‹ LucrèceChapitre 59 sur 98 · PHI LIPPE- AUGUSTE , GUILLAUME-DES-BARRES , ROBERT D'ALENÇON · texte numérisé non relu

PHI LIPPE- AUGUSTE , GUILLAUME-DES-BARRES , ROBERT D'ALENÇON

GUILLAUME

Voici Robert , le comte d'Alencon.

PHILIPPE

Comte, je vous sais gré d'honorer ma maison.

C'est généreux à vous. Par le temps où nous sommes,

Nous ne recevons pas souvent des gentilshommes.

ROBERT

Dieu vous garde, Seigneur! Sachez que mon dessein N'est pas de relever du roi Jean l'assassin ; Que je vous offre , à vous , comme au seigneur que j'aime , Ma ville d'Alencon, mes hommes, et moi-même; Qu'il est d'autres barons qui pensent comme moi ; Et que si voulez nous aider , seigneur Roi , Vous pouvez, au moyen d'une marche hardie, Conquérir d'un seul coup toute la Normandie.

PHILIPPE

La Normandie à moi!... Guillaume! tu l'entends! Nous aurions eu l'appui des barons mécontents!

ROBERT

Eh bien , seigneur?

Eh bien ! Dieu confonde le pape !

îtei ACTE II.

An moinciil d'ùtir à moi, voilà qu'elle mécliappcî Ah ! ce que vous m'oOVcz trop laid , sire Robert , Je n'ai pas attendu que vous l'eussiez oflert, Et le mois précédent m'a vu prêt à conduire Le ban de mes vassaux contre Jean , votie sire ; Mais, lorsque nous parlions, un moine est survenu. In moine, un homme en froc, tête rase el })ied nu; H a (lit quelques mots; et, devant ses paroles. Glaives retentissants, flottantes banderolles. Casques et boucliers , dont l'œil est ébloui , Chevaliers , gens de pied , tout s'est évanoui. Un moine suflisait pour faire autant de lâches De tous ces chevaliers portant heaume et panaches.

Sire !

PHILIPPE

Va, nous savons que tu n'es pas comme eux. Être le plus loyal , sied bien au plus fameux. Regardez-le, Robert : celui qui le regarde Voit en lui mon armée , et ma cour , et ma garde. Je n'ai que lui.... Que faire? A ce point indigent Que je ne puis lever deux hommes contre Jean ! D'ailleurs il ne convient, en ce moment de crise, Ni de livrer mon trône aux complots de l'Église, Ni de livrer Agnès à tant d'inimitié ; On me regorgerait sans meici ni pitié.

Accommodons au sort notre âme un peu moins haute ! Adieu grandeur! — Ma cour est bi(.'n triste, mon hôte; Pourtant, Cuillaumi; et moi, de tout notre pouvoir. Nous nous ferons joyeux pour vous mieux r(;cevoir. Vous êtes un vaillant, je le sais, sire comte. Vos faits d'armes nombreux sont de ceux qu'on raconte;

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J'en lus témoin, moi-même, aux livos du Jourdain. Nous nous rappellerons le sultan Saladin. ,

Puis, je vous montrerai cette Agnès qu'on outrage; D'un sourire pour vous elle aura le courage; Vous direz s'il se peut qu'on manque assez de cœur Pour [l'en pas adorer l'angélique douceur!

ROBERT

Sire, à ce bon accueil je renonce avec peine; Mais je vais contre Jean défendre mon domaine. Adieu, noble seigneur, qui faites éclater Iri grand cœur que le sort ne peut pas surraontei'! Je me sens entraîné, d'amitié peu commune, A suivre votre bonne ou mauvaise fortune; Et , mes ordres donnés , je reviendrai , seigneur, Pour étie, avec (iuillaume, à son poste d'honneur.

(Il sort.)

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