‹ Lucrèce BorgiaChapitre 70 sur 227 · ACTE m. — IVIJES MUiVrS · texte numérisé non relu

ACTE m. — IVIJES MUiVrS

à tes pieds! Tu me feras grâce de la vie, n'est-ce pas? Eli bien! veux-tu que je prenne le voile? Veux-tu que je m'enferme dans un cloître, dis? Voyons, si l'on te disait : Celte malheureuse femme s'est fait raser la tète, elle couche dans la cendre, elle creuse sa fosse de ses mains, elle prie Dieu nuit et jour, non pour elle, qui en aurait besoin cependani, mais pour toi, qui peux t'en passer; elle fait tout cela, celte femme, pour (jue tu abaisses un jour sur sa tète un regard de miséricorde, pour que tu laisses tomber une larme sur toutes les plaies vives de son cœur et de son àme, pour que tu ne lui dises plus, comme tu viens de le faire avec celte voix plus sévère que celle du jugement dernier : Vous êtes Lucrèce Borgia! Si l'on te disait cela, Gennaro, est-ce que tu aurais le cœur de la repousser? Oh! grâce! ne me tue pas, mon Gennaro! Vivons tous les deux, toi pour me pardonner, moi pour me repentir ! Aie quelque compassion de moi ! Enfin, cela ne sert à rien de traiter sans miséricorde une pauvre misérable femme qui ne demande qu'un peu de pitié! — Un peu de pitié! Grâce de la vie! — Et puis, voistu bien, mon Gennaro, je te le dis pour toi, ce serait vraiment lâche ce (jue tu ferais là, ce serait un crime affreux, un assassinat! In homme tuer une femme! un homme qui est le plus fort ! Oh ! tu ne voudras pas ! tu ne voudras pas !

GE.N.NARO, ébranle.

Madame...

DONA LICREZIA

Oh! je le vois bien, j'ai ma grâce! Cela se lit dans tes yeux. Oli! laisse-moi pleurer à tes pieds!

L>E VOIX, au dehors.

Gennaro!

Qui m'appelle?

Page 1