SCÈNE X
CATARl.NA. LA TISBE, A.NGLLO
\.\ TISCE
Kilt' se résigne au poison.
A.NGELO, il Ciilarina.
Alors, tout dv suite, madame.
CATAUI.NA, prenaiil la liolc. — A la Ti>be.
,1e sais que vous êtes la maîtresse de mon mari. Si votre pensée secrète était une pensée de trahison, le besoin de me perdre, l'ambition de prendre ma plaee ipie vous auriez tort d'envier, ce serait une action abominable, madame; et, quoiqu'il soit dur de mourir à vingt-deu\ ans, j'aimerais encore mieux ce (jue je fais que ce que vous faites. lEiiu boit.
LA TISBE, à part.
Oim de paroles inutiles, mon Dieu!
ANGELO, allaiil à la porto du foiul (|u'il entrouvre.
Âllez-vous-en.
CATARl.NA Ah ! ce breuvage me glace le sang ! (Rejrardant fixement la Tisbe. I
Ah! madame! -A Aiif.'clo.) — Etes-vous content, monsieur?
Je sens ])ien que je vais mourir. Je ne vous crains plus. Eh bien, je vous le dis maintenant, avons (jui êtes mon démon, comme je le dirai tout à l'heure à mon Dieu : j'ai aimé un homme, mais je suis pure!
AXGELO
Je ne vous crois pas, madame.
LA TISBE, à part.
Je la crois, moi!
JOURNÉE III. — I.E ULANi; i'ULU lE Nulll.
Je mv !«ens dL-faillir... Non. Pas ce fautoiiil-là. Ne me touchez point. Je vous lai déjà dit, vous êtes un homme infâme!
(Elle se iliritie eu cliaucelaiil vers sou oraloire.) — Jc veux mOUrir à
genoux. Devant l'autel qui est là. Mourir seule. En repos. Sans avoir vos deux regards sur moi. rAnivéc i la poiie. elle s'api'uie sur le reiwr.i.) — Je veux mourir en priant Dieu. (A Angeio.) — > Pour VOUS, monsicur.
Elle entre dans IVraloirc.
A.NGELO
Troïlo !
Enlie riiui^-icr.
— Prends dans mon aumônière la clef de ma salle secnte. Dans cette salle, tu trouveras deux hommes. Amène-les-moi.
Sans leur dire un mot. (Llmissier sort. — A la Tisbe.) — 11 faut
maintenant que j'aille interroger les hommes arrêtés. Quand j'aurai parlé aux deux guetteurs de nuit, Tishe, je vous confierai le soin de veiller sur ce qui reste à faire. Le secret, surtout !
Eiilreul les deux guelteui-s de nuit, iutroduils jiai' l'Iiuissier qui se relire.