ACTE II. — LE CUUPLE. G
(ollî'ge df l)aiidits, si bien qu'en les voyant (uns velus tic rou^v, galériens et cardinaux, on se demande si ce sont les galériens qui sont les cardinaux et les cardinaux qui sont les galériens. — Allez maintenant!
DO.NA I.ICREZIA
Monseigneur I monseigneur! je vous demande, à genoux et à mains jointes, au nom de Jésus et de Marie, au n(»ni de votre père et de votre mère, monseigneur, je vous demande la vie de ce capitaine.
Voilà aimer! — Vous pourrez faire de son cadavre ce qu'il vous plaira, madame, et je prétends que ce soit avant une heure.
D0.\A LICIIEZIA
Grâce pour Gennaro !
Si VOUS pouviez lire la ferme résolution qui est dans mon ànie, vous n'en parleriez pas plus que s'il était déjà mort.
DO.NA LUCREZLV, se relevaiil.
Ail! prenez garde à vous, don Alphonse de Ferrare, mon quatrième mari !
Oh! ne faites pas la lerrihle, madame! Sur mon àme, je ne vous crains pas! .le sais vos allures, .le ne me laisserai pas enq)oisonner comme votre premier mari, ce [)auvre gentilhomme d'Es[)agne dont ji' ne sais plus le nom, ni vous non plus, .le ne me laisserai pas chasser counne votre second mari, .lean Slorza, seigneur de Pesaro, cet indjécile! .le ne me laisserai pas tuer à coups de pi((ue, sur n'importe quel escalier, connue le troisième, don Alphonse d'Aragon, faible enfant dont le sang n'a guère plus taché les dalles ({ue de l'eau pure! Tout beau! Moi je suis un homme, madame. Le nom d'Hercule est souvent porté dans ma famille. l*ar le ciel ! j'ai des soldats plein ma ville et plein ma seigneurie.
et j'en suis un moi-même, et je n'ai point encore v^iidu, comme ce pauvre roi de Naples, mes bons canons d'artillerie au pape, votre saint-père!
DO.NA LICREZIA
Vous vous repentirez de ces parole>. monsieur. Vous ouliliez qui je suis...
nO.\ \I.I'H(».\SK
Je >ais l'ort liieii qui vous êtes, mais je sais aussi oîi vous êtes. Vous êtes la tille du pape, mais vous n'êtes pas à Rome; vous êtes la iiouvernante de Spolète, mais vous nêtes pas à Spolète; vous êtes la femme, la sujette et la >er\ante d'Alphonse, duc de Ferrare, et vous êtes à Ferr.-.re!
Dona Luciczi;). loule jiàle île terreur et île colère, remanie lixeiiieiit le duc, et recule leutemeut devant lui jusqu'à uu fauteuil oii elle vient tomber couuue bri>êe.
— Alil cela VOUS étonm . \niiv avez peur de moi. madame I jusqu'ici, c'était moi qui avais peur de vous, .l'entends qu'il en soit ainsi désormais, et, pour commencer, voici le premier de vos amants sur lequel je mets la main. 11 mourra,
DO.\A LltP.F.ZIV, dune voix faible.
Raisonnons un peu, don Alphonse. Si cet homme est celui jpii a commis envers moi le crime de lèse-majesté, il ne peut être en même temps mon amanl.
UU> Al.I'IIONSK
Pourquoi non? Dans un accès de dépit, de (olère, de jalousie I car il est peut-être jaloux aussi, lui. D'ailleurs, est-ce que je sais, moi? .le veux que cet honnne meure. C'est ma fantaisie. Ce palais est plein de soldats qui me sont dévoués et qui ni' connaissent que moi. Il ne peut échapper. Vous n'empêcherez rien, madame. J'ai laissé à votre aUesse le clioix du p-nre de mort, (h'cidez-vous.
DONV I.ICP.KZIA, 5e tordant le? mains.
0 mon Dieu 1 ô mon Dieu! o mon Dieu!