ACTE I. — AFFRONT SUR AFFRONT
plus, il grelotte au soleil en plein midi ; jeune homme, il a l'air d'un vieillard ; il agonise ainsi quelque temps, enfin il meurt. 11 meurt; et alors on se souvient qu il y a six mois ou un an il a bu un verre de vin de Chypre chez un Borgia.
Se retournant.
— ■ Tenez, messeigiieurs, voilà justement Montefeltro, que vous connaissez peut-être, qui est de cette ville, et à qui la chose arrive en <"e moment. — 11 passe là au fond de la place. — Regardez-le.
On voit passer au fbiiil du tliéàtii' un Inininic h rlicveuv lilants. îuaiyiT, cliancelanl, boilaiil, appuyé sur un hàlou, cl envi'lopjié d'ini manteau.
ASC.VMO
Pauvre Montefeltro !
Do.N .vrosroLo (Juel âge a-t-il?
M.VFIIO
Mon âge. Vingt-neuf ans.
OLOFER.AO
Je l'ai VU l'an passé rose et frais comme vous.
.M.VFFIO
11 y a trois mois, il a soupe chez noire Sainl-l'ère le pape dans sa vi"ne du Belvédère.
C'est horrible !
M.VFFIO
Uh ! l'on conte des choses bien étranges de ces soupers des Borgia !
.VSU.MO
Ce sont des débauches effrénées, assaisonnées d'empoisonnements.
M.VFFIO
Voyez, messeigneurs, comme cette place est déserte autour
de nous. Le peuple ne s'aventure pas si près que nous du palais ducal. Il a peur que les poisons (}ui s'y élal)orent jour et nuit ne transpirent à travers les murs.
ASC.V.MO
Messieurs, à tout prendre, les ambassadeurs ont eu hier leur audience du duc. Notre service est à peu près fini. La suite de l'ambassade se compose de cinquante cavaliers. Notre disparition ne s'apercevrait guère dans le nombre. Et je crois (|ue nous ferions sagement de quitter Ferrare.