‹ Lucrece tragedie en cinq actes et en versChapitre 37 sur 62 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Soyez flétri, Sextus, pour ce langage infâme!

Vous faites bassement d’outrager une femme A qui, plus que jamais, votre respect est dû Pour la dédommager du nom qu’elle a perdu.

Je n’ai plus qu’une chose à vous dire, et j’achève :

Du pied de vos dédains mon orgueil se relève ;

Je renonce à la plainte, enfin. Persévérez;

Vous ne m’entendrez plus, mais vous me reverrez. Quand j’irai chez les morts, avant que d’y descendre, Je prendrai mon courroux tout fumant dans ma cendre, Et je l’emporterai du milieu du bûcher,

Comme le tigre emporte une proie à lécher.

Je parcourrai le Styx, caressant ma vengeance,

Pour mettre tout l’enfer dans mon intelligence,

Et le jour où sur vous planeront des malheurs,

Ce jour-là je promets mon ombre à vos pâleurs.

(En se détournant. )

Adieu. Viens maintenant, ô justice céleste!

Brute m’a condamnée : à moi le soin du reste !

Je me dois à moi-méme un cruel châtiment Pour me punir du choix de cet indigne amant.

( Elle sort. )

SEXTUS, «cul.

Va-t’en donc chez Pluton chercher des dieux propices. Pour moi, des dieux plus doux auront mes sacrifices.

LUCRÈCE

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