‹ Lucrèce BorgiaChapitre 207 sur 227 · C.VTARI.NA · texte numérisé non relu

C.VTARI.NA

Non .

Je n'ai pu pénétrer dans l'église. La Aille esl frappée de stupeur. Tout le monde parle bas. Il se passe à coup sur une chose terrible quelque part. Où? Je ne sais. Ce n'esl pas ici, c'est tout ce qu'il me faut. Pauvre amie, lu ne te doutes pas de tout cela dans ta solitude !

CATABIXA

i\on .

RODOLFO

One nous importe, au reste! Dis, es-tu remise de l'émolion de celte nuit? Oh! quel événement! Je n'y comprends rien encore. Catarina, je t'ai délivrée de ce sbire Homodei. Il ne te fera plus de mal.

CATARI.\A

Tu crois'.'

Il est mort. Catarina! liens, détidémeiit tu as queli|ue chose, tu as l'air triste. Catarina! lu ne me caches rien? Il ne t'arrive rien, au moins? Oh! c'est (|u'on aurait ma vie avant la tienne!

Non, il n'y a rion. Je. te jure qu'il n'y a rien. Seulement je te voudrais dehors! Je suis eiïrayée pour toi.

RODOLKO

Que faisais-tu ijuand je suis entre?

CATVRI.N.V

Ah! mon Dieu! tranquillisez-vous, mon liodolfo, je n'étais pas triste, bien au contraire. J'essayais de me rappeler cet air que vous chautez si liien. Tenez, vous Voyez, j'ai encore là ma guitare.

Je t ai écrit ce matin. Jai rencontré l'iei;inella à qui j'ai remis la lettre. La lettre n'a pas été interceptée? Elle t'est Itien arrivée?

La lettre m est si bien arrivée que la voilà. ' tiie im pic^eutL

l;i letlrc.)

Ah! lu l'as! C'est bien. Un est toujours in(juiet quand on écrit.

Oh! toutes les issues de ce palais iiardées! personne ne sortira avant la nuit !

PidllOLKi

Personne. Je l'ai déjà dit. C'est l'ordre.

CATMIIW

Allons! maintenant, vous ma\ez parlé, vous m'avez vue, vous êtes rassuré, vous voyez (|ue, si la ville est en rumeur, tout est tranquille ici, partez, mon Piodolfo, au nom du ( iel ! Si le podesta entrait ! Vite, partez. Puisque tu es obli^ié de rester dans ce palais jusqu'au soir, voyons, je vais te fermer

JOURNÉE III. — LE ULANC PUlK I.R NOIR. 5Ô7

moi-iiKMno ton manteau. Comme cela. Ton chapeau sur ta tète. Et puis, devant les sbires, aie l'air naturel, à ton aise, pas d'affectation à les éviter, pas de précaution. La précaution dénonce. Et puis, si l'on voulait te faire écrire quelcjue chose par hasard, un espion, quelqu'un (jui te tendrait un piège, trouve un prétexte, n'écris pas !

ROriOLFO

Pourquoi cette recommandation, Catarina?

Pourcjuoi? Je ne veux pas qu'on voie de ton écriture, moi. C'est une idée que j'ai. Mon ami, vous savez bien que les femmes ont des idées. Je te remercie d'être venu, d'être entré, d'être resté, j'ai eu la joie de te voir! Là, tu vois bien que je suis tranquille, gaie, contente, que j'ai ma guitare là et ta lettre, maintenant va-t'en vite. Je veux que tu t'en ailles. — Encore un mot seulement.

RODOI.FO

Quoi?

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