AUDIENCE DU 1"2 DECEMBRE
Une affluencc aussi considérable qu'au jour des plaidoiries remplit l'auditoire et les places réservées.
M. Victor Hugo est assis dans une tribune près ilu barreau. M. Pécourl. avocat général, prend la parole.
Il reconnut sur tous les points la validité des arguments apportés par M. Victor Hugo et par son défenseur.
(( Quelle doit être, dit en terminant M. l'avocat général, la quotité des dommages-intérêts à allouer à M. Victor Hugo ? Nul doute qu'en ne jouant pas depuis sept ans Hernani, et depuis trois ans Marion de Lorme, nonobstant les instantes réclamations de l'auteur, on ait fait éprouver à M. Victor Hugo un préjudice considérable. Mais cette cause n'est pas de sa part un procès d'argent, et la position malheureuse dans laquelle se trouve actuellement le Théâtre-Français peut déterminer la cour à une diminution dans le chiffre adopté par le trOiunal de commerce ; nous pensons, quant à nous, que ce chiffre pourrait être réduit, par ces seuls motifs, à la somme de trois mille francs.
(( Le tribunal de commerce a fixé à deux mois le délai qu'il accorde au Théâtre-Français pour la représentation d'Hernani, et à trois mois celui qu'il impartit au théâtre pour celle de Marion de Lonne. Nous n'apercevons aucun inconvénient à étendre ces délais à trois et quatre mois, ainsi que le demande la Comédie- Française. ))
M. l'avocat général conclut à la confirmation du jugement, sauf la réduction à trois mille francs des dommages-intérêts et l'extension des délais pour les représentations.
M. LE PREMIER PRÉSIDENT : « La cour, pour être fait droit aux parties, ordonne qu'il en sera de suite délibéré, »
Après vingt minutes de délibération dans la chambre du conseil, la cour rentre en séance, et M. le premier président prononce, au milieu il'un profond silence, un arrêt par lequel
(( La cour,
« Adoptant les motifs des premiers juges, - — confirme purement et simplement le jugement du tribunal de commerce. «
Des marques unanimes de satisfaction se manifestent dans l'auditoire après le prononcé de cet arrêt, qui satisfait l'opinion publique d'une manière si éclatante, et M. Victor Hugo reçoit les vives félicitations du public nomJ)reu\' qui l'entoure.
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