S EXT CS
Eli bien! non.
Je ne viens pas pour lui.
LUCRÈCE
Que venez-vous donc faire?
Et que m’avez-vous dit?
SEXTUS
Qu’une importante affaire...
Mais non, c’est trop tarder. J’ignore Collatin,
Et l’armée, et les chefs, et Rome, et son destin.
Je ne connais ici que vous et que moi-même.
Je viens vers vous... je viens... parce que je vous aime...
LUCRÈCE
LIT CR fcc K.
Ah! dieux immortels!
SEXTIÎS.
Oui, je vous aime; souffrez Que je m’explique enfin, et vous me répondrez.
Je vous aime, du jour qui m’a rendu votre hôte, f.ollatin m’amena, ce ne fut pas ma faute.
J’ignorerais encor, sans son fatal orgueil.
Quels bouleversements peut produire un coup d’œil. Votre image me suit ; ma mémoire obstinée Partout m’offre Lucrèce, au travail adonnée :
Absente je vous vois comme je vous vois là :
Je ne vois plus que vous. Au point où me voilà,
A faire effort sur moi mes luttes seraient vaines.
Je n’y puis rien. Vénus a pénétré mes veines.
Pareil au loup blessé par l’épieu du chasseur, J’emporte, en le mordant, un trait mortel au cœur; lit je comprends, au feu dont tout mon sang s’allume, Qu’il faut, ou qu’on l'apaise, ou bien qu’il me consume.
(Lucrèce, qui pendant ee discours a gardé un visage Révéré, (ait un mouvement comme pour parler.)
Patientez encore. Habitués aux cieux,
Un amour souterrain n’attire pas vos yeux ;
Vous marchez au soleil, et votre front sublime Rougirait de la feinte aussi bien que du crime.
Mais voici mon dessein : Rome a besoin de bras;
Un hymen infécond l’appauvrit en soldats;
Votre stérilité se prêtant au divorce.
Tarquin à votre époux le dictera de force,