriez. Je ne suis pas cou[»able, pas très eou[)alile, vraiment. J ai peut-être fait quel([ue imprudence, mais c'est (|ue je n'ai plus ma mère. Je vous avoue que je n'ai plus ma mire. Oh! ayez pitié de moi, n'allez pas à celte porte, je vous en prie, je vous en prie, je vous en prie!

C'est tini! Non! je n'écoute plus rien! Monseij^neur ! mon-

;fT.w..,nl

Arrêtez! Ah! Dieu! Ah! arrêtez! Vous ne savez donc pas ([uil va me tuer! Laissez-moi au moins un instant, encore un petit instant, pour prier Dieu! Non, je ne sortirai pas d'ici. Voyez-vous, je vais me mettre à genoux là... dui montraiit

le crucifix de cuivre aii-tlç>sus ilu prie-Dieu — devant CC CrUClfJX. iL'œil

(le i:i Tisbc s'aiiaciieaucruciiix.i — Oh! tcucz. [)ar «^ràce, priez à côté de moi. Voulez-vous, dites? Ut puis après, si vous voulez toujours n»a mort, si le bon Dieu vous laisse celle pensée-là, vous ferez ce (jue vous voudrez.

L\ TISDX Elle se précipite sur le crucifix el l'arrache ilu mur.

Qu"est-<e (jue c'est que ce crucilix? D'où vous vienl-il? D'où le tenez-vous? Qui vous l'a donné?

LATARI.NA

Quoi'? ce LTiRilixV Oh! je suis anéantie. Oh! cela ne vous <ert à rien de me faire des questions sur ce crucifix!

Comment est-il en vos mains? dites vite!

Le flambeau est resté sur uae crédence près du balcon. La Tisbe s'en approche et examine le crucilix. Calarina la suit.

Kh liien, c'est une femme. Vous regardez le nom qui est au has. C'est un nom que je ne connais pas. Tisbe, je crois. C'est une pauvre femme qu'on voulait faire mourir. J'ai demandé sa grcàce, moi. Comme c'était mon père, il me l'a accordée. A Brescia. J'étais tout enfant Oh! ne me perdez pas, ayez pitié de moi, madame! Alors la femme m'a donné ce crucifix, en me disant qu'il me porterait honheur. Voilà tout. Je vous jure que voilà bien tout. Mais qu'est-ce que cela vous fait ? A ijuoi bon me faire dire des choses inutiles '! Oh ! je suis épuisée!

Page 1