SCENE
Tantôt nous poursuivons les daims par les forêts; Nous lâchons le faucon sur l'oiseau des marais; Ou nous allons cueillir, dans les lieux solitaires , Les simjiles renommés pour leurs sucs salutaires ; Et, là, vous m'enseignez quels herbages pressés Composent l'appareil qui guérit les blessés; Puis ce sont les romans dont je vous fais lecture. Les chants des ménestrels, les conteurs d'aventure. Et tout ce bruit joyeux , et tout ce mouvement , Qui font de votre cour un lieu d'enchantement. Moi, qui dans mon manoir jusqu'ici renfermée, N'y voyais que les murs d'une salle enfumée, Mêlée à ces splendeurs qui vous suivent partout , Madame, je m'étonne et m'amuse de tout. Et ne demande à Dieu , par prières ferventes , Que de me maintenir au rang de vos suivantes.
AGAÈS.
Oh! nous ne voulons pas que tu sois toute à nous. Et verrons un rival d'un regard peu jaloux. Va, nous saurons choisir, ma belle Marguerite, Un preux qui porte aussi ta couleur favorite , Et consacre à sa dame, invoquée après Dieu, Sa pensée en tout temps, ses exploits en tout lieu. — Mais le Roi ne vient pas ! lis encore.
MARGUERITE, UsaïU.
(( Beau sire, « Fit la reine, ce mot ne voulait pas tant dire: « C'est façon de parler dont on use souvent, « Et je ne pensais pas à mal en m'en servant. « Mais telle est votre ruse : auprès de mainte dame, « Vous feignez un souci qui n'est point dans votre âme. M — Or, elle savait bien qu'il ne le feignait pas; « Mais elle avait plaisir à voir son embarras... »
A GIS Es.
Ah: c'est le Hoi!
( Elle congédie Marguerite.)