‹ LucrèceChapitre 10 sur 98 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

BRUTE

« Celui qui le premier embrassera sa mère « Régnera le premier. » Et j'embrassai la terre. îN'ai-je pas accompli l'oracle? et puis encor, Quand j'eus olïert au Dieu mon bâton rempli d'or : « Brute , me fut-il dit , tu m'offres ton emblème ; « La substance est pareille, et l'écorce est la même. « Le bâton brisera le sceptre, et, par deux fois, « Le nom qu'on donne aux fous sera fatal aux rois. »

( Il se lève. ) Qu'on donne aux fous! C'est bien celui dont on me nomme; j>rais alors c'est donc moi qui gouYcrnerai Bome ! En effet, j'éprouvais comme un élancement Qui m'emportait en baut vers le commandement ; Et cet oracle intime était déjà le signe Que je dominerais et que j'en serais digne.

Âb ! je gouvernerai ! l'arrêt du sort est clair;

Et puis , je sens monter un orage dans Fair.

Tarquin veut tout soumettre au niveau qu'il promène;

22 ACTi: H.

Il courbe avec cllbrl la noblesse romaine.

Si (inehiues sonnnités tendent à s'exbausser,

Il abat cliaqnc iVonl (|ii"il ne peut abaisser.

Telle envers le sénat parut sa polilicpic,

Quand, ce corps invoquant son prÏNilége antique,

l/usurpateur jaIou\ lit taire ses griefs

j'.n le décapitant de ses plus nobles eliefs.

3Iais contre lui s'amasse une colère sombre.

Sous la soumission la liaine croit à Tombre,

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