‹ LudendorffChapitre 19 sur 25 · I. Général F. voft Bfefrihfefclf, La Guerre d'aujourd'hui · texte numérisé non relu

I. Général F. voft Bfefrihfefclf, La Guerre d'aujourd'hui

>^se ilo ohirs blindés (dont ha Allern étaient à peu près dépourvus) et d'U ic lourde

particulièrement nombreuse et bien dressée, si bien dressée, qu'en un seul mois, les Allemands, de leur propre aveu, voyaient sauter sous ses coups i3 pour ioo J leurs canons; la supériorité morale des troupes alliées, notamment après le 1 5 juillet; la supériorité enfin du principe d'action dont le commandant en chef Entente n'est qu'une vivante incarnation. Voilà les cuises véritables de notre immense victoire I

LudendorfT n'a jamais compris, et il ne pouvait pas comprendre, qu'il était à la tôte de gens d'affaires, engagés dans une mauvaise affaire, et qui, pour éviter la banqueroute, préférèrent, le moment venu, solliciter un concordat et faire faillite.

Car Ludendorff, abusé par sa foi, n'est pas psychologue. Pas plus qu'il ne saisit l'âme de son peuple, il ne pénètre celle de ses adversaires? Il prétend que si l'Allemagne a déchaîné le sanglant conflit, c'était pour se prémunir contre une attaque prochaine de voisins envieux. Bernhardi à qui nous avons déjà fait allusion et qui est bien de la même école, a plus de franchisé ou plus de perspicacité. Il dit : « L'Allemagne nourrit, sur un sol qui a l'étendue de la France, une population de 65 millions d'habitants; la France n'en a que /40. La population allemande s'accroît chaque année

252 LUDENDOBFF

de un million environ. Il n'est pas possible que l'agriculture et l'industrie de la mère- patrie puissent à la longue procurer à une masse d'hommes qui croît danu de telles proportions, un travail assez rémunérateur. Nous avons donc besoin d'accroître notre empire colonial. Une telle acquisition ne nous est possible, avec les partages politiques d'aujourd'hui, qu'au détrimeut d'autres Etats ou en nous associant à eux, et ces solutions ne sont praticables que si nous réussissons d'abord à mieux assurer notre puissance dans l'Europe centrale. Maintenant, à chaque démarche de notre politique extérieure, nous sommes placés en face d'une guerre européenne contre des adversaires supérieurs, et le poids de cette situation nous est presque insupportable— Gela comporte les plus grands dangers pour la paix de l'Europe — qui, après tout, peut tenir le second rang dans nos préoccupations vitales

— mais encore pour nous-mêmes Si nous voulons

obtenir pour notre nation la place qui lui revient dans le monde, il faut nous confier à notre glaive, renoncer à toute utopie pacifiste efféminée, regarder avec fermeté les dangers qui nous entourent1. » Et comme si ce n'était pas assez clair, dans un livre plus récent2, il s'exprime avec mépris sur la politique d'équilibre que

Page 1