PHILIPPE-AICUSTE, LE MOINE
PHILIPPE
Toi , leste , et ne crains pas.
LE MOIÎSE,
Je ne crains rien.
l'HILIPPE.
C'est bon.
Ah ! j'aurai vainement j)u demander pardon ! Je te trouve à propos. J'avais besoin d'un homme Qui vouhit se chaiger d'un message pour Rome. Dis, — et remarque bien (pic je suis de sang-froid, Sans courroux, calculant mon langage et mon droit, — Dis au pape qu'il faut que son outrecuidance, Que son très-giand orgueil , sa très-haute impudence , Sachent que je le brave , autant qu'il me maudit ; Que je suis enchanté de ce que tu m'as dit : Que je n'irai jamais combattre en Palestine, Et garde néanmoins ma femme ou concubine ; Mais que j'irai peut-être essayer, sur les lieux, Si ses vaillants Romains tiennent de leurs aïeux. Je m'en vais convoquer mes barons; je les somme De fournir leur service et de me suivre à Rome ; S'ils sont assez félons poui' me fausser leur foi , Je pars; je vais chercher, au milieu d'un tournoi, Des vaillants qui prendront, contre un pontife injuste, La cause d'une dame et de Philippe-Auguste; S'il n'est plus nulle part d'honneur chez les chrétiens, J'irai.... j'irai chercher des bras chez les païens! Tu m'entends! Va-t'en! Sors! ôte-toi de ma vue!