‹ Lucrèce BorgiaChapitre 97 sur 227 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

L'HOMME, seul.

La chose est bien arrangée ainsi. J'avais besoin de quel- (ju un de jeune et de fort qui put me prêter secours, s'il est nécessaire. Ce Gilbert est ce qu'il me faut. — Il me semble que j'entends un bruit de rames et de guitare sur l'eau. —

(lui. il! va au parapet.)

On entend une j,'uitare et une voix éloignée qui chante.

Quand tu chantes, bercée

Le soir entre mes bras,

Entends-tu ma pensée

Qui te répond tout bas?

Ton doux cliant lue rappelle

Les plus beaux de mes jours... —

Chantez, ma belle,

Chantez toujours!

C'est mon homme.

i.v VOIX

Elle s'approche à chaque couplet.

Quand lu ris, sur ta bouche

L'amour s'épanouit,

Et le soupçon farouche

Soud;dn s'évanouit.

Ah! le rire fidèle

Prouve un cœur sans détours... —

Riez, ma belle,

Riez toujours!

Quand tu dors, calme et pure, Dans l'ombre, sous mes yeu:x.

Ton haleine murmure Des mots liarmonieux.

Ton beau cor[is se révèle Sans voile et sans atours... —

Dormez, ma belle.

Dormez toujours !

Quand tu me dis : Je t'aime!

tt ma beauté ! je croi...

Je crois que le ciel même

S'ouvre au-dessus de moi!

Ton regard étincelle

Du beau feu des amours... —

Aimez, ma l^elle,

Aimez toujours !

Vois-tu foute la vie Tient dans ces quatre mots, Tous les biens qu'on en\ie.

Tous les biens sans les maux !

Tout ce qui peut séduire.

Tout ce qui peut charmer : —

Chanter et rire,

Dormir, aimer!

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