‹ Lucrèce BorgiaChapitre 60 sur 227 · AC.TI · texte numérisé non relu

AC.TI

— IVilKs

U'I'l'd. lins.

MôP.TS

Ôuoi'.'

MAFFIO

L'espagnol

n'a pas 1

JEPPO

Eh hion?

MVFFIO

Il a joie' son vin pai

-dossns son (

'panlc.

JFr'i'O

Il est ivro,

et loi anssi.

C'est possiMe.

Une chanson à boire, mcssienrs! Je vais vous chanter une chanson à boire qui vaudra mieux que le sonnet du marquis Oloferno. Je jure par le bon vieux crâne de mon père que ce n'est pas moi qui ai fait celte chanson, attendu que je ne suis pas poëte et que je n'ai pas l'esprit assez galant pour faire se becqueter deux rimes au bout d'une idée. Voici ma chanson. Elle est adressée ta monsieur saint-Pierre, célèbre portier du paradis, et elle a pour sujet cette pensée délicate que le ciel du bon Dieu appartient aux buveurs.

JEPPO, bas, à Maffio.

Il est plus qu'ivre, il est ivrogne.

TOUS, excepté Gennarn.

La chanson ! la chanson !

GUBETTA, chantant.

Saint Pierre, ouvre ta porlo Au l)uveiir qui t'apporte Une voix pleine et forte Pmu" chanter : Domino!

ti6 LUCRÈCE BORGIA.

TOUS, en chœur, excepte Gennnro.

Gloria Domino!

Au luivcur, joypux clmnlrc.

Qui jioilc un si gros ventre (jii'on (loulf, lorsqu'il entre.

S'il est homme ou tonneau.

TOUS E.\ CHŒrp.

Gloria Domino!

lU clinqueiit leui's verres en riant aux éclats. Tout à coup on onlon iler^ voix éloiirnées qui chantent sur un ton Ineuhre.

VOIX au deliors.

Snnchim et terribile nomen ejuii. Initium i^apientice timor Domini.

JEI'I'O, riant de plus belle.

Ecoutez, messieurs! — Corbacquel pondant que nous chantons à Itoire, l'écho cliante vêpres.

Ecoutons.

VOIX an dfhors, un peu plu> ra]iprochéP5.

Nisi Dominus custodierit civitntem, frustra rUjUat qui •ustodit enru.

Tous éclatent de rire.

JFPPO

Tin plain-chaiit Innt pur.

MAFFIO

Ouelquc procession qui passe.

GEWAP.O

.\ minuit! c'est un peu tard.

ACTK I|[. — IVIŒS MOUTS. !»7

.lEPPO

Bail! continuez, monsieur de Relverana,

VOIX ;ui dehors, qui .so rnijprochcnt ilc jilus on plus.

Octilos haheni, et non v'ulehunt. Narr>; hahcnl, ri nnn odorahinif. Avres hahrnf, et non audient.

Tous rionl do plus en plus fort.

.lEPPO

Sont-ils braillards, ces moines!

MAFFIO

Regarde donc, Gennaro. Les lampes s'éteignent ici. Nous voici tout à l'heure dans l'obscurité.

IjOS lampes p;"ilissont en eflet, ronimo n'ayant plus d'Iiiiile. VOIX au (leiiors, plus iirès.

Manus habent, et non palpahunt. Pedea iiahent, et non oinhiilahunt. \on rhniiabioif in gutture suo.

GEX-WRO

11 me semble que les voix se rapprochent.

JEPPO

La procession me fait l'eiïet d'être en ce moment sous nos fenêtres.

M.VFFIO

Ce sont les prières des morts.

ASCAMO

C'est quelque enterrement,

JEPPO

Buvons à la sanli' de celui qu'on va enterrer.

118 LUCRÈCE r.ÛRIiIA.

GIBETTA

Savez-vous s'il n'y en a pas plusieurs?

JEI'PO

Eh bien! à la santé de tous!

APOSTOI.O, à GubeUa.

Bravo! et continuons de notre côté notre invocation à saint-Pierre.

GIBETTA

Parlez donc plus poliment. On dit : A monsieur saint- Pierre, honorable huissier et guichetier patenté du paradis.

Il cliante.

Si les saints ont des trognes, Ton ciel est aux ivrognes Qui n'ont d'autres besognes Que de hnire aux ihansonsl

Page 1