‹ LucrèceChapitre 82 sur 98 · SCENE Vil · texte numérisé non relu

SCENE Vil

Tout cet enchantement qu'on vient de m'enlevei- !

— Vous, Guillaume, c'est vous en qui plus tard j'espère Pour exciter mon (ils aux \ ertus de son père ;

A la lance des preux habituez sa main ; Quand il faudra l'armer, servez-lui de parrain. Ah! je ne verrai pas la belle mine fière Qu'il aura ce jour-là sous sa robe guerrière !

— Ils sont là, tous les deux, le frère avec la sœur; Je les ai, ce matin, pressés contre mon cœur. Non, non, je ne veux plus les revoir; car j'ignore Si, les ayant revus, je partirais encore.

— Palais , où je croyais pouvoir finir mes jours , Je te quitte , palais qui gardes mes amours ! C'est donc fini ! Pour croître encore mon supplice , De tout ce que je perds je sens mieux le délice; Je n'en ai pas jadis assez bien profité;

Je m'abandonnais trop à ma sécurité.

Ah! quand je serai loin, de souvenirs avide, J'envîrai même, un jour, cet adieu si rapide. Adieu , palais ! adieu , mon paradis î défends De ce qui leur nuirait Philippe et mes enfants ! Adieu ! La cour des rois chez toi va reparaître ; Philippe y trouvera d'autres amours peut-être; Philippe m'oubllra ; Mais je l'ignorerai ; Avant de le savoir, je crois que je mourrai. Adieu , toute ma vie ! adieu , toute mon âme !

— Je suis prête à présent, Guillaume.

LE MOINE

Bien, Madame!

FIN Dr TROISIEME ACTE.

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