‹ Lucrèce BorgiaChapitre 41 sur 227 · ACTE II. — LE CÛIPLE. Gl · texte numérisé non relu

ACTE II. — LE CÛIPLE. Gl

rains miséricordieux. Cette pauvre Italie a assez de tyrans sans nous, depuis le baron vicaire du pape justju'au pape vicaire de Dieu. Finissons-en, cher Alphonse. Mettez ce Gennaro en liberté ! C'est un caprice, si vous voulez ; mais c'est quelque chose de sacré et d'auguste que le caprice d'une renuue, quand il sauve la tète d'un Iiomme.

IJO.\ Al.I'MO.NSI-;

Je ne puis, chère Lucrèce.

DONA LICREZIA

Vous ne pouvez? Mais enlin pour([uni ne pouvez-vous pas m'accorder quelque diose d'aussi insiiiniliant que la vie de ce c;q)ilaiiie'.'

ilO.N AI.!'HO>Si;

Vous me demandez pnur([iioi, mou ;uniiiir?

Itil-NA LlCIiKZIA

Uni, pourquoi?

Parce que ce capitaine est votre amant, madame!

DO.NA LICKKZIA

Ciel!

D0.\ ALI'HONSK

Parce que vous l'avez été clu.'rclier à \eni»e! Parce ([iw vous Tiriez chercher en enfer! Parce que je vous ai suivie pendant que vous le suiviez! l'arce que je vous ai vue, luas- ([uée et liatetante, courir après lui comme la louve après sa proie! Parce (pie tout à l'heure encore vous le couviez d'un regard plein de pleurs el plein de llamme ! Parce qu(,' vous vous êtes prostituée à lui, sans aucun doute, madame! Parce que c'est assez de honte et d'infamie et d'adultère comme cela ! Parce qu il est temps que je venire mon honneur el que je fasse couler autour de mon lit un fossé de -anp, entendez-vous, madame'?

1)2 LICIŒCE UdlKilA.

DO.NA LICKEZIA

I)uii Alphonse .

ItUN At.I'HO.NSE

Taisoz-vous. — Veillez sur vos amaiils désormais, Liicrèee! La porte par laquelle on entre dans votre ehanibre de nuit, nieltez-y tel huissier qu'il vous plaira, mais à la porte par où l'on sort, il y aura maintenant un portier de mon choix, — le bourreau !

DO.W I.LCREZI.V

Monseigneur, je vous jure...

DO.N ALPHO.XSE

Ne jurez pas. Les serments, cela est hon pour le peuple. IS'c me donnez pas de ces mauvaises raisons-là.

DO>A I.ICREZIA

Si vous saviez...

Tenez, madame, je hais toute voire abominable famille de Borgia, et vous toute la première, que j'ai si follement aimée ! il faut que je vous dise un peu cela à la fin, c'est une chose honteuse, inouïe et merveilleuse, de voir alliées en nos deux personnes la maison d'Esté, qui vaut mieux que la maison de Valois et que la maison de Tudor, la maison d'Esté, dis-je, et la famille Borgia, qui ne s'appelle pas même Borgia, qui s'appelle Lenzuoîi, ou Lenzolio, on ne sait quoi! J'ai horreur de votre frère César, qui a des taches de sang naturelles au visage! de votre frère César, qui a tué votre frère .lean! J'ai horreur de votre mère la Rosa Yanozza, la vieille lille de joie espagnole qui scandalise Bome après avoir scandalisé Valence ! Et (juant à vos neveux prétendus, les ducs de Sermoneto et de Nepi, de beaux ducs, ma foi ! des ducs d'hier ! des ducs faits avec des duchés volés! Laissez-moi finir, .l'ai horreur de votre père qui est pape et qui a un sérail de femmes comme le sultan des turcs Bajazet ; de votre père qui est l'anteclirist ; de votre père qui peuple le bagne de personnes illustres et le sacré

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