‹ Lucrèce BorgiaChapitre 82 sur 227 · LUCIŒCE liOlUlIA · texte numérisé non relu

LUCIŒCE liOlUlIA

r.ENNAP.O, y jetant un regard.

MfS lotliTs!

nONA IXCr.FZIA

Le [loignard a [lassi- ;ni li'avcrs. La ciiii'assr' est moins Ikhiiic que tu ne eroyais, Gennai'n.

<;i;NNAr,()

Oh iiuil n imm llicu ! vous êtes liicii ma merci Oh! ie n'avais |ias songé à l'inceslel Dieu du eiel! |)otiii[Uui ne me l'avoir pas «ht i^lus tôt?

rO.NA LLCUEZIA

J'avais lionte. Potu' me faire dire tout, mon lils. il a falhi la pointe de ton couteau. Mon secret in'a jailli du cœur avec mon sang. — Te l'avouerai-je? il m'était doux d'être du moins aiiiK'e par loi d'un crit(', pendaiil (|ur tu me haïssais de l'antre. Tu aimais ta mère, (iennaro. aurais-tu aimé Lucrèce Borgia?

Vous, ma mère !

DON A i.rcr.EziA

Et puis le Valciitinois ('Mait là, le Valentinois ipii a tué Ion père ! Une fois mon secret connu, ne iïit-ce que de loi. lu n'aurais pas V(''cu un jour, llédasl dans l'obsciUMlé inéme oîi je l'avais cjîclié, il me semlilail par moment que le tigre rùdail aulnur de toi, <•! je Ircmidais. malheureuse mère, qu'il ne te tlairàt de sa famille!

(lENNAr.O

.l'ai lui' ma mère! vous êtes ma mère! Oh! (pic de criiiK^s mis à nu |iar ce sevd mol !

noNA UT.P.F.ZIA

Une mère incestueuse !

GENNARO

Un fils parricide 1

nONA LUCREZIA

(iennaro !

i;i:nnaro

Oui, je suis parricide! Oui, c'est hien moi qui ai fait cela, mot ipii suis là, moi (jui parle! Mou Dieu! que cela est étrange d'élre parricide !

nOXA I.CCREZIA

Mon fils, reviens à loi!

GENNARO

Parrk-itle ! Oh 1 est-ce (|U0 ces murailles me soulVrirunt ici sans m'écraser? Un m'avait dit que les |)arricides étaient des èlres tellement monstrueux que les plafonds de marbre se précipitaient d'eux-mêmes sur leurs tètes. Et moi, je marche, je respire, je vis, je suis! Maudissez-moi, ma mère! étendez votre bras sur moi ! le bras d'une mère levé pour maudire son fils doit faire crouler le ciel !

DONA I.UCREZIA

Mon llls, ce meurtre n'est pas ton crime, c'est ma faute!

Est-ce que je n'ai pas ({uelque chose de changé dans le visage? Cela se voit-il, dites-moi, quand on est parricide? Regardez-moi bien, ma mère T est-ce (pie je ressemble encore aux autres hommes? D est impossible que je n'aie pas un signe sur le front! comment est-il fait, ce signe? — Oh! n'est-ce pas? on se rangera devant moi désormais, on se détournera, on ne me fera pas de mal, on me laissera passer comme une chose sacrée, comme la proie vivante de la fatalité, les toits où j'aurai dormi s'écrouleront, la trace de mes pas ne pourra s'miprimer dans la neige, ni sur le sable, tout ce que j'aurai touché s'évanouira, les mères frapperont leurs enfants sur mon passage pour qu'ils se souviennent toute leur vie de m'avoir vu. N'est-ce pas c|ue c'est terrible? Cela se fera pour moi. Cela s'est bien fait pour Gain. Je vais devenir un homme comme il y en a dans les contes. Tenez, vous voyez bien que' ce sang que j'ai 'sur les mains ne veut pas s'effacer! Regardez-moi bien.

Montrant son Iront.

Ji- vijus dis (ju'il e.-t impossible ijue je n'aie pas quelque chose là.

DONA LLCREZIA

Tu n'as rien I la tèle se perd, mon Gennaro!

11 y a un mot, vous dis-jc, qui est écrit là, et que je sens bien, moi'

.Vin. Oiii'l iniil .'

LUCUECE IJUIK.IA.

DiiNA IXCRtZIA (jE.N.WRO

IjiiL'l ninl ■.' Paiiicitlc !

NOTE m

LtS liEPIŒSENTATKLNS

Lucrèce Boiyiii, représentée pour la [ireniière fois sur If liiéàtre de la Porte Saint-Martin, sous la direction de M. Harel, le 2 février 1855, a été reprise au même théâtre, sous la direction de M. llapliaél Félin, le 2 février 1870; puis au théâtre de la Gailé, sous la direction de MM. Larochcile et Dehruyère, h' '><; février 1881.

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