RUSTIC.HEM.O
Qu'est-ce que lu en veux faire?
ASTOLFO
■le veux le mener chez la duchesse. — Et loi?
RUSTIGHEI.LO
Je veux le mener chez le duc.
ASTOLFO
Diable !
P.USTIGHELLO
Qu'est-ce qui rattend cliez la duchesse?
ASTOLFO
l,"amour. sans doute. — Et chez le duc?
RUSTIGHELLO
Probablement la potence.
ASTOLFO
Comment faire? il ne peut pas être à la fois chez le duc et chez la duchesse, amant heuieux et pendu.
RUSTIGHELLO
A-t-il de l'esprit, cet Astolfo!
11 fuit lin signe, les deux sbires cachés sous le balcon ducal s'avancent el saisissent au collet Astolfo.
RCSTir.HELLO
Saisissez ci'l homme. — Vous avez entendu ce <|u'il ;i dit. \nii< en témoii^nerez. — Silence, Astnlfo!
Aux autres sbires.
Enfants, à l'œuvre, à présent! Enfoncez-mni celte pnrte.
Dans le troisième acte, la scène de l'orgie, à jiutii- de lu page 158 jusipi'à la page 165 (•), doit être jouée comme il suif :
GUBETTA
Une chanson à hoire, messieurs 1 il nous faut une cliaiisun à boire qui vaille mieux que le sonnet du marquis Oloffcrno. Ce n'est pas moi qui vous en chanterai une, je jure par le bon vieux crâne de mon père cpie je ne sais pas de chansons, attendu que je ne suis pns poète et que je n'ai point l'esprit assez galant pour faire se becqueter deux rimes au bout d'une idée. Mais vous, seigneur Maffio, qui êtes de belle humeur, vous devez savoir quelque chanson de table. Que diable 1 chantez-nous-la, amusons-nous!
Je veux ])ien. emplissez les verres.
Il chaule.
Amis, vive l'orgie !
J'aime la folie nuit
Et la nappe roupe
Et les citants et le bruit,
Les dames peu sévères,
Les cavaliers joyeux.
Le vin dans tous les verres.
L'amour dans tous les yeux !
La tombe est noire, Les ans sont courts.
Il faut, sans croire Aux sots discours.
Très souvent boire, Aimer toujours!
TODS ES CHŒCR La tombe est noire, elr.
Ils choquent leurs verres en riant aus éclats. Tout à coup on rnicnd des vois éloignées qui chantent au dehors sur un ton lugubre.