SCÈNE Y
L'HOMME, seul.
La chose est bien arrangée ainsi. J'avais besoin de quel- (ju un de jeune et de fort qui put me prêter secours, s'il est nécessaire. Ce Gilbert est ce qu'il me faut. — Il me semble que j'entends un bruit de rames et de guitare sur l'eau. —
(lui. il! va au parapet.)
On entend une j,'uitare et une voix éloignée qui chante.
Quand tu chantes, bercée
Le soir entre mes bras,
Entends-tu ma pensée
Qui te répond tout bas?
Ton doux cliant lue rappelle
Les plus beaux de mes jours... —
Chantez, ma belle,
Chantez toujours!
C'est mon homme.
i.v VOIX
Elle s'approche à chaque couplet.
Quand lu ris, sur ta bouche
L'amour s'épanouit,
Et le soupçon farouche
Soud;dn s'évanouit.
Ah! le rire fidèle
Prouve un cœur sans détours... —
Riez, ma belle,
Riez toujours!
Quand tu dors, calme et pure, Dans l'ombre, sous mes yeu:x.
Ton haleine murmure Des mots liarmonieux.
Ton beau cor[is se révèle Sans voile et sans atours... —
Dormez, ma belle.
Dormez toujours !
Quand tu me dis : Je t'aime!
tt ma beauté ! je croi...
Je crois que le ciel même
S'ouvre au-dessus de moi!
Ton regard étincelle
Du beau feu des amours... —
Aimez, ma l^elle,
Aimez toujours !
Vois-tu foute la vie Tient dans ces quatre mots, Tous les biens qu'on en\ie.
Tous les biens sans les maux !
Tout ce qui peut séduire.
Tout ce qui peut charmer : —
Chanter et rire,
Dormir, aimer!