ACTE lu. — IVI'.ES MORTS
UO>.V LLCKEZIA, cxaiiiiuant l;i liole.
Il y L'ii a à peine assez pour vous, Gennaro!
GENAARO
Vous ne pouvez pas en avoir d'autre sur-le-champ?
D0-\A LICUEZIA
Je vous ai donné tout ce que j'avais.
GE.NNARO
C'est bien.
DOAA LLCKEZIA
Oue faites-vous, Gennaro? Dépêchez-vous donc. Ae jouez pas avec des choses si terribles. On n'a jamais assez tôt bu un contre-poison. lUivez, au nom du ciel! Mon Dieu! quelle imprudence vous avez faite là ! Mettez votre vie en sûreté. Je vous ferai sortir du palais par une porte dérobée que je connais. Tout peut se réparer encore. Il est nuit. Des chevaux seront bientôt sellés. Demain matin vous serez loin de Ferrarc. N'est-ce pas qu'il s'y fait des choses qui vous épouvantent? Buvez, et partons. Il faut vivre! Il faut vous sauver !
GE.\NARO, prenant un couteau sur la (able.
C'est-à-dire que vous allez mourir, madame!
D0>A LICREZIA
Conmient! (jue dites-vous?
Je dis que vous venez d'empoisonner traîtreusement cinq ^entilshonmies, mes amis, mes meilleurs amis, par le eiel! et, parmi eux, Maftio Orsini, mon frère d'armes, qui m'avait sauvé la vie à Vicence, et avec qui toute injure et toute vengeance m'est commune. Je dis que c'est une action infâme que vous avez faite là, qu'il faut que je venge Maffio et les autres, et que vous allez mourir !
lOi LUCRECE IIOIU.IA.
bO.W LLCREZl.V
Terre et tieux !
Faites votre prière, el faites-la courte, madame. Je suis empoisonné. Je n'ai pas le temps d'attendre.
DO.NA l.lCIîEZI.V
15ah! cela ne se peut. Ah bien ouil Gennaro nie tuer! Est-ce (|ue cela est possible?
C'est la réalité pure, madame, el je jure Dieu qu'à votre place je me mettrais à prier en silence, à mains jointes et à deux genoux. — Tenez, voici un fauteuil qui est bon pour cela.
DON LICliKZlA
Non. Je vous dis que c'est impossible. Non, parmi les plus terri])les idées ijui me traversent l'esprit, jamais celle-là ne me serait venue. — Hé bien ! hé bien ! vous levez le couteau! Attendez! Gennaro! J'ai (pielque chose à vous dire!
Vite.
DOX.V LICREZIA
.1(1 If t(jn touteau, maliieureux! Jette-le, le dis-je! Si lu savais... — Gennaro! Sais-tu (jui lu es? Sais-tu ([ui je suis? Tu ignores combien je te tiens de près. Faut-il tout lui dire? Le même sang coule dans nos veines, Gennaro! Tu as eu pour père Jean Borgia, duc de Gandia !
GK.NWHO
Votre frère! Ah! vous êtes ma lanlc! Ahl madame!
KONA LUCIIEZIA, ;"i |Mrl.
Sa tante!