SCÈNE III
ORFEO, GABOARDO, HOMODEI
ORFEO, examiiiîinl Homodei.
Tiens! c'est celui de tout à l'heure.
C'est un jeune yentillionime qui la lue, et qui s'en est allé à ;;rands pas quand je suis arrivé. Lu beau jeune homme, ma foi.
ORFEO
Est-il tout à fait mort?
il en a l'air.
ORFEO
Secoue-le donc un peu. — Mais il n'a presque pas coulé de sang de la blessure.
G.VBO.VRDO
Elle n'en est pas meilleure.
IIO.MODEI, ouvraiil Ic-^ yuiix.
Oh! — Où suis-je? Ah! j'élouiïe! C'est loi, Orfeo! C'est Ion compagnon, cela? — Ah! — Prenez ma bourse, là, dans ma poche. Elle est pour vous.
Orlco le l'ouille GABOARDO, ù Orleo.
i\e le donne pas la peine. Je l'ai déjà prise.
HOMODEI
J'cnlends que tu las déjà prise. C est bien. Tu parais iutelliyenl. Je vais t'expliquer, à toi, ce qu'il [faut faire. 11 y
.•1 une tli'f aussi dans ma poche. — (Mil lu lur fais mal. — C'est égal, priiuls-la. Bien. C'est la elet" de ce tiroir. Va l'ouvrir. Comment l "appelles-tu?
(ialioardo.
(ialtdardo. liien. Ouvre le tiroir. 11 y a un pa|»ier. Apporte-le. lîieii. Il faudra l'aller porter au podesta.ce papier, i'jitejuls-lu? coni|trends-tu'? Au podestu. Ce papier. Ùli ! je suis mortl (Quelque chose pour écrire.
OKFKO
Kci'ire! (ju'est-ce que c'est que cela?
vous u avons rien.
Uien pour écrire! Soyez maudits! 'il ridmibo. |.ui- >c relève. i Eh bien, écoulez. Ecoute, Gaboardo. Vous irez trouver le podesta, monseigneur Malipieri, avec ce papier, qui est une lettre. Vous entendez? Il vous donnera cent sequins d'or. Vous entendez? Vous lui direz, au podesta, que celte lettre est adressée à sa femme, par un amant de sa femme... oh! j'étouffe!... nommé Rodolfo. Oui s'appelle liodolfo. Dont le nom est Rodolfo. Retenez bien cela. Oh! je vais mourir, mais ma vengeance reste dehors. Oh! si c'est vous c[ui m'enterrez, vous laisserez mon bras hors de terre, droit et levé, pour ligurer ma vengeance. l\odolfo! vous comprenez? Allons! qu'est-ce que je vous ai dit? Répétezle-moi.
Vous avez dit qu'on nous donnerait cent sequins d'or.
Damnation! Ce n'est pas cela. Tenez-moi la tète, que je vous |)arle encore. Ecoutez bien. Les cent sequins d'or, le podesta ne vous les donnera que si vous lui dites bien...
JOURNEE lil. — LE LLANC POIT. LE XOIP.. Ô2l
Alil — Ecoutez. Lui porter la lettre. Au podesta. Sa femme a un amant. Le lui dire. Qui a écrit la lettre. Le lui dire. Qui s'appelle Rodollo. Le lui dire. Lui dire tout. Allons I je sens que jétouffe. Le sang est là. Levez-moi encore la tète. 0 misère I mourir, et ne pouvoir confier sa vengeance qu'à ces imbéciles 1 Vous entendez? Rod... Rodo... olfo! (Sa tùic
rclombc.i
Mort. Vite chez le podesta. Cent sequins d'or. Diable I Jai la lettre? Oui. Te souviens-tu bien de tout, Orfeo? Dire au podesta que sa fenmie a un amant, qui a écrit cette lettre, et qui s'appelle?... Comment a-l-il dit?
OKFEO
Il a dit Roder igo.
(;.\iJOAi;[io Non. il a dit l'andolfo.
DLLXILML i'AUTlL
La cliaiiil)re île CaUiiina. Les rideaux île l'eslrailc i|ui i-uvironne Ir- lil sont fenués.
scLne phe.mièue
ANCKLd. DEUX PrîKÏKES
A.NCjtLO, au 1 icMuiLT (les ilcuï prêtres.
Monsieur le doyen de Saint-Antoine de Padoue, faites tendre de noir sur-le-<liamp la nef, le chœur et le maîtreautel de votre église. Dans deux heures, — dans deux lieures, — vous y ferez un ser\ice solennel pour le repos de l'àme de quelqu'un d'illlnstn! qui mourra en ce moment-là même. Vous assisterez à ce service avec tout le chapitre. Vous ferez découvrir la châsse du sainte Vous allumerez
Ô22 AN(JELO.
trois cciits ll.inilicaux de cire blancliL'. coninic iiour les reines. Vous aurez six eents pauvres qui reeevront cliaeun un dueaton d'areent et un secjuin dor. Vous ne mettrez sur la tenture noire d'autre ornement que les armes de Malipieri et les armes de Bragadini. Léeusson de Malipieri est d'or, à la serre d'aigle; Técusson de Bragadini est coupé d'azur et d'argent, à la croix rouge.
LE DOVt.\
Magiiilique podesla...
Ahl — Vous allez descendre sur-le-cliamp avec tout votre clergé, croix et bannière en tète, dans le caveau de ce palais ducal, où sont les tombes des Bomana. Une dalle y a été levée, l'ne fosse y a été creusée. Vous bénirez cette fosse. Ne perdez pas de temps. Vous prierez aussi pour moi.